Après la crise, les économistes français en quête de vérités absolues

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Les économistes sont-ils d'accord entre eux? Au-delà des débats entre écoles, des questions font-elles consensus? Un sondage, dont les résultats sont présentés vendredi 13 novembre, traque les points d'accord dans la profession.

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Les économistes sont-ils d'accord entre eux ? Au-delà des débats acharnés entre écoles de pensée, des questions font-elles consensus ? Y aurait-il de l'indiscutablement vrai en économie ? Une enquête, dont les résultats ont été dévoilés vendredi 13 novembre dans le cadre des Journées de l'économie à Lyon, s'est aventurée sur ce terrain sensible. Elle devrait permettre de savoir, à condition de prendre énormément de précautions, si les 35 heures, la politique de la Banque centrale européenne, ou encore les effets de l'immigration sur les bas salaires, sont des objets de consensus parmi les économistes français.
A l'origine de cette initiative controversée, Etienne Wasmer, prof de microéconomie à Sciences-Po Paris, est parti de l'idée qu'il existe «des banques de données incommensurables, des bibliographies énormes, des travaux académiques de référence» grâce auxquels les économistes ont aujourd'hui les moyens de se prononcer sur une foule de sujets. Il s'est en fait inspiré d'une expérience en cours aux Etats-Unis, pilotée par l'Association américaine d'économie, qui sonde régulièrement ses membres sur un certain nombre de questions politiquement sensibles.
Très simplement, Wasmer, spécialiste de l'économie du travail, s'est emparé du questionnaire américain, l'a traduit en français, avant de l'adapter et l'étoffer, avec l'aide d'un collègue à Science-Po, Thierry Mayer. Les «économistes enseignants, universitaires, chercheurs, économistes d'entreprise» ont été invités par mail à répondre, du 5 au 15 octobre, à 82 questions mises en ligne. Précision qui a son importance, l'opération est financée par le Conseil pour la diffusion de la culture économique (Codice), une structure mise sur pied en 2006 par Bercy, pour, officiellement, réconcilier les Français avec l'économie.