Pour l'Elysée, il n'y a plus d'urgence à mesurer le bonheur

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Où en est la «commission Stiglitz»? Chargé il y a un an de mettre sur pied des indicateurs alternatifs au Produit intérieur brut (PIB), ce collectif de 22 économistes, dont quatre prix Nobel, devait rendre ses travaux à Nicolas Sarkozy à la mi-avril. Il s'agit de trouver des instruments de mesure du bien-être des populations, prenant en compte les inégalités sociales et l'environnement. Mais l'Elysée a changé d'avis et repoussé à septembre toute publication. Dans un entretien exclusif à Mediapart, un membre de la commission, l'économiste français Jean Gadrey (photo), s'inquiète de ces changements de cap. Il refuse tout «alignement du calendrier des travaux scientifiques sur celui de l'Elysée». Et dénonce le fonctionnement de la commission en «société secrète».

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La commission «Stiglitz» va-t-elle rejoindre la liste, déjà longue au bout de deux années de présidence Sarkozy, des formidables coups d'éclat classés sans suite? Après d'incontestables fiascos tels, dans des genres très différents, le rapport sur les Accords de partenariat économique (APE) commandé à Christine Taubira (qui avait fortement embarrassé l'exécutif, au point d'être passé sous silence), ou la commission présidée par Jacques Attali pour «libérer» la croissance (dont très peu de mesures ont pour l'heure été retenues), l'Américain nobélisé Joseph Stiglitz et son équipe sont-ils les prochaines victimes de l'arbitraire présidentiel?