Bata : huit ans après le plan social, que sont-ils devenus?

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Les 366 salariés de l'équipementier New Fabris en liquidation judiciaire (Vienne) menacent de faire sauter leur usine le 31 juillet s'ils n'obtiennent pas 30.000 euros d'indemnités de départ. Nouvel épisode de la guerre des nerfs sociale, ce conflit en rappelle d'autres : Continental, Goodyear ou Michelin. Mais que se passera-t-il après, quand les caméras seront parties? A quoi ressemblent les lendemains d'un plan social? Mediapart est revenu en Moselle. En 2001, l'usine Bata fermait ses portes. Plus de 500 salariés avaient été licenciés. Emplois supprimés à la pelle, région très dépendante de l'usine, des familles entières sur les chaînes : comme à Continental ou chez Fabris, la fermeture de Bata fit craindre le pire pour l'avenir. Huit ans après, ces peurs se sont révélées fondées. Certains s'en sont bien sortis mais d'autres ont sombré en silence. Reportage.

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L'horloge de l'usine indique toujours 13h42. Cinq bâtiments des anciens établissements Bata barrent l'horizon. Des immeubles rouges de cinq étages, construits en 1931. Thomas Bata, le roi tchèque de la chaussure pas chère, avait choisi ce coin isolé de la campagne lorraine pour installer l'usine-modèle de son empire naissant. Pendant soixante-dix ans, Bata fut le fleuron local. Ils furent jusqu'à 3000 à travailler ici. Beaucoup ont vécu tout près de l'usine, à Bataville, cité-jardin idéale où les ouvriers méritants vivaient avec leurs cadres. «Vivre, penser, travailler Bata», tel était le mot d'ordre du patriarche.