Eotopia, pour vivre sans argent

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Ils quittent tout, travail, emploi, vendent leur maison pour fonder une communauté basée sur l'économie du don. Ils viennent du Loir-et-Cher, de la région parisienne, des Hauts-de-France, de Franche-Comté ou d'Auvergne, et même du Mexique, dans les pas de Benjamin Lesage, qui a voyagé cinq ans sans argent et s'efforce de vivre ainsi. Mediapart les a rencontrés et suivis, avant et sur le lieu qui servira à l'établissement de leur communauté.

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« Je ne voulais pas quitter ce monde sans avoir tenté une expérience collective. » Ce samedi 11 juin, la place de la République à Paris est rebaptisée « Vegan place », du nom de ce mouvement qui proscrit toute utilisation de produits animaux. Sourire aux lèvres, l’esprit ailleurs, Roman écoute d’une oreille distraite un militant de la marche pour la fermeture des abattoirs, « des endroits inhumains, symboles du capitalisme et de l’exploitation animale ». L’homme s’époumone pour rien : Roman est déjà convaincu. Il s’apprête même à aller beaucoup plus loin qu’une simple manifestation. À 62 ans, en instance de divorce, Roman est en passe de tout quitter pour partir vivre au sein d’un éco-habitat collectif. Une communauté végane en construction, baptisée Eotopia, basée sur l’économie du don, à l’écart du consumérisme, de l’argent et de l’économie marchande.