Caisses d’épargne: le diagnostic sévère de Sud

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Avec d'autres syndicats, le syndicat Sud est à l'origine des nombreuses procédures judiciaires qui embarrassent la direction des Caisses d'épargne et son nouveau président, François Pérol. Deux de ses responsables dressent un diagnostic sévère. Ils s'indignent aussi de «l'affaire Sémillon»: la banque a perdu plus de 450 millions d'euros en 2006 et 2007, dans un montage financier qui n'a été révélé que récemment.

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Avec d'autres syndicats, dont la CGT, le syndicat Sud est à l'origine des très nombreuses procédures judiciaires qui embarrassent la direction des Caisses d'épargne et particulièrement son nouveau président, François Pérol. Recours contre la fusion Caisses d'épargne-Banques populaires pour défaut d'information ; recours contre François Pérol lui-même pour prise illégale d'intérêt ; recours au sujet de primes d'intéressement qui auraient été sous-estimées : les dossiers sont si nombreux que Mediapart a proposé à deux des responsables du syndicat, Jean-François Largillière, qui est secrétaire général de Sud Caisses d'épargne, et Patrick Saurin, qui est membre de l'exécutif national du syndicat et le représentant des salariés au Conseil d'orientation et de surveillance de la Caisse d'épargne d'Ile-de-France, de donner leur diagnostic de la situation. Comme on le verra dans l'entretien vidéo ci-dessous, il est sévère.

 

Caisses d'épargne: le diagnostic de Sud (1/3) © Mediapart
Dans la première partie de l'entretien, Patrick Saurin explique pourquoi les deux syndicats Sud et CGT, qui sont majoritaires au comité d'entreprise de la Caisse d'épargne d'Ile de France, ont engagé au début de l'été un recours devant le tribunal de grande instance de Paris, estimant que le comité d'entreprise, n'ayant pas été valablement informé, n'était pas en mesure d'émettre un avis sur le projet de fusion Caisses d'épargne-Banques populaires (baptisé “Sequana”). C'est donc ce recours qui a été dans un premier temps rejeté en première instance, mais qui a abouti ensuite. Par un arrêt du 31 juillet, la Cour d'appel de Paris a considéré que le comité d'entreprise n'avait pas effectivement été valablement informé. « Cela bloque le processus de fusion », fait donc valoir Patrick Saurin.

 

Selon le syndicaliste, la procédure va donc devenir particulièrement enchevêtrée. D'abord, la direction a la possibilité d'aller en cassation. Mais elle a dans le même temps assigné sur le fond le comité d'entreprise d'Ile-de-France. Et cette nouvelle procédure doit déboucher sur une première audience mardi 15 septembre.

 

Le syndicat Sud, de son côté, vient d'adresser un courrier à François Pérol, aux présidents des directoires des différentes caisses régionales des Caisses d'épargne et des Banques populaires, ainsi qu'aux secrétaires de tous les comités d'entreprise pour leur demander que la question de la fusion bancaire soit de nouveau inscrite à l'ordre du jour de leurs instances respectives, car il serait tout à fait, «inégal», selon Patrick Saurin, de «donner des informations au comité d'entreprise d'Ile-de-France et pas aux autres».

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