Du gaz lacrymo sur les Florange: «Qu'est-ce que vous voulez que j'aie à foutre de ce que vous me dites ?»

Deux cents salariés d'ArcelorMittal qui voulaient manifester devant le QG du candidat du peuple, ont été reçus par les CRS qui ont vraisemblablement chargé immédiatement. La réaction du président devant quelques journalistes montre un énervement certain.

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Environ 200 métallurgistes de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) se sont heurtés à des forces de l'ordre remontées, ce jeudi vers midi, à proximité du QG de campagne de Nicolas Sarkozy. La gendarmerie mobile les a aspergés de gaz lacrymogène afin de les repousser vers le pont Mirabeau. Nicolas Sarkozy avait quitté son QG vers 11 h 30, non sans avoir souligné devant la presse que les métallos censés arriver quelques minutes plus tard n'étaient pas «représentatifs». Le responsable de la CFDT, Édouard Martin, qui a reçu plusieurs jets de gaz lacrymogène, se trouvait pourtant parmi les 200 salariés.

ArcelorMittal : la colère des métallos devant le QG de Sarkozy © BFMTV

Choqués par les échauffourées, la CFDT et la CGT ont fait savoir en début d'après-midi qu'elles ne se rendraient pas à l'invitation du chef de l'Etat. « On n'a jamais dérapé, on est reçu avec des gaz lacrymogènes. On n'ira pas à l'Élysée lundi », a expliqué à l'AFP Édouard Martin, responsable CFDT, la CGT confirmant de son côté une décision similaire. 

Les salariés se sont par la suite rendus au pied de la tour Eiffel, dont l'acier provient de Moselle. N'ayant pas obtenu l'autorisation de déployer une banderole sur l'édifice, ils l'ont posée à même le sol.

Venue « apporter le soutien du PS » aux salariés d'ArcelorMittal, la députée PS de Moselle Aurélie Filippetti a déclaré à l'AFP que « les heurts de la rue de la Convention étaient des violences inacceptables et scandaleuses ». « On ne peut pas gazer les sidérurgistes le jeudi et les inviter à l'Elysée le lundi suivant », a-t-elle dit, dénonçant « un double langage »

Nicolas Sarkozy était donc dans la Marne pendant ces événements. Interrogé par Laurent Desbonnets, journaliste à LCI chargé de suivre Nicolas Sarkozy pendant la campagne, le chef de l'État a visiblement dérapé. Voici la vidéo, l'échange est repris en texte au dessous.

Le journaliste : Les gaz lacrymogènes, vous vous en seriez bien passé non ? L'image est quand même assez...

Nicolas Sarkozy : Qu'est-ce que vous voulez que j'ai à foutre de ce que vous me dites ?

Le journaliste : J'en sais rien.

Nicolas Sarkozy : Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Et vous, vous vous seriez pas bien passé, au lieu d'être sur le câble, sur le numérique ? Hé couillon va. Pardon... non parce qu'il est sympa, il est jeune.

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