Dossier: Airbus aux prises avec la corruption Enquête

Derrière le remaniement, Airbus s’enfonce dans la crise

Sous la pression des affaires de corruption, le conseil d’administration du groupe aéronautique a engagé un grand renouvellement de l’équipe dirigeante. Cet arbitrage, pris sous l’œil vigilant de Paris et Berlin, est censé mettre un terme à la guerre des chefs. Il risque au contraire d’aggraver les incertitudes au moment où Airbus est plus déstabilisé que jamais.

La lecture des articles est réservée aux abonné·e·s. Se connecter

Ils avaient beau être avertis depuis plusieurs semaines, les salariés d’Airbus ne voulaient pas y croire. Jamais leurs dirigeants n’allaient oser poursuivre leurs règlements de compte, au moment où leur groupe est déstabilisé ; jamais le conseil n’allait permettre qu’Airbus s’enfonce dans une spirale mortifère. Vendredi 15 décembre, il leur a fallu pourtant se rendre à l’évidence : la folle auto-destruction d’Airbus s’accélère. Au petit matin, le groupe a confirmé les décisions adoptées au conseil d’administration de la veille. Tom Enders ne briguera pas un troisième mandat de président en 2019. Fabrice Brégier, directeur exécutif d’Airbus civil (aviation civile), va quitter ses fonctions en février 2018. C’est Guillaume Faury, patron de la division Airbus Helicopters (ex-Eurocopter) qui lui succédera comme numéro deux du groupe. « En résumé, celui qui fait le boulot, qui sort les avions tous les jours, est viré ; et celui qui est responsable de tout le merdier dans lequel se trouve Airbus, qui est même directement impliqué dans l’affaire Eurofighter en Autriche, reste », grince un ancien salarié toulousain toujours en contact étroit avec ses anciens collègues.

Abonnement mediapart

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

Éducation — Enquête
Suicide de Dinah, 14 ans : « On veut comprendre pourquoi le collège n’a rien fait »
Près d’un mois après le suicide de Dinah, 14 ans, ses parents ont déposé plainte pour « harcèlement » et accusent le collège de non-assistance à personne en danger. Plusieurs témoins dénoncent la passivité de l’établissement. La direction dément tout dysfonctionnement.
par David Perrotin
Santé — Enquête
Didier Raoult sanctionné par la chambre disciplinaire du conseil de l’ordre
La chambre disciplinaire de l’ordre des médecins a sanctionné, le 3 décembre, d’un blâme le professeur Didier Raoult. Lors de son audition devant ses pairs, il lui a été reproché d’avoir fait la promotion de l’hydroxychloroquine sans preuve de son efficacité.
par Pascale Pascariello
Violences sexuelles — Enquête
Violences sexuelles : l’ancien ministre Jean-Vincent Placé visé par une plainte
Selon les informations de Mediapart et de l’AFP, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après la plainte pour harcèlement sexuel d’une ancienne collaboratrice. D’après notre enquête, plusieurs femmes ont souffert du comportement de l’ancien sénateur écolo, devenu secrétaire d’État sous François Hollande.
par Lénaïg Bredoux
Migrations — Reportage
En Pologne, les migrants toujours en quête de protection
Plusieurs centaines de migrants ont tenté d’entrer en Pologne la semaine dernière. Dans la forêt située côté polonais, activistes et médecins bénévoles croisent toujours des familles ou hommes seuls, traumatisés et transis de froid, qu’ils aident du mieux qu’ils peuvent. Des avocats se mobilisent pour faire respecter le droit d’asile.
par Nejma Brahim