Banques: l'argent de l'Etat servira-t-il les actionnaires?

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Le président de la République a demandé jeudi aux banques de «prendre des engagements sur les dividendes à verser et sur les rémunérations des dirigeants». En réponse, le secteur bancaire rappelle le droit des sociétés: la politique des dividendes et des rémunérations est du ressort du conseil et des actionnaires. En langage décodé, cela ressemble à une fin de non-recevoir. A l'inverse de tous les autres gouvernements, l'Etat français a renoncé à demander la moindre contrepartie dans son plan de sauvetage bancaire. Il touche aujourd'hui les dividendes de ce choix politique.

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La polémique ne pouvait qu'advenir. De plus en plus de voix à gauche mais aussi dans la majorité s'étonnent de l'étrange mansuétude dont fait preuve l'Etat à l'égard des banques qu'il secourt. Les conditions devraient être un peu durcies dans le deuxième volet du plan de sauvetage bancaire, en cours de discussion. Mais pour beaucoup, les contreparties demandées par l'Etat sont encore très loin de ce qu'il serait en droit d'exiger contre 21 milliards d'euros d'aides.