L'affaire Bernard Tapie: un triple scandale d'Etat

A l'issue de la procédure arbitrale, qui est survenue la semaine passée, Bernard Tapie devrait récupérer près de 100 millions d'euros sur les 395 millions que l'Etat devra débourser. Cette décision est triplement choquante. Sur le plan du droit, parce que l'Etat a eu recours à une procédure hors norme. Sur le plan financier, parce que les contribuables vont financer ce cadeau injustifié. Sur le plan politique, parce que Nicolas Sarkozy cherche à remettre en selle, à son profit, l'ancien ministre de François Mitterrand, sans doute dans la perspective de l'élection européenne.

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C'est un scandale d'Etat ! Par quelque versant que l'on prenne le dénouement de « l'affaire Tapie » - judiciaire, financier ou politique -, il n'y a pas d'autres constats qui viennent à l'esprit pour le qualifier. Un triple scandale d'Etat, en vérité : d'abord parce que l'Etat a choisi une procédure absolument hors norme, celle du tribunal arbitral, contraire à toutes les règles républicaines pour clore ce dossier ; parce que du même coup, il va puiser dans les deniers publics pour offrir un cadeau beaucoup plus important qu'on ne le croit, sans doute de plus de 100 millions d'euros à Bernard Tapie, qui avait connu, de son propre fait, la faillite retentissante que l'on sait en 1994, et faire de lui l'un des Français parmi les plus riches ; parce que, enfin, Nicolas Sarkozy a sans doute trouvé là le moyen de monter un traquenard politique, avec en perspective une possible candidature du même Bernard Tapie, remis de la sorte en selle, sous des couleurs radicales encore imprécises aux élections européennes.

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