La grosse pantoufle de Claude Evin

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Ancien ministre, Claude Evin vient de quitter la direction générale de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France pour rejoindre un grand cabinet d’avocats d’affaires. Ses futurs clients : des laboratoires, des complémentaires et des établissements de santé. Un joli pantouflage pour un homme dont la carrière est marquée par des allers et retours entre public et privé.

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Si l’ancien ministre Claude Evin a l’allure un peu courbée, l’air presque modeste, c’est peut-être parce qu’il ploie sous les flatteries. Un parcours « exceptionnel », « une figure majeure de la santé et de la protection sociale durant ces 30 dernières années », a loué son successeur à la tête de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, Christophe Devys, lors de son pot de départ mardi 8 septembre. Un « grand sachem de la santé », à la « compétence indéniable », à « l’autorité naturelle », qui « a toujours œuvré dans le sens de l’intérêt public », disent de lui ceux qui l’ont côtoyé à un moment ou un autre de son remarquable parcours. Fils de cheminot, séminariste avant de bifurquer dans la protection de l’enfance comme éducateur spécialisé, militant socialiste, député à 27 ans et pendant trente ans, ministre de la santé (1988-1991), et encore tout récemment directeur général de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France.