Un gouvernement bien compréhensif pour les banques

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Le déficit budgétaire devient abyssal, les bénéfices des banques, eux, explosent. Pourtant, le gouvernement exclut par avance une surtaxe sur ces profits, ne serait-ce qu'en contrepartie de la garantie illimitée offerte aux banques par l'Etat.

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S'il y a des déçus du gouvernement, les banquiers n'en font sans doute pas partie. Depuis le début de la crise financière, leurs demandes sont suivies au millimètre près par les ministères. Après avoir renoncé à entrer directement au capital des banques, à avoir une représentation au conseil d'administration des banques aidées, après avoir repoussé toute législation sur les rémunérations, le gouvernement refuse maintenant d'envisager une taxe supplémentaire sur les bénéfices des banques, comme le proposent des députés.
Mercredi 14 octobre, un amendement préconisant une taxe supplémentaire de 10% sur les bénéfices des banques au titre du budget 2010 a été adopté par la commission des finances. Le texte, présenté par Didier Migaud, président de la Commission des finances, a reçu le soutien d'un certain nombre de députés de la majorité, sensibles à la fois à l'effort demandé aux finances publiques ces derniers mois pour sauver les banques, comme au poids du déficit budgétaire.
«Tout projet d'alourdissement de la fiscalité pénaliserait le secteur financier, clé du financement de l'économie et l'un des rares secteurs qui continue à recruter», s'était indignée la fédération bancaire française dans un communiqué publié dès vendredi 16 octobre. «Il n'est pas question de prendre une mesure à caractère national qui plomberait le système bancaire français, qui s'est bien comporté pendant la crise», a repris la ministre des finances, Christine Lagarde, dans un entretien aux Echos, lundi 19 octobre.