Régulation financière: le contresens d'Obama

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Le plan Obama de réforme de la régulation financière aux Etats-Unis, que les lobbys s'apprêtent déjà à dépecer au Congrès, souffre d'un défaut majeur: il ne s'attaque pas sérieusement au problème du «too big to fail» de ces institutions financières géantes, dont les dirigeants se croient tout permis dans la conviction que le contribuable sera toujours présent pour éponger les pertes. Le projet européen endossé au sommet de Bruxelles n'est pas meilleur. Analyse d'un manque regrettable d'audace. (Illustration: Tim Geithner et Barack Obama.)

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Le plan de réforme de la régulation financière aux Etats-Unis présenté par Barack Obama ne répond pas de manière satisfaisante à la question qui prime toutes les autres: comment purger le système financier du syndrome «too big to fail» qui conduit les responsables des grands établissements financiers à prendre des risques inconsidérés dans la conviction que l'Etat, c'est-à-dire le contribuable, sera toujours présent pour éponger les pertes? La crise financière mondiale, avec son cortège de renflouements bancaires mobilisant des centaines de milliards d'euros ou de dollars, a considérablement aggravé «l'aléa de moralité», qui résulte de l'exonération des responsabilités des principaux responsables du désastre. Au regard de cette faille majeure, l'architecture du plan Obama ne passe pas le «test de tension», quelque puisse être l'intérêt de certaines dispositions.