Le «consensus de Washington» a bien fonctionné... pour Washington et Wall Street

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La mondialisation financière a profité, jusqu'à la crise financière mondiale, avant tout aux Etats-Unis et beaucoup moins aux pays émergents ou en développement que le «consensus de Washington» devait aider. Un nouveau modèle d'analyse économique montre que les Etats-Unis portent une responsabilité majeure dans la formation des déséquilibres globaux. Et derrière ces équations mathématiques, il y a des conclusions politiques importantes à tirer.

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Comment un pays lourdement endetté peut-il se permettre de faire tourner à plein régime la planche à billets sans provoquer une chute de sa monnaie, une fuite panique des capitaux et l'effondrement de son économie ? C'est possible (jusqu'à présent) si ce pays s'appelle les Etats-Unis. Mais pas l'Islande ou le Zimbabwe. Au cours des trois décennies qui ont conduit à la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression, l'Amérique a utilisé deux leviers principaux pour défier les lois de l'équilibre: le privilège impérial lié au statut du dollar lui permettant de s'endetter dans sa propre monnaie; l'écart entre la sophistication de ses marchés de capitaux d'un part, le retard des autres pays avancés et le sous-développement financier des pays émergents d'autre part.