Les dockers ont perdu le goût de la révolte

Par

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Non, les dockers ne sont pas en grève. Ou si peu, que cela est anecdotique. Ce ne sont en effet pas eux qui portent la contestation contre le projet gouvernemental de réforme des ports autonomes, qui sera présenté ce mercredi 23 avril en conseil des ministres par le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau. Depuis un mois, pourtant, il n’est pas rare qu’on voie du «docker» dans les titres des articles de presse (ici, ou encore par là). Quinze ans après leur révolte de 1992 (voir sous l'onglet Prolonger), les dockers hantent toujours la mémoire collective et semblent toujours prêts à rugir sans crier gare et à bloquer, d'un coup d'un seul, les plus grands ports du pays. Mais en réalité, les dockers d’aujourd’hui ont changé. Depuis quinze ans, ils sont devenus des salariés comme les autres. Et ne s’en portent pas si mal.
Depuis la fin du mois de mars, ceux qui font grève, ceux qui bloquent les ports sont leurs cousins : les grutiers, comme on les appelle dans les ports. Les grutiers manient les immenses portiques qui servent à charger et décharger les conteneurs, des grandes arches métalliques qui, pour l'instant, appartiennent encore aux ports. Les dockers, eux, font le reste des activités de manutention, de chargement et de déchargement (plus de détails par ici). Du reste, cela fait longtemps qu'ils ne portent plus les cargaisons sur leur épaule, le clope au bec, comme dans les films en noir et blanc.