La vie parisienne des affaires convoquée au tribunal

C'est un procès inhabituel qui s'est déroulé, jeudi 22 mai, devant la cinquième chambre du tribunal correctionnel de Paris, au cours duquel les avocats des différentes parties se sont jeté à la figure quelques grands noms de la vie parisienne des affaires: Alain Minc, Pierre Bergé, Carlo de Bendetti. Mediapart, qui avait consacré en janvier une enquête à cette affaire financière, qui tourne autour d'une société dénommée Hoyez, a suivi l'audience.

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L'industriel italien Carlo de Benedetti ; le fondateur de la société Yves Saint Laurent et candidat (recalé!) à l'Académie française, Pierre Bergé ; le conseiller de Nicolas Sarkozy, de quelques grands patrons français et ex-président du conseil de surveillance du Monde, Alain Minc : c'est un procès au civil assez inhabituel qui s'est déroulé, jeudi 22 mai, devant la cinquième chambre du tribunal correctionnel de Paris, au cours duquel les avocats des différentes parties se sont jeté à la figure quelques grands noms de la vie parisienne des affaires.
Dans un article mis en ligne le 15 janvier dernier, Mediapart a consacré, sur son pré-site, un long article à l'affaire qui était au cœur de cette audience. Elle remonte à mars 1992. A l'époque, la banque Duménil Leblé, qui fait partie de Cerus (la holding française de l'industriel italien Carlo de Benedetti, qu'Alain Minc a longtemps dirigée), accorde un prêt bancaire de 125 millions de francs à une société dénommée Final, qui est présidée par un homme d'affaires peu connu, Patrick Gentil, qui présente la singularité d'être un ami... du même Alain Minc. Le prêt a pour objectif de permettre à Final, avec l'appui d'une autre banque, de faire un « LBO » (reprise d'une entreprise par ses cadres dirigeants) sur une autre société, dénommée Sofarpi, qui contrôle à 100% un seul actif vraiment intéressant, une société dénommée Hoyez.
En clair, comme nous l'expliquions dans notre précédent article, c'est Hoyez la véritable cible du « LBO ». Et c'est de sa rentabilité que va dépendre la capacité de sa maison mère, Final-Sofarpi, à rembourser les emprunts contractés, notamment auprès de la banque Duménil Leblé. Or, les dirigeants de Final-Sofarpi décident de vendre Hoyez, le seul actif significatif sur lequel ils peuvent compter pour honorer leur dette à l'égard de Carlo de Benedetti. Et à qui la société Hoyez, au cœur de la dispute, est-elle vendue ? La structure qui en fait l'acquisition en 1996 est une toute nouvelle société qui vient de se créer et qui a pour nom Oléron Participations, une société dont les principaux actionnaires sont... Alain Minc et son ami Pierre Bergé !

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