Fiscalité : « A trop parler du Luxembourg, on risque de rater l’ensemble »

Par et

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Au moment où le projet européen prend l’eau de tous côtés, de l’euro à l’espace Schengen, il est un dossier où la Commission européenne se montre davantage à l’offensive, en tout cas sur le papier : la lutte contre l’optimisation fiscale des multinationales. La Danoise Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence, veut faire passer à la caisse ces géants mondiaux réputés « intaxables » qui, d’Apple à Amazon, profitent de la désunion entre les États membres, pour payer moins d’impôts.

Pour ne prendre qu’un exemple, Google a déboursé à peine 27,7 millions d’euros d’impôts en 2013 en Irlande, siège de ses activités en Europe, sur un bénéfice total de 189 millions d’euros (et un chiffre d’affaires, colossal, de 17 milliards d’euros). Le moteur de recherche n’a versé que 7,7 millions d’euros, la même année, au budget français.

Margrethe Vestager, qui a inspiré le personnage principal de la série Borgen, a lancé l'an dernier une multitude d’enquêtes pour en finir avec ces techniques d’évitement de l’impôt, bien connues des spécialistes. Mais après les effets d’annonce tonitruants des débuts, dans le sillage des révélations du “Lux Leaks”, les résultats se font attendre. Celle qui fut, de 2011 à 2014, la numéro deux du gouvernement danois, dont le parti est rattaché au groupe des libéraux (centre droit) au Parlement européen, se défend dans un entretien à Mediapart. « Cela a pris plus de temps que ce que j’avais imaginé », reconnaît-elle.