Les médecins du travail sont désemparés face au stress croissant des salariés

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Tous les commentaires

Très bon article, très intéressant ! Cela dit, pour ne pas être trop pessimiste, rappelons qu'une partie de la profession s'organise et met en place des stratégies de résistance à la main mise des cabinets privés sur les problèmes de santé -notamment psychique-. Ils publient (Dorothé Ramaut, Salengro entre autres.., ils commencent à produire leurs propre indicateurs de malaise au travail (enquête Sumer), ils s'organisent en assocation ANMTEPH, SMT etc.), et surtout ils conservent encore aujourd'hui le pouvoir de placer des salariés en inaptitude et de les éloigner ainsi d'un poste de travail dangereux pour leur santé. Coma mais pas décès de la profession.
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  • 27/06/2008 18:59
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Quelques "bien pensant" on dit "que les 35 heures sont une catastrophe économique , que les français devraient arrêter la récréation" . Qu'ils aillent le dire au familles des suicidés de Renault, Peugeot , Areva, Barclays, HSBC, BNP Paribas, Société générale, France Telecom et bien d'autres encore (hélas).
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  • 27/06/2008 18:59
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Et qui en dit long sur la dictature que le "business" exerce sur toute la société et tous les champs du savoir. Capitalisme is eating itself. Nous sommes dans le trou noir de l'argent.
Merci de mettre le doigt là où ça fait mal. En France, les maladies professionnelles ne sont pas traitées, ou alors uniquement sous l'angle de la baisse potentielle de productivité qui en découlerait si elle atteignent un certain niveau critique.
C'est tout le thème de l'émancipation par le travail qui est à revoir. En voilà un beau sujet de rupture pour la gauche contre les élucubrations d'une droite qui a cherché à ériger le travail en valeur en plaidant pour toujours plus d'heures de travail sans aucune considération pour les conditions offertes à l'employé.
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  • 27/06/2008 23:07
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Excellent article que je relirai et creuserai à tête reposée la semaine prochaine car il constitue une véritable mine de recherche pour une prise en compte politique sérieuse du problème du dit "stress au travail". Concernant la moyenne d'âge des médecins du travail dignes de ce nom, pas de panique : il y a de la relève. Il y a de la relève aussi parmi les jeunes juristes qui ont compris qu'il y a là un enjeu essentiel pour notre société. Et enfin, il y a de la relève parmi les jeunes journalistes. Mais il est clair qu'il faut les soutenir et leur donner une audience. Il faut aussi savoir que les médecins du travail - d'Arcelor-Mittal par exemple - sont aussi des êtres humains qui doivent parfois aller élaborer auprès des psychanalystes le savoir-faire qui leur permettra de poursuivre leur mission humaine, sachant qu'ils sont, eux aussi, des salariés de l'entreprise - ils souffrent parfois de "burn-out", d'autant plus qu'il arrive que des ouvriers meurent, non pas de suicide, mais d'accidents que je qualifierai de "bizarres" parce que je ne sais pas où les classifier - et cela affecte les médecins du travail et les compagnons ouvriers de ceux qui sont morts : oui, il y a des accidents du travail qui sont des suicides déguisés car ils constituent une prise de risque certaine.
Souffrance au travail. Voilà un thème qui non seulement me passionne depuis longtemps, mais aussi par lequel, je me sens (d'ailleurs probablement comme beaucoup d'entre nous) personnellement très concernée... Au point qu'ayant encore 9 bonnes années de cotisations avant d'espérer une retraite à taux plein, et sans aucun projet devant moi , je viens de décider de quitter mon poste dans une entreprise en plein plan social: pur instinct de SURVIE. Je vous rassure, je vais mieux depuis que la décision a été prise. Je me permets donc (et je m'en excuse) de répéter en partie des questions que j'avais déjà posées lors d'un commentaire après un texte de M. Triomphe, mais qui (et je le regrette) n'ont jamais obtenu de réponse. Il faudrait vraiment savoir ET FAIRE SAVOIR ce que peuvent faire VRAIMENT les médecins du travail dans les entreprises, de quels outils ou de quelles marges de manoeuvre ils disposent, quel est le suivi des signalements qu'ils peuvent faire dans l'entreprise, et comment on pourrait imaginer leur donner une plus grande indépendance vis-à-vis de l'employeur. S'ILS NE SONT QUE DES ALIBIS, il convient de le faire savoir haut et clair aussi. Mais ne peut-on pas imaginer l'instauration de médecins du travail TOTALEMENT indépendant des employeurs, et surtout pas payés par eux, ayant un statut un peu comme des inspecteurs du travail mais spécialisés santé, harcèlement, souffrance physique comme psychique, bref médecine du travail mais pour-du-vrai. Autre piste, dont j'avais un jour discuté avec un médecin-contrôle de la sécurité sociale très "ouverte" à ces problèmes (et après un arrêt de travail de 2x10jours pour dépression liée à "mon ambiance de travail"): faire en sorte que les salariés en arrêt "dépression" ou autres pathologies directement liées à une souffrance au travail, soient NON PLUS contrôlés par le centre de Sécu dont ils relèvent en regard de leur adresse personnelle mais par celui correspondant au siège social de l'entreprise. Cela permettrait de mieux repérer les entreprises qui "FABRIQUENT" de la souffrance... voire de leur signaler qu'il y a vraiment un problème dans leur boîte et qu'ils doivent vraiment IMPéRATIVEMENT y remédier. Et pourquoi pas, à terme , les pénaliser financièrement sur le coût des indemnités journalières que la collectivité est obligée de payer à cause de leur déshumanité, leur désinvolture ou leurs manquements ? Je pense sincèrement qu'il faut cesser de se voiler la face. Le problème devient récurrent et chaque jour plus urgent. Comment peut-on agir, se mobiliser ? Essayons de faire une boîte à idées. Quant à Mathieu Magnaudeix, je tiens (une fois encore) à le remercier de son excellent papier si bien documenté !
C'est du concret ; et il y a des propositions qui méritent d'être étudiées avec le plus grand sérieux.
vous écrivez " ...l'instauration de médecins du travail TOTALEMENT indépendant des employeurs, et surtout pas payés par eux, ayant un statut un peu comme des inspecteurs du travail ..." Les médecins du travail sont totalement indépendants ! Ils bénéficient non seulement d'un statut juridique très protecteurs mais de surcroit personne, je dis bien personne pas même un expert médecin ou autre, ne peut s'immiscer dans leur pratique médicale. Parallèlement, les médecins du travail sont des salariés et à ce titre, sur le plan administratif et comme tout salarié (secteur privé) ou tout agent (secteur public) ils sont soumis à une "hierarchie" à l'identique de celle à laquelle sont "soumis", des cadres dirigeants, càd qu'en rélaité ils ont une grande autonomie même sur le plan administratif. L'independance totale serait-elle qu'ils exercent en libéral ? Peut-on dire, que les médecins libéraux sont si indépendants que ça ... de la CNAM ?
Je l'ignorais, Theodule, merci de me l'apprendre. J'étais persuadée que leur rémunération leur était versée par l'entreprise ou le groupe d'entreprises pour lesquelles ils officient et que cela occasionnait une sorte de conflit d'intérêts. Alors s'ils sont "indépendants" de l'employeur, comme vous me l'apprenez, je m'interroge sur le fait que la plupart n'aillent généralement pas plus loin qu'un simple "signalement" à l'employeur lorsqu'ils détectent un "nid" de souffrance dans un service ou un autre. Signaler, c'est bien, mais il faut aussi recommander, accompagner, suggérer, participer, parfois même dénoncer... et quoiqu'il en soit toujours assurer un suivi !
mission des médecins du trvail et autres informations à ce sujet : http://www.atousante.com/
Au risque de paraître pessimiste je pense qu'actuellement la principale régulation est individuelle et que votre réflexe a été le bon. Pour vos propositions c'est le niveau européen qui doit être saisi et s'en saisir dans le cadre d'un projet de traité social. Il s'agit donc d'une lutte politique, rien, sauf exception locale , ne pouvant être attendu des dirigeants d'entreprises dans la cadre du tout concurrence et du tout marchandisation actuel. Comme ancien syndicaliste, DRH et salarié senior, mon conseil aux salariés est simple : protégez-vous et ne vous laissez pas entraîner par un système complètement dérégulé et saisissez toutes les aides de proximité quand elles existent.
C'est l'inverse qui se passe car c'est l'Europe (et avant le BIT) qui a poussé la "France" à se bouger : l'2Accord Interprofessionnel sur le Stress signé par l'ensemble des partenaires sociaux français en juillet 2008 (on voit la réussite !) est un quasi copier/coller de l'accord européen.

Dommage j'arrive un peu tard pour la discussion mais à cette époque, en 2008, j'étais en plein dans la tourmente pour avoir attiré l’attention de l’opinion publique et les salariés, en tant que DS et infirmière, sur la croissance exponentielle des troubles psychiques liés au travail. Pourtant, ce qui était une réalité systémique scientifiquement démontrée continuait d’être ignoré, et au contraire des employeurs ont mis de plus en plus de pressions sur ces salariés (infirmière  et médecins compris)  pour avoir dénoncé ces conditions de travail. Je connais un médecin (pourtant de la médecine du travail autonome et donc pas sous l’autorité de l’entreprise qui a reçu des menaces par sa propre hiérarchie ou des inspecteurs du travail qui hésite à pointer le nez dans l’entreprise par ce que le directeur a le bras long !!! ex ESSEC condamnée pour harcèlement moral

Les médecins du travail doivent apprendre à travailler en équipe, à être des managers (oui des managers) de la santé au travail faisant appel à des infirmiers, psychologues, ergonomes, toxicologues, ingénieurs des CRAM, etc...Aujour'hui une grande majorité de médecins du travail des services interentreprises n'imaginent même pas travailler, au sein du service interentreprises, avec des infirmiers ! En milieu hospitalier les médecins n'ont pas cette difficulté en médecine du travail si ! Priorité à la prévention, mutualisation des moyens humains et matériels , regroupement de services interentreprises (plus de 300 services interentreprises), certification et non plus simplement agrément des services interentreprises, harmonisation des pratiques ce qui éviterait que chaque médecin "invente" à son tour l'eau tiède (!) exemples: nombre de services interentreprises ont initié des actions à propos des poussières de bois mais chacun dans son coin ! Voilà quelques pistes d'amélioration
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  • 28/06/2008 10:27
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Le stress au travail, les pressions, les échéances à tenir (On disait "faire charrette" donc ce n'est pas d'aujourd'hui), les cadences "infernales", la compétition en entreprise, tout cela a toujours existé, et donc ce n'est pas nouveau. Les suicides en et hors entreprise ont aussi toujours existé, et certainement avec les mêmes taux que ceux constatés actuellement. Ce qui est nouveau c'est une sorte de mesure du "risque zéro" recherché pour ce qui était considéré comme naturel, admis et non mesuré. Ce qui est nouveau aussi, c'est le monde de l'entreprise qui est beaucoup plus exigeant et moins tolérant, non seulement au niveau de la hiérarchie, mais aussi au niveau des "collègues", ceux ci on les oublie mais ce sont les plus terribles.. Par exemple pour un salarié, quelque soit son poste, qui dans le temps décrochait pour des raisons perso ou professionnel, existait toujours un poste, "un placard" dans lequel, protégé, il pouvait se réfugier. Dans notre monde actuel, le "placard", doré ou pas, n'existe plus car et la hiérarchie, et les collègues qui eux sont "normaux" ne supportent plus ce genre de passe droit. Dans le monde actuel de l'entreprise, ce qui était toléré avant (une sorte de laxisme, absentéisme anormal, etc ..) n'est plus admis et est sanctionné. Bref les entreprises sont devenues Darwiniennes. Seuls les salariés, quand même la grande majorité, qui surnagent s'en sortent, les autres, une petite minorité, coulent alors qu'avant on les parquait à part. Ce sont ces derniers que la médecine du travail voit le plus souvent.
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  • 28/06/2008 12:35
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J'ai un peu de mal à comprendre pourquoi la France tarde à intégrer dans sa législation du travail une étape importante déjà franchie depuis le 8 octobre 2004 au niveau européen. Un accord cadre a en effet été signé par les partenaires sociaux, après neuf mois de négociation. L’union des Confédérations de l’industrie et des Employeurs d’Europe (UNICE), le Centre Européen des Entreprises à participation publique et des entreprises d’intérêts économique générale (CEEP) , l’Union européenne de l’artisanat et des PME (UEAPME) , du côté patronal , la Confédération Européenne des Syndicats de salariés (CES) et le Comité de Liaison Eurocadres/CEC (Confédération Européenne des Cadres) , du côté salarial, se sont engagés volontairement à lutter contre le stress au travail, qui touche près de 30% des Européens. Etablissant de façon officielle un lien entre le stress et travail, l’accord ne définit pas le stress mais le décrit comme résultant du fait que « les individus se sentent inaptes à combler un écart avec les exigences ou les attentes les concernant. » Précisant « qu’il ne s’agit pas d’une maladie » et que « toute manifestation de stress au travail ne doit pas être considéré comme stress lié au travail », l’accord nomme pour la première fois les facteurs pouvant générer une situation de stress au travail. En tête se trouvent l’organisation et les processus de travail , « aménagement du temps de travail, degré d’autonomie, adéquation du travail aux capacités des travailleurs, charge de travail , etc. ». Les conditions de l’environnement de travail sont également pointées du doigt, « exposition à un comportement abusif, au bruit, à la chaleur, à des substances dangereuses », mais aussi la communication, « l’incertitude quant à ce qui est attendu au travail, perspectives d’emploi, changement à venir etc. », et même des facteurs dits »subjectifs », « pressions émotionnelles et sociales, impression de ne pouvoir faire face à la situation, perception d’un manque de soutien, etc. ». L’accord cite également quelques indicateurs du stress « non exhaustifs » devant alerter représentants des salariés et employeurs, comme « un niveau élevé d’absentéisme ou de rotation du personnel, des conflits personnels ou des plaintes fréquentes de la part des travailleurs ». Mais l’avancée majeure de l’accord est la qualification du stress comme risque , entrant donc dans le champ de responsabilité de l’employeur qui a « l’obligation légale de protéger la sécurité et la santé des travailleurs. » Ceci représente une avancée sociale considérable puisque les employeurs ne peuvent plus se satisfaire de formation sur « comment gérer son stress », au cours desquelles seul l’état du salarié est étudié, et à qui on propose des recettes sans jamais chercher à savoir d’où vient la cause. Les employeurs comme les représentants des salariés doivent chercher ces causes afin de réduire et éliminer ce stress. Enfin qualifié le stress de risque professionnel c’est pointé la nécessité d’une action collective en plus d’une action individuelle. C’est donc une avancée à la fois pour la protection de l’environnement et la sécurité dans le travail mais aussi une avancée pour le dialogue social auquel ils sont intimement liés.
Finalement, 80 % (environ) des salariés n'ont pas souhaité transformer leur RTT en monnaie sonnante et trébuchante (86 % chez les cadres ?), car ils ne veulent pas renoncer à ce temps consacré à leur vie personnelle. . Il ne veulent plus "perdre leur vie à la gagner".
La Santé au travail et les relations entre production et Santé (pollution, dangerosité,..) sont revenus au premier plan des préoccupations des politiques. Il existe des indicateurs indirects d’une forte relation entre travail et Santé sans que la nature directe et unique de cette relation soit toujours démontrée. Des années 70 aux années 90, si l’espérance de vie a augmenté de la même façon pour l’ensemble de la population, la différence d’espérance de vie de 10 ans entre les métiers les plus et les moins pénibles s’est maintenue. Et malgré le progrès social qu'elle représente, l’application des 35 heures a eu des effets variables suivant les situations, vécue comme des temps libres supplémentaires ou comme source de stress en raison d’une augmentation de la flexibilité et des rythmes de travail.
Bonjour, J'ignore si cela a été dit ou étudié, mais on peut supposer que dans le chiffre du chômage, on peut y intégrer un certain nombre de personnes ne voulant ou ne pouvant retourner travailler à cause du stress. Perte de l'estime de soi, crainte si ce n'est blocage de retourner à l'échec. A cela s'additionne le regard de l'entourage et la nécessité de faire semblant, de ne pouvoir exprimer cette peur.
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  • 29/06/2008 21:50
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Il faut sortir de la situation dans laquelle les médecins sont payés par l'entreprise et dépendent de la direction; il faut créer une association qui percevrait les cotisations des entreprises et que leur nomination soit le fait de l'inspection du travail (en accord avec les syndicats) ou toute autre formule qui conforte leur indépendance.Pour s'y opposer les entreprises devraient donner un avis motivé qui serait jugé par les prud'hommes (par exemple) et pour les entreprises qui ont un un comité ad'hoc que celui ci donne également son avis
Quand le boulot n'est vraiment plus supportable, je reste persuadée que le salarié doit se démener d'abord lui-même pour ne pas aggraver son état de santé : produire des écrits s'il n'y a pas de solution immédiate car les paroles s'envolent : ce peut être la stratégie ci-après (qui fut la mienne il y a peu) : 1. envoyer un mail ou déposer un courrier en main propre pour expliquer son malaise à ses supérieurs et essayer d'avoir un entretien, une indication, ou une action pour que ça aille mieux... 2. consulter son médecin référent (médecin traitant) : parler à un tiers fait du bien, il est bon d'avoir son opinion sur le malaise et peut-être obtenir un léger calmant pour dormir la nuit, il va falloir trouver des forces face à une tension qui peut s'amplifier. 2. demander un premier entretien avec le médecin du travail (il se peut que le médecin référent oriente justement vers le médecin du travail, quand ils ne se passent pas un petit coup de fil !) : ce deuxième avis médical est toujours bon à prendre et peut servir pour la suite. 3. éventuellement alerter le Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail s'il en existe un dans l'Entreprise : en principe, le Médecin du Travail fait partie des membres de ce CHSCT... Mais en général, on n'a pas trop envie de rameuter tous les élus pour son cas personnel ! Se confier à un représentant du personnel peut faire du bien quand même. S'entourer de témoins discrets. Que ça se sache plus ou moins qu'on est en train de se bouger, les victimes toutes seules dans leur coin sont des proies d'office ! 4. suite à un deuxième rendez-vous avec le médecin du travail si rien ne bouge, en avertir par écrit sa hiérarchie et proposer des solutions au malaise. 5. en dernier ressort, bien avant l'accident ou le suicide, s'arrêter au moins 3 semaines par avis de son médecin traitant : il faut manquer pour que les chefs se rendent compte du boulot qu'on abat : au final, les péripéties en amont obligent, en principe, l'employeur à prendre une décision pour aménager le poste de travail, procurer une aide ou changer la hiérarchie. Mais beaucoup de salariés croient que l'employeur a droit de vie ou de mort sur eux. Or, nul n'a de pistolet sur la tempe ! Et on trouve des aides précieuses sur sa route ! Ensuite, des solutions de survie existent : c'est parfois faire tout autre chose et sans forcément se retrouver sans un !
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  • 03/07/2008 01:07
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a défaut d'aimer son travail pourquoi ne pas trouver un autre exutoire comme le sport?
A l'attention de Théodule : bien souvent, la "totale indépendance du médecin du travail" est théorique. Un exemple réel : un médecin du travail diagnostique du stress répété chez des employés d'une même boite. Il en fait part au directeur du personnel de la boite. Ce dernier ne veut rien savoir et souhaite que le médecin du travail ne prête plus l'oreille aux plaintes des employés. Le médecin du travail s'obstine. Résultat : Le directeur de la boîte est allé jusqu'à se faire élire dans le conseil d'administration du service interentreprises qui emploie le médecin du travail. Vous comprenez pourquoi ? Tout simplement pour faire pression sur le médecin du travail. Et les exemples de pression sur le médecin du travail font légion. Surtout quand une maladie professionnelle est dénoncée par exemple, car là, l'employeur est sanctionné par la CNAM. Quant aux actions "eau tiède" dont vous parlez, savez-vous que très souvent, ce sont les administratifs qui demandent ce type de travail aux médecins uniquement pour faire mousser leur service interentreprises. Les médecins n'adhèrent pas vraiment à cette poudre aux yeux. Et s'ils refusent de participer, ils s'exposent à des représailles plus ou moins déguisées. Vous voyez, l'indépendance totale est un leurre. Concernant leur rémunération, oui les médecins du travail sont payés par le service interentreprises, leur employeur. Et je peux vous dire que ces administratifs qui les paient n'ont pas fait le 10e d'études d'un médecin du travail. Je rappelle enfin qu'un médecin du travail possède son diplôme de docteur, comme un généraliste, et qu'il s'est spécialisé dans la médecine du travail -comme un pédiatre en pédiatrie.

Pour ceux que cela intéresse , j'avais planché sur le sujet

http://contributions.thematiques.parti-socialiste.fr/category/t/page/2/

Il faut comprendre que le MEDEF n 'a eu de cesse de bloquer toute avancée dans le domaine de la santé au travail car il sait bien que c'est la l'enjeu le plus important de préservation de leur pouvoir en entreprise ,

N'oublions pas que la première loi sociale a été votée en 1848 pour limiter le travail des enfants car le taux de jeunes réformés pour malnutrition lors de la conscription était de l'ordre de 70 % et que les députés ont eu peur de manquer de chair a canon pour défendre la France (cf travaux de Philippe Davezies sur le sujet)

Je suis personnellement atterrée de voir les dégats causés par ces thérapeutes d'entreprise car ils se débarrassent des problèmes au mépris de tout respect de la personne

 

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Depuis que Mediapart est né, nous avons cherché à attirer le projecteur sur la souffrance au travail. Via l'édition Travail en question, régulièrement alimentée par nos plus éminents blogueurs. Dont Marlène Benquet, doctorante à l'EHESS, qui nous a parlé des caissières de Carrefour Grand Littoral et a tendu le micro à Anna Sam, auteur d'un livre sur sa vie quotidienne derrière une caisse de Leclerc.

 

Alors que s'ouvre une conférence entre partenaires sociaux sur la souffrance au travail et la réforme de la médecine du travail, il nous a paru intéressant de raconter l'échec de la médecine au travail dans ce domaine. Terrible échec, alors que le médecin du travail est certainement le mieux placé pour entendre, dans le secret absolu de son cabinet, les souffrances secrètes des salariés.