Règle d'or: le piège tendu à la gauche

Par

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Une opération de com'. Une simple opération de com'. Au lendemain de l'envoi de la lettre de Nicolas Sarkozy aux députés les pressant d'adopter une nouvelle règle constitutionnelle sur les déficits budgétaires, les ténors du Parti socialiste n'ont pas manqué de dénoncer le subterfuge. «Après s'être glorifié de manière déplacée de l'accord a minima sur la Grèce, décidé sous la pression des marchés et qui ne règle rien durablement pour l'avenir de la zone euro, M. Sarkozy se lance, avec sa lettre aux parlementaires, dans une nouvelle opération de communication», a rétorqué dans la foulée Martine Aubry dans un communiqué. «En quatre ans, le déficit du budget de l'Etat a doublé et la dette publique a progressé de 33% pour atteindre 85% de la richesse nationale», a souligné de son côté François Hollande, relevant que Nicolas Sarkozy «demande à son successeur de faire ce que lui-même n'a pas réussi à faire». «Mieux vaut avoir un engagement qui soit un engagement crédible plutôt qu'un effet d'annonce», ont conclu l'un et l'autre des candidats à la primaire socialiste.
La manœuvre politique est évidente. En la matière, les chiffres suffisent à illustrer les “brillantes qualités” de gestionnaire du gouvernement Sarkozy, et son souci des deniers publics. De 2007 à 2011, la dette publique est passée de 1100 à 1600 milliards d'euros. Une dégradation qui, comme l'a rappelé la Cour des comptes, n'est pas liée uniquement à la crise financière de 2008. Un tiers seulement des déficits supplémentaires trouvent leur origine dans la crise. Tout le reste – les deux tiers – provient des multiples cadeaux fiscaux, allégements d'impôt, exonérations en tout genre que le gouvernement a consentis, sans toucher le moindre dividende en termes de croissance ou d'emploi en retour. Ce que n'a pas manqué de souligner Arnaud Montebourg, candidat à la primaire PS, dans un courrier en réponse à la lettre du Président: «Aucune décision de nature à combattre ce pouvoir (des marchés) n'a été prise ni proposée par vos soins pour contrôler ces excès qui coûtent tant aux peuples, aux contribuables des classes moyennes et populaires.»