Bélarus: Loukachenko ordonne une enquête sur la mort d’un Irakien à la frontière lituanienne

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Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a ordonné mercredi une enquête sur la mort d’un Irakien à la frontière avec la Lituanie, sur fond de tensions politiques et migratoires entre les deux pays.

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Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a ordonné mercredi une enquête sur la mort d’un Irakien à la frontière avec la Lituanie, sur fond de tensions politiques et migratoires entre les deux pays.

Les autorités lituaniennes soupçonnent Minsk d’orchestrer un afflux de migrants, notamment irakiens, en représailles aux sanctions de l’UE du fait de la répression politique au Bélarus. Mardi, Vilnius a annoncé que ceux qui tenteraient d’entrer dans le pays seraient repoussés.

Mercredi, un ressortissant irakien, violemment battu, a été retrouvé par les garde-frontières bélarusses à Beniakoni, près de la frontière lituanienne. Il « est mort dans les bras des garde-frontières » bélarusses, selon la chaîne Telegram officieuse du président bélarusse, Pool Pervogo.

« Le président a immédiatement été informé de ce meurtre choquant de l’Irakien qui revenait de Lituanie », selon la même source.

M. Loukachenko a ordonné d’« ouvrir une enquête », ainsi que de retrouver les proches du défunt et de leur délivrer un visa pour le Bélarus pour venir récupérer le corps, poursuit Pool Pervogo.

Malgré les dénégations bélarusses, l’UE considère que Minsk utilise les migrants comme une arme pour faire pression sur son voisin balte qui accueille des opposants bélarusses exilés, en particulier la principale rivale du président Loukachenko, Svetlana Tikhanovskaïa.

« Malheureusement, les migrants sont une fois de plus utilisés comme une arme », avait ainsi dénoncé fin juillet le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Il avait aussi demandé des explications aux autorités irakiennes sur l’utilisation de l’aéroport de Bagdad pour acheminer des migrants au Bélarus d’où il sont convoyés illégalement jusqu’en Lituanie.

Mardi, le porte-parole de la diplomatie bélarusse Anatoli Glaz a rejeté ces « accusations gratuites (...) qui vont à l’encontre de la réalité ».

Les garde-frontières bélarusses ont par ailleurs affirmé mardi qu’une quarantaine de migrants, parmi lesquels des femmes et des enfants, étaient revenus au Bélarus avec « des lésions corporelles » après avoir été refoulés par la Lituanie.

Depuis le début de l’année, la Lituanie, pays de 2,8 millions d’habitants, a enregistré plus de 4.000 migrants - pour la plupart des ressortissants irakiens - contre 81 pour l’ensemble de 2020.

Le régime bélarusse a orchestré une répression sans merci du vaste mouvement anti-Loukachenko né de sa réélection en août 2020.

Des milliers de manifestants et d’opposants ont été emprisonnés ou contraints à l’exil depuis l’automne 2020.

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