Brève

Droits des LGBT: la loi hongroise sous le feu des critiques européennes

« Dangereuse », « indigne »: la loi hongroise interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs a été la cible des condamnations de ministres européens rassemblés mardi à Luxembourg, qui ont appelé la Commission européenne à agir.

Agence France-Presse

22 juin 2021 à 10h54

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« Dangereuse », « indigne »: la loi hongroise interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs a été la cible des condamnations de ministres européens rassemblés mardi à Luxembourg, qui ont appelé la Commission européenne à agir.

Cette loi, adoptée la semaine dernière à l’initiative du parti de Viktor Orban, est « indigne de l’Europe », a fustigé le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes Jean Asselborn en arrivant à la réunion à Luxembourg.

« Les gens ont le droit de vivre comme ils veulent, on n’est plus au Moyen-Age », a-t-il ajouté. Il a appelé la Commission européenne à agir, précisant que son pays, la Belgique et les Pays-Bas avaient rédigé une déclaration en ce sens.

La loi hongroise « viole clairement les valeurs de l’UE », a renchéri le ministre délégué allemand aux Affaires européennes Michael Roth, précisant que son pays se joignait à l’initiative du Benelux. Paris soutient aussi cette déclaration, a-t-on appris de source diplomatique.

Idem pour l’Irlande, dont le ministre des Affaires européennes de ce pays Thomas Byrne, s’est déclaré « très préoccupé » par l’adoption d’une législation qui constitue un « moment très dangereux pour la Hongrie ainsi que pour l’Union ».

Cette loi adoptée le 15 juin stipule que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait fait part de sa préoccupation la semaine dernière, ajoutant que l’exécutif européen était en train d’examiner si cette loi « enfreint la législation européenne ».

La Commission a le pouvoir de déclencher des procédures d’infraction pour violation du droit européen contre un pays, pouvant mener à une saisine de la Cour de justice de l’UE.

Des accusations rejetées mardi à Luxembourg par le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, qui a dénoncé des « fake news » et affirmé que cette loi « n’était dirigée contre aucune communauté en Hongrie (mais) seulement contre les pédophiles ».

« Cette loi ne dit rien sur l’orientation sexuelle des adultes. Elle dit seulement que tant que les enfants ont moins de 18 ans, leur éducation sexuelle relève exclusivement de leurs parents, c’est tout », a-t-il déclaré, ajoutant que cette loi représentait « une compétence nationale qui ne devrait pas être remise en question ».

Le ministre avait la veille qualifié de « dangereuse » la proposition de la ville de Munich d’illuminer son stade aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT, mercredi pour le match de l’Euro opposant Allemagne et Hongrie. Une proposition finalement refusée par l’UEFA.

Agence France-Presse


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