Tariq Ramadan accusé de viols: les juges ordonnent une nouvelle expertise sur l’emprise

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Les juges français chargés de l’enquête pour viols visant l’islamologue suisse Tariq Ramadan ont ordonné jeudi une nouvelle expertise sur l’éventuelle emprise subie par ses accusatrices, une semaine après l’annulation pour vice de procédure d’un premier rapport sur cette question au coeur de l’affaire, a appris l’AFP de sources proches du dossier.

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Les juges français chargés de l’enquête pour viols visant l’islamologue suisse Tariq Ramadan ont ordonné jeudi une nouvelle expertise sur l’éventuelle emprise subie par ses accusatrices, une semaine après l’annulation pour vice de procédure d’un premier rapport sur cette question au coeur de l’affaire, a appris l’AFP de sources proches du dossier.

Le 17 juin, la cour d’appel de Paris a annulé l’expertise conduite par le célèbre psychiatre Daniel Zagury car il a interrogé quatre plaignantes sans l’accord des juges d’instruction.

Tirant les conséquences de cette décision, les magistrats instructeurs ont ordonné jeudi à un collège d’experts, composé du Dr Zagury et de ses confrères Bernard Ballivet et Frédéric Meunier, de réexaminer cette question, selon ces sources.

Le rapport doit être rendu d’ici le 30 novembre et les juges ont cette fois formalisé l’autorisation d’entendre quatre des accusatrices : la première plaignante Henda Ayari, une femme surnommée « Christelle », Mounia Rabbouj et une quatrième femme.

Le débat judiciaire sur cette notion d’emprise s’est imposé après que les plaignantes ont été parfois mises en difficulté par la révélation de leurs échanges avec M. Ramadan, jugés « ambivalents » par les enquêteurs.

La question est devenue primordiale pour les juges d’instruction qui doivent déterminer, avant d’ordonner un éventuel procès ou l’abandon des poursuites, si l’islamologue peut être ou non accusé d’avoir imposé des actes de pénétration sexuelle par une forme de « contrainte morale ».

Pour la défense de l’intellectuel musulman de 58 ans, qui plaide des relations dominatrices consenties, cette « notion d’emprise » est invoquée comme « une bouée de sauvetage pour sauver l’instruction du naufrage judiciaire ».

Dans son rapport annulé, le Dr Zagury, sans trancher la question d’un libre consentement de ces femmes, décrivait en quatre étapes la relation instaurée par M. Ramadan: une « vénération » pour « l’intellectuel brillant » rencontré sur les réseaux sociaux, puis des échanges « de plus en plus érotisés avec une coloration sado-masochique de domination/soumission », suivis d’une rencontre « décrite comme un enchaînement soudain et brutal » vers des pratiques sexuelles extrêmes, avant une quatrième phase de sentiments contradictoires (rancoeur, culpabilisation, vengeance, admiration et sujétion persistantes).

Depuis la première plainte fin octobre 2017, Tariq Ramadan a été mis en examen à Paris pour des soupçons de viols commis sur cinq femmes. Il est visé par une enquête à Genève pour un viol dénoncé par une Suissesse.

Mediapart n’a pas participé à la rédaction de cette dépêche, qui fait partie du flux automatisé de l’Agence France-Presse (AFP). L’AFP est une agence de presse mondiale d’origine française fournissant des informations rapides, vérifiées et complètes sur les événements qui font l’actualité nationale et internationale, utilisables directement par tous types de médias. En savoir plus.

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