Jacqueline Sauvage, au nom des droits des femmes

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On peut désapprouver l’usage de la grâce présidentielle. Cela veut-il dire qu’il ne fallait pas gracier Jacqueline Sauvage ? Qu’il fallait la laisser croupir en prison ?

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Jacqueline Sauvage sortira juste de prison un peu plus vite. François Hollande l’a partiellement graciée. Aux yeux de la justice, elle a bien tué son mari. Elle reste évidemment condamnée en appel à dix ans de prison le 3 décembre 2015 par la cour d’assises du Loir-et-Cher pour avoir tiré trois coups de fusil sur son époux. Norbert Marot l’avait battue et humiliée pendant 47 ans. Il a régulièrement violé leurs enfants, dont l’un, leur fils, s’est suicidé. Cette grâce partielle n'efface pas le crime. Elle ne se substitue pas davantage, et c'est heureux, à la décision du jury de la cour d'assises. Les avocats de Jacqueline Sauvage avaient tenté d'invoquer la légitime défense. C'était un pari perdu d'avance, puisqu'en l'espèce, la légitime défense n’était pas constituée : Jacqueline Sauvage avait tué son mari après une énième dispute, d'énièmes brimades, mais sans être directement menacée à l'instant où elle a tiré.