Révolution de palais chez FO, «vice-roi» de Marseille

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Une enquête de Jean-François Poupelin (le Ravi) et Louise Fessard (Mediapart)

Jeudi 9 février 2012, premier jour du congrès Force Ouvrière territoriaux. Les délégués du syndicat ultramajoritaire à Marseille (6 500 adhérents chez les quelque 16 000 agents de la ville et de la communauté urbaine) viennent de se choisir un nouveau « vice-roi » pour remplacer l'ancien, Élie-Claude Argy rattrapé par ses dérives et l'affaire Guérini.

En fin d'après-midi, le sénateur et maire UMP, Jean-Claude Gaudin, régale ses «amis» de FO dans le hall du conseil municipal. Le discours du tout nouveau secrétaire général, Patrick Rué, fait l'effet d'une douche froide après plus d’un demi-siècle de cogestion entre FO et la ville. «Une revendication a émergé : notre indépendance syndicale, lance-t-il au maire. Lors de vos vœux, vous avez rappelé que vous êtes le patron. Nous voulons vraiment un patron, un patron qui gère : c'est vous qui dites oui ou non.» Un responsable syndical qui réinstalle sur son fauteuil de décideur le maire de la deuxième ville de France, la scène mérite un petit éclairage.