«Sortir du nucléaire va provoquer un boom économique»

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Le débat sur la sortie du nucléaire n'est pas forcément passéiste. Il peut être porteur d'innovation et de croissance, estime le réalisateur de documentaire Alain de Halleux (Nucléaire RAS et Tchernobyl 4ever). Qui accuse d'abord le système économique de pousser à la catastrophe.
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Plus de trois semaines après le séisme et le tsunami qui ont ravagé la côte nord-est du Japon, le risque d’une catastrophe nucléaire n’est toujours pas écarté à Fukushima. Samedi, une fissure a été découverte sur une fosse reliée au réacteur 2, expliquant peut-être pourquoi depuis quelques jours de l'eau hautement radioactive se déverse dans l'océan Pacifique. Après une vaine tentative de colmatage avec du béton samedi, on est passé à la colle dimanche. Des ouvriers engagés par Tepco ont tenté de boucher la fissure à l'aide d'une colle polymère. En vain, apprenait-on ce lundi.

Ce lundi toujours, un porte-parole de Tepco a aussi annoncé que quelque 10.000 tonnes d'eau stockées dans des cuves et 1.500 tonnes contenues dans les réacteurs 5 et 6 vont être déversées dans l'océan Pacifique. Pour permettre aux employés d'intervenir dans les salles des machines, il faut en effet au préalable vider ces dernières de toute l'eau déversée depuis des jours sur les installations afin de refroidir le combustible. Cette eau, hautement radioactive, va être entreposée dans les réservoirs. Lesquels doivent être au préalable vidangés de l'eau qu'ils contiennent, eau «faiblement radioactive» selon le porte-parole de Tepco et sans conséquence pour la santé des Japonais.

La catastrophe de Fukushima «va être une longue bataille», a reconnu dimanche Goshi Hosono, un conseiller du premier ministre japonais, lors d'une interview à la télévision Fuji TV. Et pour mener cette bataille, Tepco recrute d'ailleurs des « liquidateurs », selon le mot employé en ex-URSS pour désigner les personnels civils et militaires engagés sur le site de Tchernobyl pour procéder aux réparations. Pour intervenir dans ces zones les plus radioactives, Tepco proposerait jusqu’à 3.500 € la vacation.

Fukushima sera «une longue bataille». C'est aussi l'avis d'Alain de Halleux, documentariste, militant anti-nucléaire et auteur de Nucléaire RAS, diffusé le 25 mars dernier sur Arte et de Tchernobyl 4ever, qui sera projeté le 26 avril sur la chaîne, dans le cadre d'une soirée spéciale consacrée aux 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl. Mais cette bataille radicale, il ne l'envisage que contre le nucléaire afin de donner sens à la souffrance des Japonais. (Vidéo de 1min 3s)

 

Pour cet anti-nucléaire, il faut profiter de Fukushima pour préparer la sortie du nucléaire. Cela peut prendre vingt ans, mais permettre aussi à la France de booster son économie. (Vidéo de 1min 30s)

 

Il y a urgence. Non seulement pour éviter une autre catastrophe, mais aussi, parce qu'avant même Fukushima, le réalisateur a constaté que la peur du nucléaire se diffusait. (Vidéo de 1min 40s)

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L'entretien avec Alain de Halleux s'est déroulé dans les locaux d'Arte, vendredi 1er avril. J'avais promis sur mon blog qu'il serait diffusé samedi, mais la mise en forme fut plus longue que prévue...