L’air effronté, elles circulent en bande dans le métro parisien. Elles s’appellent Carla, Simona, Viola ou Amela, mais ce n’est sans doute pas leur vrai prénom. Elles ont onze, treize ou seize ans, mais faut-il les croire. Elles vont vite, s’éparpillent sur les quais, principalement de la ligne 1, en dessous des Champs-Élysées. À l’approche des rames, elles choisissent leur cible, le plus souvent des touristes aux poches pleines. Un instant de bousculade, et elles s’emparent de leurs portefeuilles, généralement ni vu ni connu, avant de repartir en courant dans des directions opposées. Elles ont l’air moqueur aussi, et triste.