Enquête sur l'affaire Tapie: 3 - Le mystère des deux fonds offshore

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  • 05/09/2008 11:03
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Est-il vraiment confirmé, 10 ans après les faits, que le Crédit Lyonnais a bien procédé à la vente de facon "honnète", sans chercher à flouer Bernard Tapie? Dans ce cas, je ne comprends plus rien. Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
La version des évènements que vous donnez est celle de M. Peyrelevade. Elle n'a pas convaincu les juges du fond, comme la version de M. Peyrelevade concernant Executive Life n'a pas été persuasive. Ni les juges consulaires, ni les juges de la Cour d'appel n'ont retenu la version des faits de M. Peyrelevade, et tant le Procureur Général en appel que l'Avocat Général devant la Cour de cassation n'ont cru à la bonne foi de M. Peyrelevade. Il convient de rappeler que M. Peyrelevade était directeur de cabinet de M. Mauroy, que c'est parce que le Crédit Lyonnais a été nationalisé que ses dirigeants ont considéré qu'il pouvait utiliser la banque dans une optique politique . Dans le cadre du débat de morale politique, il est indiscutable que M. Peyrelevade porte une responsabilité fondamentale dans le fait que c'est l'argent public qui a été dilapidé. Dans le cadre de la préoccupation de l'utilisation des deniers publics et du respect du contradictoire, j'ai d'ailleurs une proposition. Le CDR peut exercer des recours en garantie concernant la responsabilité qu'il a encouru. Puisqu'entre autres M. Peyrelevade veut un débat public et contradictoire, je suggère de soumettre au tribunal la responsabilité des dirigeants du Crédit Lyonnais, dans le cadre d'une action où les dirigeants devraient accepter de répondre de leur faute, si leur comportement était jugé fautif, sans s'abriter derrière la jurisprudence restreignant la responsabilité pour faute des dirigeants si celle-ci a été commise dans le cadre des fonctions. Qu'ils répondent de leur faute. Et ceci permettrait de déterminer qui a "magouillé" dans l'opération Adidas, et généralement dans les opérations de fin 1992 du Crédit Loynnais.
Excusez ma naïveté, mais j'aimerais comprendre cette affaire avec des mots simples. Est-ce que le reproche fait par Bernard Tapie au CDR est que le Crédit Lyonnais l'a acculé à une vente peu intéressante, en cachant les perspectives positives sur l'avenir de la société, pour ensuite racheter Adidas grâce à un faux-nez ? En quoi cela constitue-t-il un litige ?
Excusez ma naïveté, mais j'aimerais comprendre cette affaire avec des mots simples. Est-ce que le reproche fait par Bernard Tapie au CDR est que le Crédit Lyonnais l'a acculé à une vente peu intéressante, en cachant les perspectives positives sur l'avenir de la société, pour ensuite racheter Adidas grâce à un faux-nez ? En quoi cela constitue-t-il un litige ?
le soucis c'est qu il est parfaitement illegal pour un intermediaire financier de faire une plus value sur un actif dont il n'a pas la detention et sur lequel il a un mandat transactionnel (et il est tres bien remunere pour cela). c est ca le fond de l'affaire. d'autre part. Tapie a ete pousse a vendre notamment a cause de l'incompatibilite business / fonction ministerielle. Et si en 94 Adidas s'est redresse, c est en partie due aux mesures mises en place apres la reprise du groupe en 90 par Tapie, notamment un repositionnement marketing et des delocalisations de la production. Rappel : Adidas etait a la fin des annees 80 une marque ringarde qui bradait ses stocks rendus moins attractifs par comparaison avec Reebok, Nike, LA Gear et British Knight.

Je me permets de vous conseiller la lecture du document suivant : http://issuu.com/imhotepav/docs/adidas

Je me posais un peu les mêmes questions que vous et cela écarte de manière assez nette une idée selon laquelle Le Crédit Lyonnais a manifestement voulu flouer Tapie lors de cette vente.

Que tout ait été transparent, j'en doute. Mais dans ce genre de transaction, il se trouve que la loi permet le recours à des paradis fiscaux : Ces canailles vont elles s'en priver ? Non. Mais c'est le système qui est malade de permettre ça... et les canailles s'en donnent à coeur joie.

Par contre, dire que le Crédit Lyonnais a vendu Adidas 4, mais n'a reversé à Tapie que 2 en se mettant dans la poche 2 (La Thèse de Tapie) est un mensonge grossier.

Ce qu'il ressort de tout ce que j'ai lu et écouté, c'est que :

1. Tapie, aidé par Miterrand&Co, et Haberer - Crédit Lyonnais a réalisé des transactions qui ferait passer B.Madoff pour un saint : Concrètement, avec la protection totale des premiers et le soutien du second, il achetait des sociétés en difficulté, virait 3/4 du personnel, maquillait les comptes et revendait en faisant de fortes plus-values. Le Crédit Lyonnais (des costards cravates qui jouaient avec les deniers publics) apportait le financement et portait le risque (incroyable mais vrai). Et Tapie empochait le pactocle. Et il a répété ça X fois.... Sauf que cette fuite en avant l'a conduit à sa perte lorsqu'il s'est attaqué à Adidas, bien trop gros pour lui.

2. Sa reprise d'Adidas est un fiasco, et son château de carte s'écroule. Le Crédit Lyonnais est obligé de regarder les choses en face : Les dégâts sont grands, et c'est la banque ( = l'état = le contribuable ) qui va devoir assumer... Tapie ayant maquillé sa véritable solvabilité, et mis hors de portée de la banque une grande partie de ses biens. Le tout avec le soutien de Miterrand&Co, et grâce à l'aveuglement de Haberer.

3. Le Crédit Lyonnais réussit pourtant à rattraper la situation d'Adidas. Grâce à un bon repreneur (R.Dreyfuss), et grâce à une conjoncture économique favorable. La valeur de la société évolue très rapidement.

Tapie vend un cheval malade. Dreyfuss achète un cheval malade, non sans quelques précautions, mais réussit son pari en transformant ce cheval malade en cheval de course.

Or, Tapie exige la valeur du cheval de course alors que c'est un cheval malade qu'il détenait.... Absurde.

(Et le pire dans l'histoire, c'est que malgré tout, Tapie a quand même réussi à faire une plus value lors de la vente du cheval malade dont il n'a cessé d'aggraver l'état. Et cette plus value, c'est grâce à l'argent public....)

4. Mais figurez vous qu'il y en a qui vont trouver ça normal. Et c'est là le chapitre Sarko / Borloo / Lagarde. Ils vont valider la thèse de Tapie,et accepter de lui signer un chèque - avec les deniers publics ! - de plusieurs centaines de millions d'€. Histoire de lui permettre de rembourser toutes ces dettes. Et de se garder un petit magot qui va bien.

Bref, plus vous avancez dans cette histoire, plus c'est gros. Et plus c'est gros, plus ça passe. C'est fou de voir ce que certains sont capables de faire avec de l'argent public... Le vôtre, le mien, celui du peuple.

Les coupables sont nombreux :

1. Mitterrand&Co (Bérégovoy, etc.)

2. Haberer&Co, (La bande du Crédit Lyonnais et du CDR)

3. Sarkozy&Co (Lagarde, Borloo, etc.)

4. Et évidemment, Tapie.

Tous, sans exception, se sont crus tout permis avec l'argent public. Tous.

Le reproche essentiel est que les banques du groupe Crédit Lyonnais (Crédit Lyonnais, Sdbo et Clinvest) chargées d'un mandat de vente aient prétendu avoir vendu alors qu'en violation des obligations de loyauté d'un mandataire elles achetaient de façon occulte. Ces manoeuvres, qui permettaient au Crédit Lyonnais de ne pas provisionner ses créances, permettait par ailleurs au Crédit Lyonnais de laisser le risque sur le groupe Bernard Tapie alors qu'elle se réservait le profit.
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  • 07/09/2008 21:09
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Une erreur parmi d'autres dans votre article par ailleurs très intéressant: ce n'est pas 55% d'adidas que Bernard Tapie Finance a vendu en février 1993, il faut y ajouter les 20,01% que BTF a racheté à Pentland après l'échec des négociations à l'automne 92. C'est même un point assez intéressant pour les futurs historiens qui se donneraient la peine de reconstituer vraiment les faits. Les approximations égrenées depuis quinze ans alimentent les fausses polémiques et déroutent le citoyen lamda, comme témoignent certains commentaires de vos lecteurs. Un effort de rigueur paraît indispensable. Mais le peuple aime le romanesque, et les amis de B. Tapie le savent. Il paraît que feu Maguerite Duras adorait Tapie. "le Lyonnais, forcément coupable"?
Le peuple aime le romanesque ....les soeurs Dassler manifestement étaient tombées sous le charme de Nanar. Non seulement celui-ci les avait convaincu de vendre, mais surtout de lui vendre à un prix fabuleusement faible. Tapie n'était pas un gestionnaire, il était un très bon bateleur ...et dans les affaires acheter à très bas prix est une qualité rare. Peut être liée à cet aspect "magouille" de BT Alors il faut avoir de la rigueur dans le rappel historique, mais cela n'exclut pas au contraire de rappeler le romanesque.
Bien entendu. Nous aimerions simplement savoir comment BTF a été financé en automne 1992 pour racheter les 20.01% d'adidas détenus par Pentland, pour reconstituer le vrai roman historique. C'est pour cela qu'il n'était pas nécessaire de laisser traîner une erreur du 55% alors que c'est 78% que BTF a vendus en février 93. Cela permettra aux historiens de reconstituer la vraie atmosphère de l'époque et de pouvoir juger l'extraordinaire romanesque fictif qui enveloppe les thèses développées par les partisans de Tapie à partir de 1995.
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