Rentrée 2011: les promus et les débarqués par Sarkozy

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Les promus


Bruno Beschizza
Secrétaire national de l'UMP avec le titre le plus énigmatique qui soit («en charge de l'Emploi des forces de sécurité»), l'ancien syndicaliste policier a pris du galon pendant l'été. Le voici reconverti en porte-flingue officieux du parti présidentiel (officiellement, il n'y a plus de porte-parole sous l'ère Jean-François Copé). Un travail qu'il effectue avec la même délicatesse que Frédéric Lefebvre, qui occupait ce poste jusqu'en novembre 2010.

Depuis quelques mois, il est chargé de dégainer des communiqués à tout-va. Pour taper sur le Parti socialiste de préférence, (dénoncer «l'opération de communication» de Martine Aubry à Marseille, ou s'indigner de l'affaire Guérini). Mais aussi pour défendre la politique sécuritaire du gouvernement: se féliciter «de la constance de Claude Guéant dans les objectifs qu'il s'est fixés» ou de la nomination d'un nouveau préfet délégué à la sécurité à Marseille, une «réponse de l'Etat face à une situation marseillaise "non-satisfaisante"». Mercredi, c'est lui qui a tiré le premier contre le livre Sarko m'a tuer, une «opération médiatique», «une campagne de dénigrement, sans preuve, envers le président de la République», a-t-il estimé dans un communiqué officiel.

Comme Arno Klarsfeld, il n'en est pas à son premier coup de pouce de Nicolas Sarkozy. Parachuté (sous les critiques) sur une liste UMP lors des régionales de 2010 en Seine-Saint-Denis, l'Elysée s'est ensuite donné de la peine pour qu'il sauve son siège: pour parer à l'incompatibilité de sa profession de commandant de police avec son mandat, il a été nommé à toute vitesse sous-préfet hors cadre par un décret du président de la République.

Beschizza est également un proche de Guéant. Les deux hommes se connaissent depuis 1995, du temps où Claude Guéant était directeur général de la police nationale, et Bruno Beschizza déjà secrétaire général de Synergie. C'est le ministre de l'intérieur qu'il l'a poussé à entrer en politique.

Le trio des anciens de TF1
Dans le petit club de réflexion qui a vu le jour cet été pour épauler Nicolas Sarkozy lors de la prochaine campagne présidentielle, un trio détonnant a fait son entrée. Trois anciens journalistes de TF1 et d'Europe-1, affidés du chef de l'Etat de longue date: le patron du Figaro, Etienne Mougeotte, l'éditorialiste de France Soir et ancien chroniqueur politique de TF1, Gérard Carreyrou (qui revendique d'écrire dans le quotidien «80% d'éditoriaux favorables à Sarkozy»), et Charles Villeneuve, ancien de TF1 et d'Europe-1 lui aussi. Une collaboration affichée de manière ostensible et décomplexée et faisant fi des questions de conflits d'intérêts et d'indépendance des pouvoirs. Et tant pis si cela froisse les rédactions du Figaro et de France Soir...

Jean-René Fourtou

Signe que Nicolas Sarkozy réactive ses réseaux personnels en vue de 2012: la promotion du président du Conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, à la tête de ce «think tank». On y retrouve également le patron de BNP Paribas, Michel Pébereau, mais aussi l'ancien ministre de Balladur, Alain Carignon. Voilà qui ne manquera pas de rappeler l'épisode du Fouquet's, l'image d'un président proche des milieux d'affaires.

Un nouveau «Monsieur opinion»
L'actuel «Monsieur Opinion» de l'Elysée, Julien Vaulpré (35 ans, recruté par Emmanuelle Mignon en 2006 après une carrière chez Coca-Cola), avait annoncé son départ il y a trois mois (il part créer un cabinet de gestion de crise auprès de dirigeants d'entreprises avec Raymond Soubie, l'ancien conseiller social de l'Elysée). Il est remplacé par Jean-Baptiste de Froment, qui continuera de travailler avec le trio Jean-Michel Goudard (le publicitaire de Sarkozy), Patrick Buisson (l'ex-patron de Minute et conseiller très droitier du président) et le sondeur Pierre Giacometti.

A 32 ans, le conseiller éducation de l'Elysée est déjà en charge de la coordination du futur programme de Sarkozy. Comme le souligne Libération du 1er septembre, cet agrégé de philo ne connaît rien a priori à l'analyse et la technique des sondages. Mais sa nomination devrait conforter le positionnement (plus modéré) d'un président rassembleur défendu par Giacometti.

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