La destruction d’archives se heurte à la communauté scientifique

Par

Un projet du ministère de la culture visant à réduire le nombre d’archives publiques afin d’économiser 7 millions d’euros en cinq ans provoque une belle unanimité contre lui. Car les archives n’intéressent pas que les chercheurs : « Des archives publiques bien tenues sont essentielles à un État de droit », rappelle l’historienne Raphaëlle Branche.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Mi-novembre, fuitait dans la presse un document interne au ministère de la culture, portant le doux nom de Comité d’action publique 2022 (CAP 22) : une liste de préconisations visant, sur la durée du quinquennat, à « moderniser l’action publique » ; en pratique, à réduire les dépenses. La section consacrée aux Archives se montrait d’un rare mélange de brutalité comptable et de stupidité. Elle affirmait la nécessité de réduire « en flux de 10 à 20 % la collecte annuelle » et de « réévaluer en stock au moins 15 km d’archives », pour économiser 7 millions d’euros en cinq ans. Et enfin, modernité numérique oblige, de « dématérialiser massivement (…) les archives ».