A Rennes, qu’ils soient élus ou gilets jaunes, les déçus du macronisme cherchent un port d’attache

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Comme partout en France, le mouvement des « gilets jaunes » se poursuit en Ille-et-Vilaine, terre de centre-gauche, où Emmanuel Macron et sa majorité l’avaient largement emporté en 2017. Deux ans plus tard, la déception est lourde dans le département. Pourtant, aucune opposition ne semble en mesure d’en profiter.

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Rennes (Ille-et-Vilaine), envoyée spéciale.– La pièce est plongée dans le noir et le silence. Tous les yeux sont rivés sur les images d’une femme « gilet jaune » traînée sur plusieurs dizaines de mètres par deux policiers. La scène, projetée en ce lundi soir de février dans une salle municipale de Domagné-Chaumeré, a été filmée un mois plus tôt dans les rues de Rennes, à une trentaine de kilomètres d’ici, en plein « acte X » du mouvement fluorescent. Les images s’arrêtent, la lumière se rallume. « C’est scandaleux, souffle Noël, un artisan-boulanger qui manifeste depuis plusieurs semaines. Les agressions physiques ou verbales, c’est tous les samedis. »

Yohan et Virginie, tous deux « street medics », témoignent de ce qu’ils voient chaque week-end sur le terrain, où ils secourent bénévolement les manifestants blessés par les forces de l’ordre. « Le tutoiement est censé être interdit, mais il est commun, regrette la jeune femme. On n’est vraiment pas aidés. Un jour, un policier m’a même dit : “Quand vous relevez un gilet jaune, vous le remettez au combat.” » Les esprits s’échauffent, les questions fusent. « Comment ça se fait que la Bac [Brigade anticriminalité – ndlr] intervienne alors qu’ils ne sont pas formés pour ça ? », interroge un homme. Assises côte à côte, les députées La République en marche (LREM) Christine Cloarec et Laurence Maillart-Méhaignerie n’ont guère de réponses. « Il faudrait montrer toutes les violences… », glisse seulement la première.

Réunion du collectif « Citoyens et gilets jaunes ensemble ». © ES Réunion du collectif « Citoyens et gilets jaunes ensemble ». © ES

Voilà bientôt trois heures que les deux élues d’Ille-et-Vilaine échangent avec le collectif « Citoyens et gilets jaunes ensemble », venu leur présenter le fruit des travaux qu’ils mènent depuis plusieurs semaines sous forme d’ateliers constituants. Quelques jours plus tôt, le même exercice avait été réalisé face à des maires des communes voisines, dont certains sont encore présents ce lundi soir parmi la trentaine de personnes réunies à Domagné-Chaumeré. Du côté de la majorité en revanche, seules Christine Cloarec et Laurence Maillart-Méhaignerie ont répondu à l’invitation. D’autres ont envoyé leur assistant parlementaire les remplacer.

Les membres du collectif se veulent très clairs : ils n’entendent représenter personne. « On veut simplement se faire comprendre, explique l’une des leurs. On est là pour travailler sur l’après. On est en colère, y compris contre nous-mêmes parce qu’on n’a rien dit depuis 40 ans. Maintenant, c’est fini. » La réunion rassemble des personnes issues de tous horizons politiques, certaines reconnaissant même avoir voté Macron en 2017. « Mais ce n’est pas le sujet, affirme un homme. Nous ne sommes pas apolitiques, nous sommes apartisans. » « On a assisté à une politisation éclair, note Félix Boullanger, militant de La France insoumise (LFI) rencontré le lendemain à Rennes. En trois mois de mouvement, on est passé de “Macron démission” à de vraies réflexions. C’est ce que montrent tous les contre-débats organisés par les gilets jaunes en ce moment. »

Celui de Domagné-Chaumeré en est une parfaite illustration. Les échanges s’y poursuivent jusque tard dans la nuit. Il est question d’écologie, d’agriculture, de fiscalité, de référendum d’initiative citoyenne (RIC), de handicap… On entend ici ce qui se répète dans les blocages et manifestations depuis le 17 novembre 2018. « On nous dit : on vous donne des aides. Mais nous on ne veut pas de vos aides, on veut vivre de notre travail », lance une gilet jaune. « Il nous faut une écologie sociale, ce n’est pas aux personnes les plus fragiles de subir la transition écologique », affirme un autre. « Les seuls outils d’expression que nous avons entre deux élections sont les pétitions et les manifestations. Il n’y a aucun moyen légal de contester une action qui irait à l’encontre des raisons pour lesquelles un élu l’a été », souligne un troisième, qui revendique la mise en place du « RICTM » (pour « toute matière »).

Les deux députées LREM prennent la parole à intervalles réguliers pour expliquer leurs politiques et tenter de déminer ce qu’elles qualifient de « fake news ». Sans franchement convaincre. « Mouais, elles nous ont pris pour des gilets jaunes, quoi… », souffle un homme à la fin de la réunion. « Elles disent n’importe quoi en espérant qu’on va les croire », appuie une femme. Vers deux heures du matin, le petit groupe finit par se séparer en se donnant rendez-vous au prochain acte de la mobilisation. « Aucune chance que ça s’arrête, lance un gilet jaune aux députées. On garde le cap, vous allez être étonnées par notre goût de l’effort ! »

Ici comme ailleurs, l’irruption du mouvement a pris de court tous les élus. « Je suis allée établir un contact avec eux environ quinze jours après le début du mouvement. Je me suis vite rendu compte qu’ils ne nous connaissaient pas et réciproquement », affirme Laurence Maillart-Méhaignerie, qui précise d’emblée que les rassemblements ont été plus pacifistes à Rennes et aux alentours que dans certaines autres villes françaises. Moins massifs également, ajoute la députée, en expliquant les raisons pour lesquelles, selon elle, l’Ille-et-Vilaine compte moins de gilets jaunes. « C’est un territoire dynamique, où le chômage est plus bas que la moyenne et le réseau associatif très important », dit-elle. « Nous sommes dans une région où les inégalités sociales sont moins fortes qu’ailleurs », confirme Jean-Luc Richard, maître de conférences en sociologie politique et démographie à l’université de Rennes I.

Mélange de droite orléaniste et de deuxième gauche

« Rennes est une terre moins désespérée qu’ailleurs, le FN ne peut prospérer sur la misère comme il le fait dans d’autres villes », abondent Félix Boullanger et son ami Yves Juin, lui aussi militant LFI. Les deux hommes rappellent en outre qu’ici, « traditionnellement, les mouvements sont largement alimentés par les étudiants ». La métropole rennaise en compte plus de 68 000. « Or au départ, les étudiants se méfiaient des gilets jaunes, poursuivent-ils. Ça ne fait que quelques semaines qu’ils ont rejoint les cortèges. » « Le mouvement des gilets jaunes, c’est une population souvent rurale qui se sent exclue, ajoute le maître de conférences Jean-Luc Richard. Les étudiants, eux, ne se vivent pas comme exclus. »

Yves Juin et Félix Boullanger. © ES Yves Juin et Félix Boullanger. © ES
À cette conjoncture, s’ajoute l’héritage politique du département qui, comme l’explique Romain Pasquier, professeur à Sciences-Po Rennes, s’inscrit dans la tradition démocrate-chrétienne, mélange de droite orléaniste et de deuxième gauche. Une « terre modérée », répètent tous nos interlocuteurs, où le Front national (rebaptisé Rassemblement national) n’a jamais réalisé des scores mirobolants, malgré une légère progression au cours des dernières années.

Avec 6,70 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen était arrivée en cinquième position à Rennes au premier tour de la présidentielle de 2017, loin derrière Benoît Hamon (13,82 %), François Fillon (16,53 %), Jean-Luc Mélenchon (25,86 %) et Emmanuel Macron (31,86 %).

Au second tour, le candidat d’En Marche! l’avait emporté en engrangeant 88,39 % des voix, contre 11,61 % pour son adversaire. Deux mois plus tard, au moment des législatives, LREM – et ses soutiens, comme le député socialiste François André, qui siège aujourd’hui avec la majorité – balayait encore tout sur son passage en s’imposant dans six des huit circonscriptions du département. « Les frontières entre le centre-gauche et le centre-droit sont ici très ténues, analyse Romain Pasquier. L’électorat d’Ille-et-Vilaine n’aime pas les conflits, il prône le travail, l’entreprenariat, le mérite, la décentralisation… C’est donc tout naturellement qu’il a basculé du PS, tendance deuxième gauche, au macronisme. »

Et ce, d’autant plus naturellement que Jean-Yves Le Drian, l’homme fort de la Bretagne, alors président de la Région et ministre de la défense de François Hollande, avait lui aussi fait la bascule en apportant son soutien et ses réseaux à Emmanuel Macron, fin mars 2017, en pleine campagne présidentielle.

À l’époque, l’actuel ministre des affaires étrangères avait entraîné dans son sillage bon nombre d’élus PS, qui ne se reconnaissaient pas dans la candidature de Benoît Hamon. François André, lui, avait même franchi le pas avant. « J’avais très tôt indiqué que je soutenais Macron et que je le faisais en tant que socialiste modéré convaincu par l’économie de marché, dit-il. L’orientation du PS ne correspond plus à ce que je pense. Nous sommes ici dans une région qui regarde la réalité en face et qui ne croit ni aux lendemains qui chantent ni aux révolutions prometteuses. »

Dans la permanence PS de Rennes. © ES Dans la permanence PS de Rennes. © ES
Depuis la permanence socialiste de Rennes, où s’affichent les visages de François Mitterrand, Lionel Jospin ou encore Edmond Hervé, qui a dirigé la ville pendant plus de trente ans, Christophe Fouillère estime toutefois que l’hémorragie a été moins importante en Ille-et-Vilaine que dans le reste de la Bretagne. « Hormis François André, aucune grande figure PS du département n’a appelé à voter Emmanuel Macron en 2017, indique le premier secrétaire de la fédération socialiste du 35. Ici, l’effet Le Drian a été moins sensible. On sait ce qu’on doit au PS, on a tenu parce que c’était notre famille politique. » Et ce, de façon d’autant moins évidente que bon nombre d’élus socialistes rennais – à commencer par la maire Nathalie Appéré – avaient soutenu Manuel Valls au moment de la primaire, « seul candidat, selon Fouillère, en mesure de porter le bilan du quinquennat Hollande de façon positive ».

Si l’on en croit Jean-Luc Richard, la fédération PS d’Ille-et-Vilaine et les élus locaux ont en réalité été « très prudents et ambigus vis-à-vis d’Emmanuel Macron » pendant la campagne et durant les premiers mois du quinquennat. Certaines nouvelles figures de LREM, comme le député Florian Bachelier, étaient d’ailleurs issues de leurs rangs. « Le PS d’Ille-et-Vilaine est devenu un réseau d’apparatchiks, poursuit le maître de conférences. À partir de 2008, ils ont commencé à écarter les universitaires, les médecins, les avocats, les responsables d’association… Toutes ces personnes ont un peu attendu, puis elles ont rejoint En Marche!. » Mais politiquement, peu de choses les séparaient encore des socialistes locaux.

Christophe Fouillère. © ES Christophe Fouillère. © ES
Christophe Fouillère ne partage pas ce point de vue. S’il reconnaît que certains thèmes de la campagne macroniste – il cite « l’école, le progressisme, l’économie au service des Français… » – ont pu un temps « accrocher la social-démocratie », le premier secrétaire de la fédération socialiste d’Ille-et-Vilaine estime toutefois que l’exercice du pouvoir d’Emmanuel Macron et les politiques menées depuis deux ans par le gouvernement d’Édouard Philippe ont depuis clarifié la situation. « Nous sommes en désaccord profond avec certains fondamentaux », assure-t-il, citant notamment la question des dotations aux collectivités locales et celle du logement social.

La baisse des aides personnalisées au logement (APL) fut d’ailleurs l’occasion pour la maire de Rennes de poser la première pierre de son opposition. Pour Christophe Fouillère, LREM ne peut désormais plus compter que sur le soutien du centre-droit. « Les autres disent “plus jamais” », ajoute celui qui reste persuadé qu’« il y a un espace politique à occuper entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ».

Depuis 2017, d’autres sujets sont venus grossir la déception du centre-gauche. « Il y a eu un marqueur très important en Bretagne : la verticalité du pouvoir, affirme le chercheur Romain Pasquier. Le “nouveau monde” a amplifié la puissance de l’ancien sur le modèle jacobin. La centralisation des finances publiques, les 80 kilomètres/heure, le mépris des corps intermédiaires… Tout cela a heurté les institutions territoriales et la société civile bretonne, qui est très associationniste. Les gens avaient cru à la promesse d’un “pacte girondin”, ils pensaient voter pour un libéral décentralisateur et ils se sont retrouvés avec un libéral jacobin. » Sans même parler de la loi asile et immigration, de l’épisode de l’Aquarius, ou encore du débat sans cesse relancé autour de la laïcité, qui sont loin d’être au goût d’une terre qui revendique depuis toujours son « ouverture ».

« On est encore dans le flou »

Mardi 19 février au soir, au Blosne, ce sont encore d’autres sujets qui sont abordés à l’occasion du débat organisé par des associations de ce quartier populaire situé au sud de Rennes. On y parle évasion fiscale, égalité entre les femmes et les hommes, égalité tout court. « Celui qui a une Ferrari, quand il va à la station-essence, il paye le litre au même prix que celui qui a une Clio », s’agace un quinquagénaire. « Nos jeunes n’arrivent plus à s’intégrer, regrette une femme. Nous sommes dans un système de grandes écoles qui ne laisse pas de place aux jeunes qui ont fait des masters comme mon fils. » « Je voudrais que les entreprises ne parlent plus de charges. Et que chaque salarié comprenne qu'il n’est pas une charge, mais une richesse », souffle un habitant du quartier. « Pour les retraités, c’était quand même un coup de matraque, j’ai encore mal à la tête », ajoute un autre.

Confortablement élue dans une circonscription plus au nord de Rennes, Laurence Maillart-Méhaignerie reconnaît que « certains ont été surpris, voire légèrement agacés par la méthode » employée depuis deux ans. « On avait perdu notre engagement initial : celui d’aller perpétuellement au contact », dit-elle.

Issue de l’Alliance centriste, composante de l’UDI fondée par Jean Arthuis, la députée LREM cite certains marqueurs du début de quinquennat qui sont mal passés, comme la suppression des contrats aidés ou la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), avec laquelle elle n’était d’ailleurs « pas très à l’aise ». « Nous étions quelques-uns à avoir identifié que les plafonds étaient très bas. Les retraités attendaient une compensation immédiate, en l’occurrence la suppression de la taxe d’habitation, et ils ne l’ont pas vue venir... »

Débat organisé dans le quartier du Blosne, à Rennes, le 19 février. © ES Débat organisé dans le quartier du Blosne, à Rennes, le 19 février. © ES

À ce que l’élue qualifie de « vécu perçu », se sont ajoutées « quelques petites phrases du président de la République » et l’affaire Benalla qui a pas mal « secoué » la majorité. De quoi décevoir bon nombre de convertis au macronisme. « J’ai toujours considéré que les Français étaient lucides et prêts à consentir aux efforts nécessaires, mais ces efforts doivent être équitablement répartis, complète son collègue, François André. Si les mesures annoncées par le président de la République le 10 décembre avaient fait partie du package de départ, on se serait peut-être épargné quelques critiques. Il faut que nous soyons plus prudents dans la méthode et plus attentifs aux partenaires sociaux. »

Si certains élus socialistes, tels que la maire de Rennes, ont pu profiter de cette situation pour « reprendre du poil de la bête », il n’y a pas eu de « vases communicants », ajoute le chercheur Romain Pasquier. « Les autres formations politiques n’en sont pas forcément renforcées. » Reconnaissant qu’il est difficile de mesurer les forces politiques d’un territoire en dehors des périodes électorales, Félix Boullanger et Yves Juin, les deux militants de LFI, estiment toutefois que l’électorat traditionnel du PS d’Ille-et-Vilaine « s’est éclaté entre LREM et La France insoumise » en 2017. Et que « la dégringolade des partis de gouvernement n’est pas terminée ». Mais rien ne dit que le centre-gauche qui a massivement voté En Marche! en 2017 soit « irrémédiablement perdu » pour Emmanuel Macron, note encore Pasquier : « Si le président envoie des signaux de justice sociale et de décentralisation, il n’est pas exclu qu’il puisse en reconquérir une partie. »

La référente départementale de LREM – récemment nommée porte-parole du parti – se veut très optimiste sur le sujet. Admettant qu’« un certain nombre d’erreurs » ont été commises au cours des deux premières années de quinquennat – « on a peut-être minimisé l’importance des symboles », dit-elle –, Carole Gandon ne ressent pour autant aucun « rejet de Macron » à Rennes. « Nous avons une structuration locale qui fonctionne très bien. La majorité de nos adhérents [elle en revendique 7 000, dont 2 500 actifs – ndlr] viennent effectivement du centre-gauche et ils ne sont pas partis. En 2017, beaucoup d’électeurs de Nathalie Appéré ont voté Emmanuel Macron. Aux municipales de 2020, ils voteront la liste En Marche!. » Ce qui tombe plutôt bien, s’amusent ses opposants, puisque « c’est elle qui conduira cette liste ».

Le mouvement social a-t-il bousculé les rapports de force en Ille-et-Vilaine ? Difficile à dire, jugent la majorité de nos interlocuteurs. « On est encore dans le flou », reconnaissent Félix Boullanger et Yves Juin. « Le test, ça va être les élections locales », estime la députée LREM Laurence Maillart-Méhaignerie, persuadée que « les aspirations » des électeurs du département restent « les mêmes qu’en 2017 ». « Ils attendent désormais des résultats tangibles et palpables, affirme-t-elle. Et nous devons les leur apporter. Mais à droite et à gauche, ils ont encore du mal à structurer une offre politique. » Pour Romain Pasquier, « les gilets jaunes auront des conséquences partisanes assez limitées car ce sont des gens qui ne votent pas en règle générale ». « Ils ne seront pas des points de bascule, car je ne les vois pas rentrer dans les cadres traditionnels », poursuit le chercheur.

Qu’ils aient porté un gilet jaune ou non, les habitants du Blosne qui participent au débat organisé mardi 19 février laissent eux aussi penser qu’aucune opposition ne peut réellement profiter de la situation. C’est du moins ce qui ressort de leurs échanges. « Ce débat a révélé les besoins de parler, lance l’un des animateurs de la soirée. Peut-être même que cela pallie les lacunes de la démocratie représentative et l’absence de démocratie participative. » Transition écologique, fiscalité, emploi, institutions… Tous les sujets sont abordés, sans jamais que le nom d’un parti ou d’un responsable politique n’émerge – seul « le président » est cité, toujours pour être critiqué. Au micro, un homme résume la situation : « Tout ce qu’on est en train de dire a déjà été dit depuis des années. Il faut simplement qu’on trouve un moyen pour que ce soit entendu. Par tous. »

Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
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Toutes les personnes citées dans ce reportage ont été rencontrées à Rennes et aux alentours, les 18 et 19 février. Seul Romain Pasquier, professeur à Sciences-Po Rennes, a été interrogé par téléphone.