La crise du logement frappe les divorcés de plein fouet

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Ce public n'est pas prioritaire

Les accusations de "violence" ou de "pédophilie", l’association relais-habitat connaît et se méfie. Mais cette fois, le témoignage semble fiable et tout sera fait pour aider Tania. «Sauf qu’auparavant, pour les cas extrêmes comme celui-ci, on trouvait une solution sur le contingent de la préfecture, explique Frédérique Trouvé. Mais depuis la loi sur le droit au logement opposable, il y a des publics prioritaires bien définis.» Et Tania n’en fait pas partie.

 

«Pourtant, le droit au logement, ce devrait aussi être celui de pouvoir prendre une chambre de bonne en attendant que les choses se calment. Ce devrait être le droit fondamental de fermer une porte et de pouvoir se reposer», estime Frédérique Trouvé. Tania, elle, susurre: «Pour devenir prioritaire, je ne vais quand même pas m’installer dans la rue.»

D'autres y sont tombés, nombreux. Mais pas pour cette raison. Une étude réalisée par Cécile Brousse pour l’Insee (lire sous l'onglet Prolonger) montre que, quand on interroge les SDF sur les circonstances qui les ont amenés à quitter leur logement, ils évoquent d’abord le «départ du domicile conjugal» (26 %), devant "la fin de la vie commune avec les parents" (21 %), "l’arrivée sur le territoire national" (19 %), "la privation de logement pour des raisons économiques" (expulsion, impossibilité de payer le loyer) (16 %), puis "les sorties d’institutions" (foyer de travailleurs, hôpital, prison) (12 %).

 

Cécile Brousse relativise ce questionnement rétrospectif sur les causes de la perte du logement, car bien souvent, explique-t-elle, plusieurs raisons s’entremêlent. Il n’empêche: la rupture affective reste à l’évidence une des causes principales du sans-abrisme.

Pour l’heure, et bien qu’aucune avancée scientifique ne laisse pourtant présager l’invention d’une poudre garantissant l’amour à vie, les pouvoirs publics ne semblent pas saisir ni se saisir de cette problématique. Que faire?

 

D’après l’Anil, dans 9 cas sur 10, un des deux membres du couple reste dans le domicile conjugal. Généralement, les aides au logement lui permettent bon an mal an de s’en sortir. D’autant que plusieurs villes mettent en place des aides spécifiques aux familles monoparentales (d’après le rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion publié le 29 avril, une famille mono-parentale sur quatre se situe toutefois en dessous du seuil de pauvreté).

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Il existe autant de cas douloureux que de divorces. Certains ou certaines ne se reconnaîtront peut-être pas dans cet article, ou s’offusqueront qu’on puisse compatir à la situation d’un père en détresse, alors que «tant d’autres» ne payent pas leur pension alimentaire. Loin de nous l’idée de généraliser. L’idée de l’article est partie du témoignage de certains maires, ne sachant que faire de tous ces pères, et d'une discussion avec la sociodémographe Férial Drosso. A travers de multiples témoignages recueillis notamment via des forums Internet (et dont l’article ne répercute qu’une infime partie), nous nous sommes rendu compte qu’il s’agissait d’un problème de société peu pris en compte. Beaucoup de travaux se sont intéressés au divorce dans les années 70, puis de nouveau - dans une moindre mesure - dans les années 90. Mais ce champ semble aujourd’hui quelque peu négligé bien que de nouvelles problématiques apparaissent, par exemple avec la crise du logement. D’où l’intérêt d’en faire état.