Affaire Ablyazov: la justice française est à son tour mise en cause

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La Cour de cassation a refusé l'extradition vers la Russie ou l'Ukraine de l'oligarque Ablyazov, soupçonné d'avoir détourné des milliards de dollars. Mais une affaire d'écoutes illégales visant des avocats et des magistrats est en train de tourner au scandale.

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Genève, de notre correspondante. Certains s’étaient réjouis un peu trop vite. Ce 9 janvier 2014, quand la cour d’appel d’Aix-en-Provence tranche en faveur de l’extradition du milliardaire kazakh Mukhtar Ablyazov vers la Russie et l’Ukraine (la priorité étant donnée à ce premier pays), faisant fi de toutes considérations humanitaires, c’est toute une équipe d’avocats, juristes, communicateurs et autres lobbystes qui sablent le champagne, entre Paris, Londres et Astana. Mission accomplie : le principal opposant et pourfendeur du régime corrompu de Noursoultan Nazarbaïev, arrêté le 31 juillet 2013 dans le sud de la France, a enfin été mis à terre, rattrapé par ses propres turpitudes financières : le présumé détournement de 5,4 milliards de dollars entre 2005 et 2009, alors qu’il était à la tête de la BTA Bank, le géant bancaire kazakh nationalisé.