France

De l'argent liquide distribué aux politiques?

Interrogé sur RMC, vendredi matin, l'avocat de l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt assure que sa cliente était autorisée à retirer 50.000 euros en liquide par semaine pour les distribuer à diverses personnalités. Des responsables politiques? «Cela fait partie des possibilités», assure-t-il. Par ailleurs, les banquiers suisses commencent à parler ...

La rédaction de Mediapart

2 juillet 2010 à 09h04

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Antoine Gillot, avocat de l'ancienne comptable des Bettencourt, a lâché une nouvelle bombe ce vendredi matin. Interrogé sur RMC, l'avocat de Claire T., comptable au service des Bettencourt durant douze années et jusqu'à l'automne 2008, a expliqué que sa cliente disposait d'une délégation de signature qui l'autorisait à retirer 50.000 euros en espèces chaque semaine. A quoi servaient ces sommes en liquide? A payer divers frais, mais surtout à rémunérer des «personnalités».

Interrogé sur le fait de savoir si ces personnalités pouvaient être des responsables politiques, l'avocat de Claire T. a répondu: «Cela fait partie des possibilités.» L'affaire Bettencourt/Woerth prend ainsi une nouvelle dimension. D'autant que Me Gillot a précisé que l'ancienne comptable a consigné dans des carnets la liste complète des bénéficiaires de ces versements en liquide. Ces carnets ont été remis aux conseillers de Mme Bettencourt lorsque la comptable a quitté son emploi, fin 2008.

Ecoutez ci-dessous, l'entretien de Jean-Jacques Bourdin, de RMC, avec Antoine Gillot:

Mais selon Olivier Metzner, avocat de la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, les enquêteurs, agissant dans le cadre de l'enquête préliminaire engagée par le parquet de Nanterre sur les enregistrements pirates que nous avons révélés le 16 juin, ont interrogé l'ancienne comptable sans s'intéresser plus avant à ces versements. «Les enquêteurs ne se sont jamais souciés de la destination de ces sommes», a-t-il expliqué sur RMC, s'étonnant que les carnets de la comptable n'aient pas été saisis et demeurent toujours chez les Bettencourt.

Ces nouveaux développements, qui confirment combien l'affaire Bettencourt est bien désormais une affaire d'Etat, soulignent les enjeux décisifs de la bataille qui oppose le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, et la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez. La décision, hier, du parquet de faire appel pour contester le supplément d'information décidé par la présidente (lire ici notre article) vise à empêcher une enquête complète sur les nombreux éléments révélés par les enregistrements clandestins réalisés par l'ancien maître d'hôtel des Bettencourt. La cour d'appel de Versailles tranchera dans le mois.

Par ailleurs, ce qui est devenu l'affaire Woerth et celle qui concerne le financement du parti présidentiel commence à causer quelques remous en Suisse. Certains financiers ne sont pas mécontents de constater l'embarras de l'ancien ministre du budget, lui qui avait publiquement cloué au pilori la discrète place financière de genève.

Dans un article du quotidien La Tribune de Genève (à lire en cliquant ici), vendredi, l'un de ses financiers, parlant sous condition d'anonymat,règle quelques comptes: «Eric Woerth, qui avait fait de l'évasion fiscale sa priorité, nous a longtemps fustigés comme les ennemis numéro un. C'est lui aussi qui, avec Peer Steinbrück, alors ministre allemand de l'économie, nous a conduits sur la liste grise de l'OCDE, celle des paradis fiscaux non coopératifs. Mais savez-vous qu'au même moment, sa femme Florence, l'une des gérantes de fortune de Liliane Bettencourt, était vue très souvent dans le «family office» de la milliardaire française, qui se situe à deux pas de l'Hôtel d'Angleterre?», à Genève.

Et le financier d'ajouter: «Eric Woerth, durant ces deux dernières années, ne pouvait pas ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève. Et que ce n'était certainement pas pour voir son Jet d'eau!»

La rédaction de Mediapart


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