Michel Vinaver transcende l’affaire Bettencourt

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Michel Vinaver a-t-il pensé à l'avocat Olivier Metzner disparu sans crier gare en mars 2013 ?

Oui, sans doute, mais comment penser qu’une seul personne puisse prendre en charge tous les crimes de la France Cool.

Dans mon cas, je reconstruis mon histoire après l’assassinat de mon frère le 17 Février 1972 dont le corps a été découvert en la carrière des Malvaux, près de Vichy, au même endroit où le corps de Jean Zay avait été découvert en 1940 Bouche cousue.

J'ai "décidé" que c'était un coup des pétainistes et c'est avec beaucoup de ferveur que 'ai embrassé Madame Catherine Zay , fille de Jean Zay, ce 10 Juillet en l'opéra de Vichy pour commémorer le 74 ème anniversaire du courage des 80 parlementaires qui ont dit non à Philippe Pétain Bouche cousue.

A bientôt.

Amitié.

 

C'est justement ce que j'aurais tendance, aujourd'hui, à lui reprocher: d'avoir été et d'être un "immense dramaturge" pour reprendre votre expression et de se laisser porter, depuis quelques années, à la tendance très en vogue depuis environ dix ans, d'inféoder l'écriture théâtrale aux vieux canons brechtiens (11 septembre 2001, etc). Un peu comme si en art contemporain on se remettait au cubisme, voyez. Mais il n'est pas le seul: cette tentation vers un théâtre se mêlant de politique, d'économie, de façon directe, est reprise par presque tout un chacun. Je préfère à ce théâtre une vision plus large, plus humaniste au sens fort du terme et où le travail du langage l'emporte. Bien moins l'autopsie socio-politique. Pourquoi? Parce que ces textes là vieilliront vite, alors que Dissident, il va sans dire ou Les Voisins et même Les CoréensL'émission de télévision (1) resteront, j'espère, des pièces fondamentales. Je vais paraître ringard, et je m'en fiche un peu, mais Fin de partie, Si Camille me voyait ou L'Opérette imaginaire, Le Roi se meurt (2) pourront être jouées (espérons-le) encore dans vingt-trente ans. Cette mode des pièces de théâtre dénonçant de façon quasi documentaire le monde de la finance ou la panne de l'ascenseur social me lasse beaucoup. D'autres médias plus adaptés, ce me semble, procèdent à ce genre d'évocation-analyse. Un peu comme si, de nos jours, la peinture se remettait à la mode univoque du portrait. Il est un peu triste de voir le théâtre inféodé à l'étroitesse de cette peudo-mission d'avoir à s'inspirer de tels événements. Les pièces "historiques" (pour dire vite) ne résistent jamais bien longtemps.

(1): titres de pièces de Michel VINAVER

(2): respectivement de BECKETT, DUBILLARD, NOVARINA, IONESCO.

Cher Denys Laboutiere, votre commentaire m'interpelle. Car rien de plus éloigné, me semble-t-il, d'un théâtre brechtien que la manière Vinaver, y compris dans ses pièces dont le matériau est tissé d'actualité. Roland Barthes l'avait compris dès les premières pièces, parmi lesquelles Les Huissiers qui traite de l'agonie de la Quatrième République sur fond de Guerre d'Algérie. Pour prolonger le débat, jamais inutilé, je me permets de renvoyer à ce que j'écrivais dans un billet de blog en mars 2008, lors du lancement de Mediapart : c'est à lire ici.

Je vous un trouve un peu sévère, car, il me semble, on peut faire des pièces universelles (et/ou intemporelles) à partir de l'actualité, car celle ci pose souvent des questions qui sont les mêmes depuis fort longtemps.

c'est à la MOUSSON d'ETE , auprès de michel Didym que les meilleures réponses sont à trouver !

dans toutes les lectures qui sont données chaque année, fin août, à Pont-à-mousson, on retient les indrédients brechtiens matinés de réalismes hyper-contemporains, pour aboutir à des oeuvres quasi-intemporelles !

... et si, Mr PLENEL, médiapart s'en faisait un peu l'écho, en allant peut-être mm subventionner (...un peu??) ce festival exceptionnel ....

Vaste débat que cette question esthétique sur la possibilité de concevoir des pièces universelles à partir de faits d'actualité. Et ce n'est sans doute pas le lieu, ici, de l'envisager: cela prendrait trop de temps. Mais je me navre un peu par frustration de constater qu'en cette époque, tous les arts se croient obligés d'être les reflets de fléaux, d'affaires contemporaines: cinéma, arts plastiques, théâtre, opéra... alors que nous n'avons jamais eu autant d'autres sources d'information (télévision, radio, internet, blogosphères...) pour réagir face à ceux-ci. Mon commentaire initial était surtout conçu dans l'intention d'éviter que les réactions à l'article d'Edwy PLENEL ne s'orientent que sur d'énièmes considérations purement politiques. Vinaver, il faut s'en souvenir, lors d'une campagne électorale s'est vu, de façon ahurissante et évidemment sans son accord, récupéré par exemple par le F.N qui, naïvement lisait et évoquait ses oeuvres théâtrales au sens premier: la méchante opposition entre le monde de l'entreprise contre les ouvriers.

Quant à être sévère, reconnaissez-le: n'avez-vous pas tendance, si vous voulez bien sonder loyalement votre conscience,pour vos propres engouements à l'être surtout à l'égard de ceux que vous appréciez et aimez particulièrement? Clin d'œil J'admire profondément Vinaver.

Cher Edwy Plenel, merci beaucoup de m'avoir indiqué ce lien vers votre article de 2008 qui, si on le lit avec attention, pourrait figurer en effet en bonne place parmi ceux qui présentent le mieux (et avec un style fort appréciable) le dramaturge VINAVER. J'ai en particulier apprécié la remarque de BARTHES à son sujet en le comparant à CHAPLIN ("univers sans procès"). La limite de mon commentaire initial est que je n'ai hélas pour l'instant pas lu Bettencourt Boulevard donc, je ne m'avancerai pas plus avant sur ce terrain. Je prenais juste le soin de jalonner les éventuelles réactions à votre article sur le plan de l'esthétique théâtrale, craignant de nouvelles considérations trop abusives sur le seul plan de l'affaire politique Bettencourt/Sarkozy. Et mon regret de constater que dans diverses disciplines artistiques, la croyance en laquelle chaque pièce, chaque tableau, chaque film, chaque performance se doit d'être absolument socio politique (le théâtre est, bien sûr, emminemment politique, je ne vous apprends rien) dispense désormais une majorité d'"oeuvres" un peu naïvement dénonciatrices (je me doute que Vinaver ne procède pas ainsi dans sa dernière pièce). Pour rendre le meilleur éloge qui soit à cette oeuvre fondamentale (et pas seulement dramatique comme vous le soulignez dans votre article de 2008), je crois qu'on pourrait aisément dire qu'il répond parfaitement à ce que Heiner MÜLLER (pas si en apparence féru de dialectique politique) énonçait comme, selon lui, exemplaire, à propos de littérature:

"Le texte doit être une mélodie qui circule librement dans l'espace. Chaque texte possède un rythme, certes seulement sous-jacent, mais assez sensible pour être (...) reçus par les corps. Les bons textes vivent de leur rythme et distillent leur message à travers ce rythme et non par la transmission de l'information" (in "Fautes d'impression", L'Arche Editeur, 1991, p.136).

J'ai eu la chance d'écouter VINAVER pendant 3 jours à la faveur de rencontres avec des lycéens, cette même année 2008, à Théâtre Ouvert, à raison de 2h par après midi. J'étais chargé, pour les Editions les Solitaires Intempestifs, de capter ces échanges et de les transposer à l'écrit pour le site Web de cellles-ci. Hélas, je crois bien que ces documents ont disparu. J'ai en effet perdu les traces de ces archives et il me semble que Les Solitaires Intempestifs ne les proposent plus non plus sur leur site. Dommage.

Mais j'aurai toujours un souvenir ému de voir avec quelle passion et avec quelle délicatesse, ces conversations entre jeunes étudiants et VINAVER se sont déroulées.

Merci en tout cas, vraiment, de m'avoir signalé votre article de 2008. Si, à l'avenir, on me demandait de constituer une documentation pertinente à propos de l'auteur des Coréens, je recommanderais évidemment celui-ci: vous en synthétisez toute la substance subtile et de façon sensible et réellement instruite (ceci exprimé sans voeu de flagornerie aucune mais au contraire sincère).

Cordialement.

"Le texte doit être une mélodie qui circule librement dans l'espace. Chaque texte possède un rythme, certes seulement sous-jacent, mais assez sensible pour être (...) reçus par les corps. Les bons textes vivent de leur rythme et distillent leur message à travers ce rythme et non par la transmission de l'information"

Bonne définition de la littérature.

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Oui, en effet; et hélas, on l'oublie désormais trop souvent: c'est d'ailleurs compliqué de maintenir ce cap, tant la manie du bavardage et du discours l'emporte. Mais PLENEL a eu raison de raviver la mémoire de VINAVER: car cet auteur, en effet, et qui n'a sans doute pas eu besoin de la citation de MÜLLER, obéit à cette juste définition. DURAS, aussi, autrement, a exprimé une telle nécessité: elle parlait de "musique". On dira ce qu'on voudra à propos de l'auteur de L'Amant et elle n'a pas proféré que des choses lumineuses, mais au moins, à propos de la littérature, elle connaissait son affaire. Sans rythme, sans musique, la littérature s'apparente à du bruit. VINAVER évidemment ne fait pas de bruit: il compose subtilement ses partitions et cet article de PLÉNEL le rappelle. C'est très rassurant de venir sur MEDIAPART pour y lire que des auteurs un peu injustement délaissés aujourd'hui, continuent à être bien considérés.

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Vous voulez rire: Bobonaparte est venu libérer La Rochelle, comme son illustre prédécesseur le fit avec Toulon.

Merci beaucoup, Mr Plenel pour votre réponse et la vidéo.

J'ai juste un petit regret. Nous avons voulu éviter de faire concurrence à la CGT et SOS Gaza qui faisaient beaucoup de bruit en faisant profil bas et en distribuant 1000 "4 pages" et autres sur le TAFTA, d'abord à la gare, puis dans la queue de l'entrée à l'université. Nous avons pu avoir des conversations avec de nombreux militants, souvent ignorant ce qui se passait à propos du garnd marché transatlantique. Mais, cette partie "off" n'a pas intéressé, ni les médias officiels, ni les journalistes de Médiapart. L'essentiel toutefois a été "d'atteindre" les militants.

Re-merci pour votre réponse.

beau programme Monsieur Plenel. 

et pas de réunion avec Monsieur Baylet ?

Ah, je n'avais pas vu cette explication de votre absence. J'ai donc toutes les réponses aux questions posées plus bas ! Je me disais "mais avec tout ce qui se passe - remaniement, brusqueries à l'égard de uflot, mise au rancard des promesses - je me disais donc "mais où est Edwy Plenel ? Vous voilà de retour ! Salut ! C'était quoi cette tentative de changer la une avec des photos immenses ? Pas notre journal préféré ! 

@ cot99, je ne suis jamais très loin mais, parfois, un peu occupé. Par ailleurs, Mediapart sait très bien vivre sans moi, et c'est une assurance pour l'avenir ;-). Les Unes dont vous parlez ont déjà été expérimentées par Mediapart : elles signalent une édition spéciale autour d'un événement que nous souhaitons marquer. Et la déchirure que fut, la semaine passée, la confirmation d'un tête à queue de la présidence Hollande, à rebours de ce qui lui a permis d'être élu, était, me semble-t-il, un événement qu'il fallait marquer.

Rigolant

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  • 02/09/2014 14:41
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La Justice n'ayant pas de preuves " formelles " a relâché le " voyou de la République " alias Sarkozy ,  sans l'innocenter.....Monsieur Vinaver , cette piece là aussi est à écrire....dont le titre pourrait-être :  " Innocent , à l'insu de son plein gré " .....

Ou Impasse de la Sarcozie pour la Bêtencours.

À quoi ça sert d'avoir invité cet homme politique chez Mediapart ? Démagogie totale et probité de sa parole politique inexistante.

Jeanne Moreau - J'ai la mémoire qui flanche © Phil Raph

@ chouette59, inviter n'est pas soutenir. Mais questionner, dévoiler, montrer. A Mediapart, au fond, nous sommes spinozistes : "Ni rire, ni pleurer, comprendre". Et je crois que le "Live" avec Manuel Valls, avant sa nomination comme premier ministre, fut éclairant sur le personnage politique qu'il compose.

D'accord, c'est clair, merci.

Ou il nous la fait a la BHL.......................

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Le Huffington Post m'a dégagé, dès l'arrivée d'Anne Sinclaire, tuant LePost.fr,  parce que je méttais le lien de la vidéo complète de l'émission sur laquelle Valls reclamait des blancos.

Maintenant le Huff la diffuse parce qu'elle est presque passée partout, que Valls est premier ministre, que Valoche est à la rue et qu'elle n'a pas trop bonché sur cette histoire, et que le HuffingtonPost.Rempant veut faire croire qu'il ne roule pas pour Valls (jusqu'au prochaines échéances).

Moi je mettais la version plus longue dans laquelle on voyait qu'il se faisait déminer par Valoche (ça ne me paraît pas annodin d'avoir couper la scène). J'incistais sur le fait que Valls avait bizzarement trois garde du corps autour de lui, alors qu'il n'en avait pas du tout besoin (sinon pour lacher une phrase raciste).

Cette vidéo que met le Huffingtonpost.Sinclaire (celle de l'article) édulcore beaucoup de choses connues sur Valls le communicant de traviol. Est-ce vraiement un journal rebel, ou fait-il seulement semblant de l'être dans les creus  électoraux ???? Allô Médiapart... non mais Allô quoi.

Tennez, voici un exemple que ne mettra jamais le Huff:
Manuel Valls est tellement fort en retournement de positions bizarres, qu'il peut même en faire un dans la même émission, en moins de 20 secondes.

Début à 6 minutes 53 s:

Dessins des Invités Valls Bruel [Fun] Ruquier 101211 Onpc © w0of! Fullhdready

Complot ... pas complot ??? Ce jours là, Audrey Pulvar a dût aussi être atteinte de complotite aigü, en déclarant plurtard, sur D8, que "Tout le monde sait qu'il y a eu complot" au sujet de DSK.....  Ils sont Cheulous les types de la télé ???

Il y était arrivé bien sécurisé par un des gardes du coprs 2009 (l'histoire "des Blancos"), en gare de La Rochelle (deuxième vidéo)
Vous me croirez si vous voulez,  j'avais persqu'eu la premonition qu'après son délire au MEDEF, fait just'avant ce congrès,  il ferait la connerie de ramener le même garde du Corps que sa virée raciste de 2009. Et Valls m'a exaussé.

Il a bien enfûmer la gauche, mais pas sûre qu'il puisse refaire l'acte 2 scène 3 à la prochaine fiesta dite Socialiste. Il est passé à deux doigt du goudron et des plumes... l'année prochaine, je suohaite fort qu'il n'y échape pas.

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  • 02/09/2014 14:44
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il faut espérer que l'auteur réservera  une place pour le beaufils qui était très proche des SS de la Propagandastaffel, pour le père qui entretenait financièrement durant des années ce qui allait servir de président providentiel de la gauche , quant au dernier qui venait comme tous les autres, de tous bords, chercher ses enveloppes, il ne présente que peu d'intéret. Par contre le proche de l'icône déportée et emblématique, il a mené  une belle carrière au service de la firme, efficace et sans état d'âme pour ses racines : la France est une grande nation avec une élite exemplaire....

En effet, je ne vois rien dans l'article sur l'amitié solide et durable - depuis les années 1930 jusqu'à la fin - entre Mitterrand et André Bettencourt, son riche camarade. Amitié naissant lorsque le futur leader de la "gauche" penchait surtout à droite, bien à droite. Cela n'a pas pu échapper à Vinaver  ... Mitterrand est venu de la droite vers la gauche et le PS en 2014 fait l'inverse, ah l'histoire de France !   

@ Didier Levreau et Jean Comina, mon article prend soin de ne pas dévoiler le contenu de la pièce de Michel Vinaver afin de donner envie d'aller le découvrir. Aussi dois-je vous rassurer : le trio André Bettencourt, François Dalle et François Mitterrand est présent à la scène seize de Bettencourt Boulevard, avec un rappel de leur escapade commune de 1939. Et la collaboration d'André Bettencourt à La Terre Française sous l'Occupation n'est pas oubliée.

 :/ et Chirac de la gauche vers la droite pendant que vous y êtes.

Comme antidote un conseil : relire TOUT ZOLA

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  • 02/09/2014 15:34
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Des entretiens intéressants sur France Culture

http://www.franceculture.fr/personne-michel-vinaver.html

 

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  • 02/09/2014 18:29
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Ah, nous voilà rassurés ! Edwy Plenel est de retour ! Alors ? Bonnes vacances ? 

@ cot99, aucune raison de vous inquiéter, la maison est toujours bien tenue, même quand je n'y suis pas ;-).

Vinaver ou la Grande histoire dans la petite vie. A laquelle participe Mediapart. Au centre, à l'origine et à la fin. C'est assez fort. Ce qui est très beau dans cette "histoire", de Bettencourt à Vinaver, c'est que c'est Mediapart qui l'écrit. J'explique un peu la chaîne telle que je la lis. Triplement.


1. Lecture une, la plus simple : Mediapart est le médium ou le médiateur. Entre la réalité historique (les faits, la vie) et l'art qui la transcende ( la pièce de Vinaver). Il a fait être une vérité qui a été la condition de l'art. Cette lecture est conventionnelle, assez pauvre pour tout dire. Il y en a une autre.

2. Dans cette seconde lecture c'est Mediapart qui construit la réalité de l'affaire. Celle-ci n'existe pas sans l'enquête ni la narration qui la prend en charge. Mediapart ne passe plus la réalité au photocopieur journalistique (mimésis) mais la produit comme présentation seconde. Un travail qui entretient des rapports avec l'art et qui élève le journaliste au statut de "raconteur", au sens de Benjamin. Pour faire une analogie avec l'historien, je ferais référence au livre de Paul Veyne Comment on écrit l'histoire. Dans mes souvenirs assez lointains il me semble qu'il développait la thèse selon laquelle le travail de l'historien s'apparente davantage à celui d'un romancier que d'un scientifique. L'histoire est avant tout langage, discours.

3. Une troisième lecture fait voler en éclat les deux précédentes. C'est celle à laquelle Vinaver nous invite. La petite vie est en elle-même une épopée. Il suffit d'ouvrir les yeux. Le quotidien, c'est la grande Histoire comme l'avait bien vu Vitez, mais pas au sens où la banalité et le quotidien font signe vers la Grand histoire, qui n'est qu'une abstraction, mais au sens où la grande histoire ne se constitue que dans la petite vie. Significativement Vinaver ne met pas de majuscule à "une histoire de France". Les mythes sont dans nos vies minuscules.

Mais l'histoire n'est pas finie. Edwy Plenel de Mediapart se met à écrire sur la pièce de Vinaver! Et là, il se passe quelque chose. Parlant des personnages de la pièce qui sont tous "réels", il souligne "l’exception d’un chroniqueur anonyme, ce récitant qui pourrait être aussi bien un journaliste de Mediapart".

Epilogue : nous attendons toutes et tous avec impatience la mise en scène de la pièce. Et dans cette mise en scène, qui donc jouera le rôle du "récitant"?

J'ai été étonnée d'entendre parler de cette pièce sur une radio publique. Cette pièce ne viendra pas jusque dans ma province mais je pense que l'on peut acheter le livre.

Monsieur Vivaner est l'exception qui confirme la règle, ces dernières années il est vrai que la cause ouvrière et les gens de milieu modeste  n'interessent que peu de monde dans le milieu artistique ou intellectuel. La classe prolétarienne a disparu du paysage politique, médiatique, artistique  (sauf  quelques cas en dehors des sentiers battus) Il faut vendre (que deviendrait la finance sans une consommation débridée?)  alors on adapte les sujets en fonction de cette "vente", c'est bien connu ce qui est peut-être moins le cas pour oeuvres de monsieur Vivaner.

je ne suis pas aussi catégorique que vous quant à l'évolution des création théâtrales depuis une bonnne dizaine d'année : bien sûr il y a une montée du "divertissement" et de la reprise de classiques ( re-création disent-ils pour toucher des droits à la mise en scène!); mais il y a aussi des tentatives de plus en plus nombreuses de mettre en scène la réalité contemporaine ( montée des guerres, décorticage de l'horreur économique et sociale où les 10 % qui possèdent le monde pillent les 90 % et les rendent de plus en plus pauvres.....) ; comme toute tentative, il y en a de loupées, mais il y a de belles réussites; evidemment, elles ne sont pas ou si peu médiatisées....

La gauche prolétarienne. Non pas la classe prolétarienne certes disloquée politiquement depuis 2002 est au contraire, elle, très présente. Et à tel point qu'elle décidera elle aussi et surtout de 2017.

Si cette pièce est jouée quelque part ce serait bien que Médiapart l'annonce.

@Labellebleue Elle devrait l'être, en 2015, au TNP de Villeurbanne par Christain Schiaretti. Par ailleurs, je donnerai une conférence dans ce même TNP pour les dix ans de son université populaire le lundi 6 octobre à 18 h 30 (les précisions ici).

J'ai la chance de vivre à Villeurbanne et d'être sans grand mérite un fidèle abonné du TNP; où je peux voir un théatre politique. Le théatre est politique, et la politique est intemporelle. L'Homme n'est-il pas "zoïon politikon" ? Politique et pas didactique, puisque Schiareti, le directeur du TNP évite le piège d'un théatre démonstratif. Sa mise en scène de Coriolan, pièce éminemment politique de Shakespeare en témoigne, mais aussi Une saison au Congo.

Pour revenir à Vinaver, Schiaretti a monté en 2008 Par dessus bord, la pièce polyphonique sur le monde de l'entreprise, où  Vinaver montre la prise de pouvoir du marketing dans le monde industriel, anticipant le règne de l'image, le triomphe de la communication, la mise à distance de la réalité.

Vinaver nous fait réfléchir. Ainsi, quand on lui demanda lors d'une entrevue ce qu'il pensait de la crise et des solutions qu'il y verrait, il répondit, si je me souviens bien,  qu'il voyait la crise économique comme un paysage, et qu'un paysage n'avait pas de solution. Oui, Vinaver nous fait réfléchir, politiquement et poétiquement.

Entièrement d'accord avec vous. Mes remarques au-dessus de votre propre commentaire judicieux, abondaient dans le même sens . La seule réserve que je me risquais d'émettre concernait le fait que, depuis quelque temps, les pièces de Vinaver sont présentées comme des autopsies de faits politiques identifiables "11 septembre 2001", "Bettencourt-Boulevard", tandis que "Par dessus-bord" et d'autres pièces ne contenaient pas, dès leur titre, l'annonce d'une analyse (voire d'un divertissement, car "l'Emission de télévision", par exemple,  divertit paradoxalement tout en raillant les travers de celle-ci, la cible préemptée. Evolution des moeurs ou coups marketing de la part de l'Editeur et des théâtres (donc, des medias)? C'est curieux, car le dramaturge Rodrigo GARCIA, aux titres largement plus provocateurs et semblant draguer le marketing pur-jus (Ikéa, Disney-Land...) raconte tout autre chose, lui, que les méthodes managériales de ces enseignes: simples prétextes à railler et leurrer les spectateurs. Comme quoi, même au théâtre, le marketing, pourtant peu goûté, tente, aussi, de percer. Tout dépend, donc, comment, les uns et les autres s'en servent.

Pour en finir avec ce commentaire, imaginons que VINAVER et GARCIA aient tous deux envie de composer une pièce sur une des récentes dérives politiques et démocratiques (le bouquin de qui vous savez qui agite tant les medias); si le premier intitulait sa pièce "La première dame" ou "Qui a peur de la Première Dame", tandis que GARCIA titrerait la sienne "J'ai livré des croissants frais chez Valérie TRIERWEILER" , il n'est pas certain que les deux oeuvres aient à voir l'une avec l'autre sur le plan du style, comme c'est le cas aujourd'hui entre les 2 dramaturges, mais l'on pourrait parier aisément que la seconde aurait, à priori, l'habileté de dévier son sujet crânement affiché (par moquerie du marketing) en évoquant bien d'autres choses, tandis que la première (masquant, par le titre, le contenu politique) arriverait habilement à faire comprendre aux publics, que c'est bien de cette dérive démocratique qu'il s'agirait. Mon exemple, ici un peu improvisé (puisque l'actualité me donne la triste occasion de le proposer) validerait cependant l'idée que les dramaturges, les éditeurs, les metteurs en scène, sachent manier autrement que par le marketing au "premier degré" la conscience et l'intelligence du spectateur. Car je ne suis pas sûr que le texte de Vinaver, à propos de Liliane Bettencourt, se soucie majoritairement de l'"histoire" telle que l'ont, à l'envi, commentée les médias (dont leur métier est tout autre).

Michel Vinaver transcende l’affaire Bettencourt Clin d'œil.

A bientôt.

Amitié.

« Pièce en trente morceaux », selon les mots de son auteur, Bettencourt Boulevard s’ouvre, dans la première de ces trente scènes, sur la confrontation de deux voix venues d’outre-tombe, celles de deux des arrière-grands-pères, maternel et paternel, des petits-fils de Liliane Bettencourt, Jean-Victor et Nicolas Meyers. Voix d’Eugène Schueller, le père de Liliane, chimiste fondateur de L’Oréal, financier de l’extrême droite avant-guerre, rêvant d’une nouvelle Europe débarrassée du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie. Voix du rabbin Robert Meyers, grand-père de l’époux de sa fille unique, Françoise, arrêté sous le régime de Philippe Pétain avec sa femme Suzanne, tous deux déportés dans le convoi du 12 février 1943 et gazés à Auschwitz.

Cette partie du billet d'Edwy Plenel est de loin la plus intéressante car elle semble aller dans le sens auquel ce billet du Canard Enchaîné : .

J'irais donc voir cette pièce avec l'espoir qu'elle sera  le début de la clôture des biens tristes jours que nous vivons, depuis le 3 Juillet 2013 sur Mediapart, depuis l'infection provoqué par le "déconseiller" et une censure abjecte allant jusqu'à toucher les boîtes personnelles Medipart Bouche cousue.

A bientôt.

Amitié.

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

Pour info: lundi 13 octobre à 19h30 l’auteur Michel Vinaver lira  sa dernière pièce « Bettencourt Boulevard ou une histoire de France », au Conservatoire National d'Art Dramatique, rue du Conservatoire 75009 Paris. Entrée libre et gratuite.

Peut-on s'attendre à l'interprétation de cette "partition"

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A bientôt.

Amitié.

 

                              NOUS TE SOUTENONS VERONIQUE 

À l'attention : de Monsieur Manuel VALLS, Premier Ministre, engageant la responsabilité politique de son gouvernementMonsieur le Premier Ministre,

Le 1er septembre 20014, vous avez fait radier des cadres de la police nationale par votre ministre de l'intérieur une syndicaliste qui défendait les agents victimes de discrimination raciale, sexuelle, médicale (personnes handicapées), ou sociale (femmes veuves, divorcées), ainsi que les plus petits grades dans la police nationale.

La raison de cette radiation des cadres ?

La trop grande liberté d'expression syndicale de cette représentante du personnel qui, confrontée à la force d'inertie considérable de son administration, avait ouvert un blog sur MEDIAPART pour dénoncer ce qui se passait, loin de Paris, à Perpignan, ville du Sud dont les services de police sont gérés par des chefs de service qui se connaissent tous, des Alpes-Maritimes jusqu'au Pyrénées-Orientales, en passant par les Bouches-du-Rhône.

Vous protégez par votre décision de la faire licencier un chef de service dont le racisme a été prouvé par un rapport publié au JO de l'ex-CNDS, ex-autorité indépendante de la Commission Nationale de la Déontologie pour la Sécurité, et des alertes lancées par des associations de défense des droits des étrangers.

Vous comprendrez cette attitude à l’égard de cette personne est inacceptable.

Pour avoir osé dire la vérité sur la police nationale, elle est aujourd’hui accusée de porter atteinte à la réputation de cette profession, coupable d’avoir défendu des agents discriminés par un chef travaillant encore dans la police nationale.

Vous acceptez de protéger par votre "silence" et la manifestation d'une volonté de me faire taire, ce chef de service.

Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Premier Ministre, de vous expliquer sur cette affaire, la radiation des cadres de la police nationale équivalant à une suppression de la liberté d'expression syndicale (droit constitutionnel). Ce licenciement ne peut être maintenu.

Vous devez lutter contre ces chefs qui se permettent de "casser" du petit personnel, des sans-grades, des veuves de policiers, des agents handicapés ou des policiers "différents".

Ces propos ont été prouvés par des enquêtes et audits, diligentés en interne et que cette administration a refusé de communiquer lors du conseil de discipline.

Malgré le refus des représentants du personnel, de se prononcer sur une sanction lors de ce conseil de discipline du 4 juin 2014, s'agissant d'un dossier politique sur une décision portant gravement atteinte à la liberté d'expression syndicale, votre ministre de l'intérieur a considéré que cette absence totale de proposition de sanction lui permettait de faire radier cette personne des cadres de la police nationale.

Quelle hypocrisie de cette posture médiatique, qui est aussi une imposture politique au vu de ce qui se passe aujourd'hui dans les services de la police nationale.

Nous souhaitons connaître publiquement la suite, Monsieur le Premier Ministre, que vous voudrez bien donner à notre courrier du 16 septembre 2014, qui vous a été envoyé par LRAR.

Le silence tue. La vérité sauve.
SUD INTÉRIEUR 66

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Michel Vinaver transcende l’affaire Bettencourt

Pour transcender ce messsage : http://blogs.mediapart.fr/edition/lanceur-dalerte-sos-liberte-dexpression-en-france/article/060414/2-paroles-de-lanceurs-dalerte-police-veronique-hur

http://blogs.mediapart.fr/blog/veronique-hurtado/011014/quand-la-police-nationale-bulle-cree-une-commission-theodule-pour-enterrer-laffaire-com-merah

http://blogs.mediapart.fr/blog/veronique-hurtado/240914/paf-la-police-aux-fous-de-marseille-et-les-contours-flous-des-frontieres-francaises

A bientôt.

Amitié.

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