A Montreuil, les Roms cherchent un toit

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A Montreuil, en Seine-Saint-Denis, une demi-douzaine de familles de Roms ont trouvé refuge depuis une dizaine de jours dans une maison en ruine. Le 16 novembre, elles ont été expulsées du terrain qu'elles occupaient. Si durant la campagne municipale de 2007, Dominique Voynet s'était engagée à trouver une solution pérenne pour la communauté rom de la ville, aujourd'hui, la mairie estime qu'il faut réfléchir «à l'échelle européenne et régionale».

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Sous l'armature métallique d'une usine désaffectée depuis longtemps, avaient poussé depuis quatre mois des dizaines de cabanes. Ce petit bidonville, en plein cœur du quartier aisé du bas-Montreuil, était devenu au fil des mois une gare de transit pour de nombreuses personnes. Il y avait là quelques Portugais, une demi-douzaine d'Afghans et une cinquantaine de Roms. Quelques jours avant le début du salon du livre de la jeunesse, l'événement phare de la ville, ils ont été expulsés du terrain, et les cabanes détruites.
Pour les Roms, partir de Montreuil n'a jamais été une solution envisagée. «Ce sera pareil ailleurs. Personne ne veut de nous», se lamente un père de famille. «On reste ici parce que les enfants sont exténués, ils n'en peuvent plus, les femmes c'est pareil.» Lui est venu de Roumanie avec sa femme, sa mère et ses quatre enfants. Il ne demande pas que l'État les aide, mais seulement qu'on les laisse s'installer quelque part. Ses enfants sont tous scolarisés dans des écoles montreuilloises même si depuis leur expulsion ils ne vont plus trop à l'école.
Depuis le 16 novembre, les familles ont été délogées sept fois des terrains qu'elles tentaient d'occuper, soit par la police, soit par des vigiles privés. Les familles se sont alors retrouvées piégées dans les rues du bas-Montreuil pendant trois semaines, repoussées de toutes parts.

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