Tarnac: «La détention de Julien Coupat est discriminatoire»

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L’avocate de Julien Coupat, Me Irène Terrel, doit bientôt présenter la quatrième demande de remise en liberté de celui que la justice soupçonne d'être le «chef d’une association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste». Pour Mediapart, Me Terrel démonte un dossier qu’elle estime vide. Elle assure que «la détention de Julien Coupat est discriminatoire» et dénonce ce qu’elle appelle le «théorème de Tarnac». Le point, également, sur les dernières expertises.

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Depuis le 15 novembre, Julien Coupat, 34 ans, est placé en détention provisoire. La justice le soupçonne d’être le «chef d’une association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste». Devant le juge Fragnoli, il conteste les faits qui lui sont reprochés et le rôle de leader que la police lui attribue. Pendant une dizaine d’heures, selon nos informations, Julien Coupat est revenu longuement sur la fameuse nuit du 8 novembre 2008, où plusieurs TGV ont été bloqués par des actes de sabotage. Son avocate, Me Irène Terrel, une habituée des affaires militantes (sans papiers, manifestations, etc.), ne décolère pas. Pour elle, la procédure est avant tout «politique», plus politisée même que ce qu’elle a l’habitude de plaider. Dans les colonnes de Mediapart, elle dénonce ce qu’elle appelle le «théorème de Tarnac». Et démonte un dossier qu’elle estime vide, notamment depuis le retour «très récent» des expertises sur les fers à béton utilisés pour stopper le trafic des trains. Expertises qui ne révèlent aucune empreinte digitale, ni ADN des accusés. Vendredi 6 mars, elle interviendra devant la Chambre de l'instruction de la cour d'appel pour demander la remise en liberté de son client. Tandis que plusieurs mis en examen, tous relâchés, eux, devraient demander un allégement de leur contrôle judicaire. Certains, comme Benjamin Rosoux, sont assignés à plus de 600 kilomètres de leur domicile.
Vous allez présenter, vendredi 6 mars, la quatrième demande de remise en liberté de Julien Coupat. Or, un mois après sa mise en détention, un juge des libertés et de la détention (JLD) avait déjà estimé qu’il aurait dû être libéré…
Le 19 décembre, un premier juge des libertés et de la détention avait en effet décidé de la liberté de Julien Coupat. Mais le parquet s’y est opposé. Et, depuis, ce juge-là a disparu de la procédure. Curieusement. Il ne siège plus jamais.
Vous dites «curieusement»; des magistrats parlent, eux, de «hasard»…
Alors, le hasard fait bien les choses. Enfin, du point de vue du Parquet, disons. Je n’ai pas d'information sur ce point, mais on peut s’interroger. Surtout que ce dossier connaît un nombre étonnant de JLD. Ma première demande, en décembre 2008, est acceptée. La deuxième, en janvier, est refusée par un deuxième JLD, alors qu’aucun élément ne le justifie. Et puis, la troisième fois, en février, nouveau refus, par un troisième JLD encore. Alors même que le dossier s’amenuise.