Le gouvernement va "prendre le temps" sur la loi bioéthique

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Le gouvernement veut "prendre le temps" sur la loi bioéthique, incluant une possible extension de la procréation médicalement assistée (PMA), dont l'examen sera repoussé à 2020 si nécessaire, a déclaré lundi le ministre des Relations avec le Parlement.
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(Reuters) - Le gouvernement veut "prendre le temps" sur la loi bioéthique, incluant une possible extension de la procréation médicalement assistée (PMA), dont l'examen sera repoussé à 2020 si nécessaire, a déclaré lundi le ministre des Relations avec le Parlement.

"Le Premier ministre et le président de la République ont fait le choix de donner le temps au débat, c'est un engagement présidentiel, il sera donc tenu, personne ne peut avoir de doute là-dessus", a déclaré Marc Fesneau sur LCI.

"On est plutôt sur un calendrier de fin d'année 2019, deuxième semestre 2019, si ça déborde, ça déborde, mais l'horizon est bien le vote d'un texte sur la PMA dans l'horizon que je viens de vous donner", a-t-il ajouté.

Pendant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis d'étendre à toutes les femmes la PMA, aujourd'hui réservée aux couples hétérosexuels infertiles.

Le processus de révision de la loi bioéthique a été lancé dès le début du quinquennat avec la tenue d'Etats généraux et la publication de plusieurs rapports émanant notamment du Conseil d'Etat, du Comité consultatif national d'éthique et du Parlement.

"On a besoin sur ces sujets-là de pouvoir nourrir la réflexion des citoyens, des élus, dans un champ qui soit dépassionné. Sur ces sujets-là, on a trop oeuvré dans la passion avec un camp contre un autre et je pense qu'on a besoin de se faire une opinion commune", a dit Marc Fesneau.

Au ministère de la Santé, on rappelle que l'extension de la PMA n'est qu'un élément d'une réflexion sur la bioéthique beaucoup plus large, incluant la question des tests sur les embryons, la création d'embryons transgéniques et l'utilisation de cellules souches embryonnaires humaines.

"Veut-on créer une société sans enfants malades ? Où mettre le curseur, où est la limite du faisable, de l'acceptable ? Ce sont des questions majeures auxquelles on ne peut répondre sans avoir fait le tour de toutes les conséquences et de leurs ramifications", souligne l'entourage de la ministre, Agnès Buzyn.

Cette même source dit n'avoir "aucun doute" quant à la mise en oeuvre de l'extension de la PMA "avant la fin du quinquennat", malgré les réticences exprimées par une partie de l'opinion sur ce sujet sensible, qui réveille le débat qui avait entouré l'ouverture du mariage aux couples homosexuels.

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