Lycée pro : « On leur demande d'aller en haut de l'échelle, mais on a retiré les barreaux »

Trois ans après l'entrée en vigueur de la réforme du lycée pro, un prof de Villefontaine, dans l'académie de Grenoble, raconte comment celle-ci a, contrairement aux objectifs affichés, favorisé le décrochage scolaire dans une filière où sont scolarisés un tiers des élèves après la troisième.

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Il y a trois ans, le lycée professionnel faisait peau neuve en alignant son cursus sur la voie générale. Pour revaloriser une filière souvent assimilée à une voie de garage – mais où sont tout de même scolarisés 700 000 élèves –, la voie professionnelle conduit désormais à un bac en trois ans au lieu de quatre et les BEP, mal reconnus par le monde professionnel, ont été pratiquement supprimés. Laurent Garino, prof de vente dans un lycée professionnel près de Grenoble, la cinquantaine, assure avoir attendu longtemps la réforme… « Il fallait une réforme ! Avec un BEP vous n'allez pas très loin sur le marché du travail. Au départ, j’ai pensé que cela pouvait tirer les élèves vers le haut. » L'idée de revaloriser l'enseignement des langues, comme dans la filière générale, lui paraît judicieuse. Le problème, selon lui, « c’est qu’il y a eu beaucoup d'affichage mais qu'on n’a pas mis les moyens derrière ». « Vous modérerez mes propos ? Parfois je m'emporte, s'excuse-t-il, mais j'ai beaucoup de colère ! »

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