Mediapart devant le tribunal ou la liberté d'informer en procès

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L'appel des 77 en soutien à Mediapart

 

Journalistes, nous ne nous sommes jamais prétendus au-dessus des lois. Notre liberté implique la responsabilité, et n'importe quel particulier est en droit de nous en demander compte devant la justice s'il pense que nous l'avons diffamé injustement. Nous pourrions donc accepter cette offensive sans précédent – onze procédures – contre un média aussi jeune – un an à peine – comme la vie courante de notre métier. Sauf qu'à l'évidence, pour tout citoyen qui veut bien considérer les faits eux-mêmes et le contexte politique qui les entoure, il s'agit là de bien autre chose.

 

Inspiré par l'Elysée, ce rouleau compresseur judiciaire vise à affaiblir un journal indépendant et, à travers lui, à impressionner toute la profession. Ces procès, leurs procédures, leurs incertitudes et leurs lenteurs, sont d'abord un risque financier pour Mediapart, petite entreprise indépendante qui, chacun le sait, est encore fragile. Leur coût, car la justice n'est pas gratuite, est au bas mot de plusieurs dizaines de milliers d'euros. C'est pourquoi nous faisons appel à tous les citoyens de bonne volonté pour nous aider à faire face aux frais de justice (les précisions sont ci-dessous dans la boîte noire).

 

C'est cet enjeu qu'ont compris soixante-dix-sept personnalités, aussi bien politiques qu'intellectuelles, rejointes par des représentants de notre profession, qui lancent aujourd'hui un appel de soutien à Mediapart (lire le texte complet de l'appel sous l'onglet « Prolonger » avec les premières signatures). Leur diversité partisane montre bien qu'il s'agit ici d'une question de principe, touchant aux libertés fondamentales : de Martine Aubry à François Bayrou, de Ségolène Royal à Olivier Besancenot, de François Hollande à Daniel Cohn-Bendit, de Laurent Fabius à Christiane Taubira, de José Bové à Olivier Dartigolles, de Cécile Duflot à Corinne Lepage, d'Alain Krivine à Marielle de Sarnez, de Christophe Girard à Eva Joly, de Benoît Hamon à Denis Baupin, etc. En déplacement à l'étranger, l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, nous a transmis la déclaration suivante : « Je soutiens Mediapart dans son travail d'alerte et d'information, et m'élève contre toute procédure qui pourrait limiter ce devoir d'information, nécessaire à toute démocratie. »

 

Pour lire cet appel, la liste des premiers signataires et soutenir Mediapart, cliquez ici

 

Preuve que la question de la liberté de l'information est aujourd'hui une question centrale, occasion d'un rassemblement utile et d'une unité nécessaire, cette diversité de sensibilités se retrouve parmi les intellectuels signataires de cet appel : de Pierre Rosanvallon à Régis Debray, de Luc Boltanski à Edouard Glissant, d'André Burguière à François Dubet, de Tzvetan Todorov à Daniel Bensaïd, d'Annie Ernaux à Michel Broué, de Christian Baudelot à Roger Chartier, de Jacques Bouveresse à Julia Kristeva, de Pap Ndiaye à François Maspero, d'Arlette Farge à Jean-Marc Roberts, d'Angélique Ionatos à Anouk Grinberg, de François Gèze à Patrick Fridenson, de Pierre-Michel Menger à Bernard Lahire, etc.

 

On l'aura compris : l'enjeu de cet appel dépasse le cas particulier de Mediapart et ces procès faits à Mediapart relèvent d'une cause plus générale, celle de la liberté de l'information, sous ce pouvoir-là et dans ce pays-ci. C'est ce dont témoignent, avec celle de Reporters sans frontières, les signatures de confrères venus de France Inter ou de Marianne, du Figaro ou de Rue89, de Politis ou de BFM, de Libération ou du Nouvel Observateur, d'Europe 1, des Inrockuptibles ou de La Vie. Et, de même, les soutiens du Syndicat de la magistrature et de l'Union syndicale solidaire-SUD.

 

Nous avons déjà informé, l'automne dernier, nos lecteurs du détail des dix plaintes des Caisses d'épargne, aujourd'hui maintenues par leur nouvelle direction alors même que la crise de cet établissement nous a donné raison. La plainte qui s'est ajoutée, sous la forme d'une citation directe de François Pérol, mérite d'être replacée dans son contexte tant cet acharnement judiciaire en devient d'autant plus surprenant. Et, à tout le moins, peu conforme au souhait en forme de constat récemment émis par l'intéressé, dans un entretien au Figaro : « Le temps des polémiques est derrière nous. »

 

Car, dans cette histoire où nous ne faisons que notre légitime travail, nous n'avons rien contre la personne particulière de M. Pérol: nous mettons en évidence, et donc en cause, des décisions, prises au sommet de l'Etat, qui ont violé les règles de droit et témoigné d'indiscutables mélanges d'intérêts. Résumé page suivante d'une cascade de révélations aussi pertinentes que documentées.

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Vous retrouverez sous l'onglet «Prolonger» l'appel des 77 en soutien à Mediapart, le texte complet et la liste des premiers signataires. Il est ouvert à signature en ligne dans notre Club, ici.

 

L'affaire des Caisses d'épargne est un long feuilleton sur Mediapart dont vous retrouverez tous les épisodes précédents, en plus de ceux signalés tout au long de cet article, sous l'onglet «Prolonger» d'un de nos précédents articles (cliquez sur ce lien). Nous vous recommandons notamment:

Crise: Mediapart mis en examen pour avoir donné l'alerte

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Caisses d'épargne: Sarkozy offre un parachute exotique à Milhaud.

 

Si, dans cette épreuve, vous souhaitez soutenir financièrement Mediapart, nous avons ouvert un compte bancaire dédié (« SEDM Soutien à Mediapart ») sur lequel vous pouvez nous adresser votre contribution :
– par chèque à l'ordre de « SEDM Soutien à Mediapart », à adresser à Mediapart, 8, passage Brulon, 75012 Paris;
– par virement sur le compte « SEDM Soutien à Mediapart », Code banque 30488, Code guichet 00073, Numéro de compte 00027058838, clé 88, domiciliation Banque Fortis, 80, avenue Marceau, 75008 Paris.