Affaire Karachi : l'ex-trésorier d'Edouard Balladur mis en examen

Par

René Galy-Dejean a été mis en examen pour « complicité de détournement de fonds publics » dans le cadre de l'enquête sur le financement occulte de la campagne pour l'élection présidentielle de 1995.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Les juges en charge de l’enquête sur le volet financier de l’affaire de Karachi, dans lequel est suspecté un financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur de 1995, ont mis en examen, jeudi 3 octobre, le trésorier de l’ex-candidat, René Galy-Dejean, pour « complicité de détournement de fonds publics ».

Les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire s’interrogent notamment sur le versement de 10 millions de francs en liquide sur le compte de campagne d’Edouard Balladur le 26 avril, trois jours après le premier tour de l’élection présidentielle. Or, durant l’instruction, René Galy Dejean a affirmé aux juges qu’une partie de cette somme provenait des fonds secrets de Matignon, de l’argent en liquide que les services du premier ministre pouvaient distribuer sans justification.

Outre ces fonds spéciaux, les juges suspectent une deuxième source de financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur, via des commissions sur des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan.

Le mois dernier, Pierre Mongin, ex-directeur de cabinet d’Edouard Balladur et actuel PDG de la RATP, et Nicolas Bazire, ancien directeur de campagne, avaient déjà été mis en examen dans cette affaire. René Galy-Dejean a notamment affirmé au juge que Pierre Mongin lui avait remis 3 millions d’euros. « Arrivé dans son bureau », avait déclaré l’ex-député-maire du XVe arrondissement de Paris, « il me montre plusieurs boîtes en carton et me dit : "Voilà 3 millions en petites coupures." C'est cette somme que j'ai apportée à la cellule trésorerie. » Le PDG de la RATP a de son côté démenti « vigoureusement » avoir « jamais remis cet argent à M. Galy-Dejean », et annoncé le dépôt d'une plainte pour « dénonciation calomnieuse ».

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale