Londres accuse la Russie de plusieurs cyberattaques mondiales

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La Grande-Bretagne accuse les services du renseignement militaire russe (GRU) d'avoir mené une série de cyberattaques visant à semer la discorde dans le monde en déstabilisant les démocraties occidentales.
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LONDRES (Reuters) - La Grande-Bretagne accuse les services du renseignement militaire russe (GRU) d'avoir mené une série de cyberattaques visant à semer la discorde dans le monde en déstabilisant les démocraties occidentales.

Ces attaques ont touché un large éventail d'événements et secteurs, allant d'instances sportives à l'élection présidentielle américaine de 2016, écrit le gouvernement britannique dans un rapport basé sur les travaux de son Centre national de sécurité informatique (NCSC) et rendu public jeudi.

Le ministère russe des Affaires étrangères a rejeté ces accusations et dénoncé une "campagne de désinformation" visant à nuire à la Russie, rapporte l'agence Tass.

Maria Zakharova, porte-parole du ministère, a ironisé sur la "riche imagination" des Britanniques et a dénoncé un "cocktail (d'accusations) au parfum diabolique".

Les Pays-Bas ont affirmé pour leur part avoir déjoué en avril dernier une tentative russe de pirater le site de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Lors d'une conférence de presse à La Haye, le ministre néerlandais de la Défense, Ank Bijleveld, a demandé à Moscou de mettre fin à de telles activités qui visent selon lui à "saper" les démocraties occidentales.

L'ambassadeur de Russie aux Pays-Bas a été convoqué au ministère des Affaires étrangères.

Selon le chef des services de renseignement militaires néerlandais, le général Onno Eichelsheim, quatre Russes arrivés aux Pays-Bas le 10 avril ont été arrêtés dans un hôtel proche du siège de l'OIAC en possession de matériel d'espionnage.

L'OIAC enquêtait alors sur la nature de la substance utilisée le mois précédent pour empoisonner l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia à Salisbury, en Angleterre.

Les quatre Russes ont été ensuite expulsés vers la Russie. Ils avaient prévu de se rendre dans un laboratoire de Spiez, en Suisse, où l'OIAC analyse des échantillons d'armes chimiques, a ajouté le général Eichelsheim.

LE RÔLE DU GRU

"Les actions du GRU sont irresponsables et systématiques: ils essaient de nuire et d'interférer dans les élections d'autres pays", a affirmé quant à lui à Londres le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt.

"Notre message est clair: avec nos alliés, nous exposerons les tentatives du GRU de nuire à la stabilité internationale et nous y répondrons", a-t-il ajouté, précisant que Londres attribuait la responsabilité de ces attaques au gouvernement russe.

En avril dernier, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont mis en garde contre une cyberattaque à l'échelle mondiale lancée en 2015 qu'ils ont imputée à des pirates informatiques soutenus par la Russie.

Moins connu que le KGB, le GRU a joué un rôle majeur dans plusieurs conflits, notamment lors de l'annexion de la Crimée en 2014.

L'agence a été accusée par la Première ministre britannique Theresa May d'avoir mené la tentative d'assassinat contre Sergueï Skripal.

Disposant d'agents à travers le monde, le GRU rend compte directement au ministère russe de la Défense.

Aucune communication n'est effectuée sur les actions du service, dont la structure, les effectifs et le financement sont tenus secrets.

Selon le gouvernement britannique, le GRU est associé à plusieurs groupes de pirates informatiques, parmi lesquels APT 28, Fancy Bears, Sofacy, Pawnstorm et Sednit.

"Ce type de comportement démontre leur volonté de bafouer le droit international et les normes établies, et ils le font avec un sentiment d'impunité", a dit Jeremy Hunt.

En 2016 et cette année, les Etats-Unis ont sanctionné plusieurs officiers du GRU, dont son responsable Igor Korobov, pour des tentatives de cyberattaques et avoir cherché à s'ingérer dans l'élection présidentielle de 2016.

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