Souffrance au travail: les entreprises publiques sont-elles «exemplaires»?

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"Le surmenage, quand rien ne va plus" C'est un documentaire à voir sur arte.tv en avant-première, documentaire allemand d'Ingolf Gritschneder sur le "burn-out", qui n'élude pas la question de la responsabilité de l'organisation moderne du travail, ni celle de certaines stratégies managériales.

Il passera le 17 novembre à 22h35 sur ARTE, pour une diffusion unique, dans le cadre d'une soirée Théma consacrée au syndrome d'épuisement professionnel. Mais en attendant, il est en lecture autorisée grâce à ce lien : suivante

Un élément de plus au dossier.

 

 

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  • 08/11/2009 12:00
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J'ai particulièrement été frappé par la non-réponse d'Aréva.

Ca doit être une culture d'entreprise, lorsqu'on pense à la dissimulation dont fait preuve cette société concernant les "incidents nucléaires".

On ne se refait pas.

En fait après le privé qui a reçu injonction gouvernementale de traiter la question de la souffrance au travail, bon, à voir mais c'est déjà ça ; le secteur a participation de l'Etat est surveillé par la très sociale Mme Lagarde, bien ; puis le secteur public grâce à votre enquête, très bien ; mais il reste la fonction publique (les 3 : état, territoriale, hospitalière) où quelques fois même si il n'y a pas le même pressing productiviste des autres secteurs, le management n'y est pas triste, enfin si, triste management comme aurait dit CLS....Délégué du personnel durant 30 ans, à la retraite actuellement, au CNAM (Le Cnam, Conservatoire National des Arts et Métiers) celui là même qui a un grand spécialiste de la souffrance au travail comme professeur, j'ai eu a traiter de nombreux cas de maltraitance dus à une gestion du personnel arbitraire et destructrice (évaluation, mutation, non respect des qualifications...) et d'après mes camarades de Sud éducation, ça continue. Il y a aussi le secteur associatif où paradoxalement le harcèlement moral y serait le plus élevé. Et l'artisanat, il y en a de la souffrance, et les agriculteurs, combien de suicides ?? Dans ces deux derniers cas c'est pas le management mais c'est la solitude et la pression du monde économique qui pèse sur les individus. Donc tout ça pour dire que la lutte contre la souffrance au travail devrait être une grande cause nationale comme le cancer et ce sont tous les secteurs d'activité qui devraient être inspectés. Si le travail libère on ne devrait pas y souffrir et encore moins y mourir./
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  • 08/11/2009 12:26
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Disons qu'on a brisé le mur d'indifférence et de mépris derrière lequel s'abrite une mentalité détestable.

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Marie France Hirigoyen relevait das son livre sur le harcèlement au travail que ceui-ci était quantre fois plus fréquent dans le secteur public que dans les ecteur privé. Personne n'y a fait attention à l'époque. Il a fallu que les suicides de France Télécom révèle les conséquences d'une mentalité pour prendre conscience d'une information qui a déjà plusieurs années.

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Cela était même constaté au niveau international. Il n'y a qu'en France que les autorités persistaient à l'ignorer. Braves gens :

Le suicide au travail

« En France, une personne par jour se suicide au travail »

le 25 mars 2007 | 1214 visites | 4.11 / 5 | 10 commentaire(s)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique, dans un récent rapport, que la France se situe au troisième rang mondial des nations « où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses », juste après l’Ukraine et les États-Unis.

 

@ Mathieu

et pour les plus petites entreprises , qu'est ce qui se passe ?

et pour les plus petites entreprises , qu'est ce qui se passe ?

cela me semble une excellente question, et la réponse ne fait pas de doute : rien !

Il s'était créé un écart entre grosses et petites entreprises au plan de la représentation syndicale, dans la mise en place de normes de sécurité, dans la protection sociale, dans les salaires... Là où il est évident aux salariés d'une grosse entreprise qu'en cas de licenciement les indemnités légales ne sauraient constituer qu'une base de discussion , bien éloignée de ce qu'ils attendent, elles constituent le seul droit des salariés des PME. etc...

Aujourd'hui, on découvre que le travail peut être stressant dans les grosses structures : un salarié de France Télécom qui se suicide c'est un problème France Télécom qui occulte le fait qu'il était sans doute aussi déprimé pour de nombreuses autres raisons : mari trompé, épargnant ruiné , malade qui se savait condamné ... parce que la présentation des faits ne sait jamais rester neutre. Et des noms d'entreprise sont plus médiatiques que d'autres.

En matière de santé, on nous annonce le nombre de déces de la grippe A, mais en jugeant nécessaire d'ajouter si la victime souffrait d'autres maladies. Cette précaution n'existe manifestement pas dans ce domaine !

Bonne nouvelle quand même pour les salariés de PME : les réflexions menées à un niveau qui ne les concernent pas, déboucheront sur des lois. On les jugera inapplicables dans les PME -et sans doute le seront-elles - mais progressivement elles finiront pas s'imposer partout. Et, à terme, les salariés des petites entreprises en profiteront aussi.

A condition quand même, qu'il reste des emplois, et qu'à force de souligner combien le travail est pénible, dangereux, mal rémunéré etc... on ne finisse par le faire disparaître.

Le secteur public a recours à des précaires en grand nombre, surtout dans le domaaine de la culture et l'éducation, où on a le droit de proposer CDD sur CDD bien au delà de ce qui est légalement possible dans le privé. Quid cette pratique qui consiste à maintenir un grand nombre de jeunes dans une situation de précarité permanente en attendant être trop âgés (35 ans et 25 CDD derrière soi par exemple) pour y croire encore ?
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  • 08/11/2009 17:12
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Monsieur Magnaudeix,

Non au débat. Oui à la politique.

Non au débat sur la souffrance au travail. Oui, au droit, pour tous, de travailler dans de bonnes conditions.

La France a ratifié la Charte sociale européenne.

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Un "droit de réclamations collectives" (Partie IV art. D) a été reconnu aux organisations syndicales pour dénoncer les situations contraires aux droits garantis par cette Charte.

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Cela a échappé à la CFDT età la CGT qui préfèrent s'allier au patronnat pour poursuivre devant les tribunaux d'autres syndicats qui dénoncent l'illégalité de la réforme sur la représentativité syndicale...

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Les Echos :

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Le tribunal de Brest remet en question la réforme de la représentativité syndical

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Télécharger le jugement du tribunal de Brest

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Rue 89 :

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La réforme de la représentativité syndicale cassée par la justice

POJ,

CFDT et CGT sont du côté de l'Etat capitaliste. Leur rôle consiste à empêcher toute politique d'émancipation. Appelons cela : L'intérêt bien compris.

N'oubliez pas les enseignants-chercheurs qui sont aussi en souffrance...

Je me permets de vous envoyer rapidement le courrier échangé avec ma hiérarchie.

"Monsieur le Président de l’Université de x,

S/C Monsieur le Directeur de l’IUT de xx,

S/C Monsieur le Chef du Département xxx,

Monsieur le Président,

Par la présente, je viens solliciter de votre haute bienveillance, la possibilité à titre exceptionnel de renouveler pour l’année 2009-2010 l’entente établie cette année entre l’IUT de y et l’IUT de xx concernant mes heures d’enseignements pour l’année 2009-2010.

Cette entente a été établie afin que je puisse avoir une vie qui me permette d’associer travail et vie de famille avec plus d’efficacité et surtout de sérénité.

En effet, actuellement, je vis en région parisienne[1]. Ma fille souffre d’une maladie cardiaque. Durant 10 ans, l’IUT de z a regroupé les heures d’enseignement de mon mari les jeudis et vendredis et l’IUT de xx a regroupé les miennes les lundis et mardis. Ceci a permis que l’un de nous puisse toujours intervenir rapidement en cas de nécessité (alerte du collège ou hospitalisations). Elle est externe pour des raisons de santé. Elle a une PAI (c’est un protocole pour les enfants qui ont des soucis de santé « lourds »).

Ce mode de fonctionnement n’était pas la panacée, ni pour les collègues, ni pour moi. Stress et fatigue s’accumulèrent, les frustrations aussi. Comment dans ces conditions s’investir et travailler sereinement ?

En 2007-2008, j’ai fini par « flancher » et j’ai connu plusieurs arrêts maladies…

Le diagnostic médical était clair : j’avais accumulé trop de stress et je devais changer d’environnement.

Il m’avait été proposé comme solution un éventuel échange d’heures de vacation contre temps de service uniquement s’il s’agissait d’un temps plein (192h)[2], or il s’avère que cette année, l’IUT de y avait cette opportunité.

Je tiens à vous remercier infiniment de m’avoir accordé cette chance.

Cette année passée à y m’a donné la possibilité de vivre sans stress une nouvelle hospitalisation d’A, d’enseigner en toute sérénité, de pouvoir participer à la vie d’une équipe enseignante (JPO, Forum, salons, projets…) ; aucun arrêt maladie à noter et une enfant plus détendue. Elle a aussi permis que je puisse reprendre des activités de recherche au sein de l’équipe xxxx et prendre enfin en considération sérieusement la préparation d’une HDR à l’Université de x.

Cependant, si ce changement m’a permis de bénéficier d’une année de travail sans stress, je ne suis pas encore assez solide pour réintégrer mon poste à la rentrée.

Pour toutes ces raisons, je sollicite de votre haute bienveillance la reconduction du dispositif mis en place pour l’année universitaire qui s’achève.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ma requête, je vous prie d’accepter, Monsieur le Président, mes salutations dévouées."

 

Cependant, le Directeur de l'IUT xx a estimé qu'il n'avait rien à gagner dans cette demande. Voici la lettre que je n'ai pas envoyée car je me suis sentie trop lasse:

"J'attendais une réponse à la lettre du 3 juin (CF. ci-dessous), et y aussi.

Suite à nos échanges (Cf. courriels ci-dessous) où j'apprends que vous auriez demandé auprès de l'IUT de y, (après un salaire complet de MC) un 1/2 salaire de MC? Je m'interroge :


L'Université de x reçoit depuis janvier les salaires de l'ensemble de ses employés. Le mien y est compris puisque je suis identifiée dans la cohorte de x (recherche et poste d'enseignement). Comment peut-on alors demander à nouveau ce dit salaire?

Quant à y, il est évident que je ne contribue en rien à leur dotation (pas de recherche et pas de poste). C'est étrange, je ne parviens toujours pas à comprendre...


Maintenant, refuser l'entente parce que y paie la vacataire qui est à mon poste à xx et qu'elle coûte moins chère que moi est un argument tout aussi intéressant. Il est vrai que si j'enseigne à mon poste à xx et que y paie une vacataire à y, Ils paieront...

toujours moins cher que vous.


C'est ubuesque mais remédiable !


Cordialement,"

 

depuis j'ai repris mon poste à xx, avec un arrêt maladie pour commencer. J'ai encore beaucoup de mal, le stress est très important. Et j'apprécie "l'inhumanité" de ma hiérarchie. Ils s'en fichent totalement des situations de chacun.

Je vous ai envoyé ce message comme un témoignage car je suis certaine de ne pas être la seule à vivre ce genre de situation ubuesque, un enfer !

Heureusement que vous avez le courage et l'énergie de faire votre travail de journaliste. Nous avons grand besoin de gens tels que vous.

Merci.

 


 

Une émission ce soir sur La Chaine Parlementaire "Etat de santé", de 22h à 22h30, consacrée au sujet. On peut y entendre Christophe Dejours interwievé par Elizabeth Martichoux. L'émission dure trente minutes et elle repasse sur LCP:
Mardi 10 novembre 2009 à 21h30
Mercredi 11 novembre 2009 à 09h00
Samedi 14 novembre 2009 à 03h30

Je me permets de signaler ces émissions à cause de quelque chose que souligne Christophe Dejours et qui est la solitude du salarié. Du fait des évaluations individuelles et de l'individualisation du travail (et souvent d'une stratégie délibérée de la part de l'employeur) les relations entre salariés ont beaucoup changé ces dernières années : entre observation et compétition, l'autre est souvent comme un ennemi potentiel. Le milieu du travail devient un lieu hostile. Or la souffrance au travail est d'autant plus grande, et comporte d'autant plus de risques de s'installer et de conduire à des extrémités sur le plan physique ou psychique, qu'elle est vécue en silence et pas partagée. Ces films peuvent permettre aux personnes qui vivent ces situations de percevoir qu'elles ne sont pas seules, et qu'elles peuvent être comprises.

N'oublions pas aussi les entreprises privées, on ne parle que du public ensouffrance. Cela existe dans des PME, on en parle beaucoup moins, différentes pressions pour que le personnel démissionne de lui-même, n'oublions pas les agriculteurs, beaucoup de sucides, qui en parle et il pourrait y en avoir en ce moment, qui se préoccupe de leur situation, on leur balance des subventions pour qu'ils se taisent, ils n'en veulent plus, veulent vivre de leur travail et sont au bout du rouleau.
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  • 09/11/2009 06:58
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Madame Bouges,

Difficile, si l'on tient compte de tous ces cas de "souffrance au travail" (je préfère dire : abjecte exploitation des gens qui travaillent, beaucoup plus explicite), de ne pas se souvenir du mot d'ordre situationniste : "Ne travaillez jamais !"

La souffrance au travail provient essentiellement de la méthode de management adoptée par la plupart des entreprises françaises. Théorisée en 1950 par Peter Drucker, son nom de code est MBO (Management by objectives). Elle consiste à fixer des objectifs chiffrés individuels dont les résultats sont mesurés tous les mois, tous les trimestres ou tous les ans. Les écarts entre résultats et objectifs déterminent le salaire et peuvent conduire le salarié à perdre son emploi. Le plus acharné partisan de cette méthode, Jack Welsh, patron de General Electric, se flattait de liciencier ainsi chaque année 10% des salariés du groupe. On pourrait nommer cette méthode "management par la peur". Or elle est enseignée à HEC et dans toutes les écoles de commerce. Il faut savoir qu'elle est improductive. Les Japonais ne l'utilisent pas. Vous trouverez des articles à ce sujet en allant sur http://www.fr-deming.org/selection.html

Deux remarques : l'une sur le MBO, l'autre plus générale

1) En effet, le MBO en tant que pierre angulaire d'un système de management est pour le moins facteur de stress, et sans doute pas de productivité. Son principal inconvénient - cela a été écrit maintes fois récemment, ...., mais beaucoup moins dans un passé pas si lointain - est qu'il rend le salarié isolé par opposition une l'appartenance à une collectivité ou une équipe. Il peut mener à des dérives : concurrence entre les individus, coups bas, ...

Cependant,n'oublions pas que son contraire (si l'on peut dire) est de ne pas reconnaître le travail et la valeur individuels. Cela signifie EN PRATIQUE, et c'est le cas dans bien des syst de management du public en particulier que celui qui se donne à son travail et y réussit n'est pas plus reconnu que celui qui en fait le minimum. Cela constitue un facteur clef de démotivation dans bien des organisations publiques, para publiques, ou ex publiques. Les salariés en souffrent également (je pourrai vous donner des tonnes d'exemples et ceux qui connaissent le secteur public le savent bien)

2) La culture d'entreprise est presque aussi importante que les techniques de management. Par exemple ADP que je connais assez bien : la qualité du management y est très relative : silos, pour ne pas dire baronnies ; conflits internes ; très mauvaise culture de la mesure ; assez mauvaise gestion des carrières.... Cependant, et vous l'avez bien noté dans l'article, il y a une culture de respect des personnes qui est assez forte et contrebalance bien des déficit des systèmes de management.

 

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  • 09/11/2009 10:25
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La Poste: symptomatique, on insiste sur le "stress" individuel en convoquant le psy Patrick Légéron, qui nie l'implication des méthodes de management dans la souffrance au travail. Dans le même temps, on met en place des mobilités forcées, les mêmes qui désocialisent les individus. Là il y a double discours, et la longueur de la réponse de La Poste ne doit pas nous empêcher de le voir.

Les infos sur La Poste sont dans votre autre article:

http://www.mediapart.fr/journal/france/061109/la-poste-reformee-bride-abattue

la souffrance au travail est aussi physique : mon ami Patrick travail dans une boite leader sur le marché des catamarans de régate avec un très bon chiffre d'affaires et des bénéfices conséquents. Il travaille presque seul dans l'atelier de fabrication qui consiste à étaler à lamain, avec un minimum de protection des résines polyester et epoxy cancérigènes. pas de masques ventillés : trop cher. Le soir on se nettoir à l'acétone pure ! Dans le hangar de stockage voisine les fûts de résine et l'acétone de quoi, si une étincelle se produisiat faire sauter la zone industrielle entière ! Plusieurs courriers à la medecine du travail car Patrick comme beaucoup de ses collègues souffre d'arthrose du dos, et à présent des pieds qui se déforment car il est debout toute la journée. L'entrise qui avait plus de 50 salariés en début 2009 a licencié 9 personnes afin de ne plus avoir de CE. Le carnet est bourré de commandes et les heures supplémentaires effectuées depuis le début de l'année ne sont toujours pas payées ! on est loin de la souffrance psychique, mon ami se bourre d'antidouleurs pour continuer tout de même car au bout de 23 ans de boite, avec un bac plasturgie en poche, il ne dépasse pas les 1300 euros net mensuels !
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  • 10/11/2009 10:09
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bonjour à tous,

exerçant en médecine du travail, j'ai pu voir apparaitre progressivement cet état de "mal être au travail" depuis les années 1995, auquel mes professeurs ne m'ont pas préparé, car l'apprentissage de la médecine du travail universitaire de ces années là était centré sur l'accidentologie et les maladies professionnelles.

Il a bien fallu apprendre à réagir sur le tas et faire avec les outils que le gouvernement nous donne (inspection du travail avec peu d'effectif et moyens de rétorsion limités, dépendance plus ou moins marquée vis à vis des employeurs selon le mode d'exercice en service interentreprise ou en entreprise (les 2 modes d'exercice ont chacun leur défaut), code du travail dépassé et peu aidant, absence de vision de l'évolution de la santé au travail dans les 10ans...)

La médecine du travail n'a pas su montrer les avantages de sa présence en milieu de travail (voir les épidémies d'amiante, de troubles musculo squelettiques ou TMS) et la prévention qu'elle est sensée développée se limite souvent à la proposition de traitement curatif (accompagnement psychologique, soutien ponctuel).

Je pense que c'est dommage, car l'idée de sa création en 1946 était généreuse et aurait pu être un exemple mondial. C'est raté.

Pour le moment, à part dans quelques villages gaulois et quelques patrons sociaux (ça existe, j'en ai rencontré), la santé au travail ne sert que de soutien psychologique à une population de salariés et de fonctionnaires dans un environnement organisationnel maltraitant. Je le dis la tête basse, le système de la santé au travail actuel ne sert qu'à les faire tenir plus ou moins sur leur poste de travail, avec l'aide de thérapeutes ou d'autres intervenants spécialisés.

Nous ne servons qu'à permettre aux personnes en difficulté psychique de ne pas craquer plus et en trop grand nombre et de ne pas céder à la crise suicidaire.

Je ne pense pas que la réforme de la santé au travail en cours d'élaboration par le gouvernement sera sociale, ça se saurait.

La caricature de ce à quoi sert un médecin du travail actuellement est à observer à francetélécom (mais aussi renault et autres nids à suicide) : participation à des centres d'appel, psychothérapie de soutien dans l'urgence.

Ou est la prévention là dedans ? C'est comme faire faire du sport à un homme qui a fait plusieurs infarctus, c'est de la prévention tertiaire, mais les dégats sont déjà présents. Il faut la faire d'accord, mais si on oublie la prévention primaire des hommes en bonne santé, l'intérêt est limité car on agit que sur des gens déjà malades ...

Actuellement, la santé au travail est instrumentalisée en partie par la grande finance actionnariale pour ne surtout pas faire de prévention, mais les médecins et les équipes pluridisciplinaires (psychologues, toxicologues, ergonomes...) n'ont pas les moyens de faire autre chose. Le management par objectifs est également à l'oeuvre dans la fonction publique, avec des dégats considérables et plus spectaculaires car il touche des sujets handicapés par leur statut de travailleur protégé et une évolution très rapide en moins de 15 ans de leur mode de travail à laquelle il n'ont pas eu le temps de se préparer.

Je ne suis pas très optimiste pour le monde du travail, car je vois encore des salariés qui sont épanouis dans le métier qu'ils font (si, si) et qui m'avouent ressentir une crainte lorsqu'on évoque leur montée en productivité et en stress sur les 5 dernières années et la distance avec leur retraite de plus en plus lointaine...

Même si la retraite est d'autant appréciable que les conditions de travail sont médiocres sur les dernières années de travail, ce n'est pas satisfaisant il me semble.

http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2009-11-09/etude-la-retraite-c-est-la-sante/1055/0/393425

Enfin, pour finir, l'Europe elle-même ne semble pas motivée par l'évaluation des risques professionnels et l'amélioration des conditions de travail par la santé au travail (trop chère) :

http://hesa.etui-rehs.org/fr/newsevents/newsfiche.asp?pk=1305

A la Cité des sciences et de l'industrie aussi ...

Selon lexpansion.com du 23 octobre 2009 « Les entreprises se mobilisent contre le stress au travail » « […] Beaucoup d’entreprises ont déjà entrepris des actions contre le stress, comme la Cité des sciences de La Villette qui a mis en place un plan de prévention des risques psychosociaux en mars. Les injonctions du ministre “nous conduisent à poursuivre”, avec l’ouverture prochaine de négociations sur la santé au travail, explique la DRH adjointe []».

La section syndicale Sud-Culture de la Cité des sciences tient à préciser que le plan de prévention des risques psychosociaux de la CSI n’est pas une initiative bienveillante de la direction mais fait suite …
♦ au suicide d’un salarié fin 2007 (sans parler des trois précédents),
♦ à une tentative de suicide en août 2008,
♦ à une enquête du CHSCT sur cette tentative qui a conclu à des causes liées à l’organisation du travail,
♦ à un diagnostic du cabinet VTE qui constate un important mal-être parmi les salariés,
♦ au point d’étape de la seconde cellule d’écoute tenue par des psychologues d’IAPR qui constatent la même souffrance,
♦ aux rapports du docteur Nardi, médecin du travail, qui observe un niveau de stress altérant la santé d’une forte proportion de salariés de plusieurs directions.

Ce plan de prévention de la direction a été dénoncé par les représentants du personnel dans les instances, ainsi que par l’inspection du travail.
3 droits d’alerte récents du CHSCT démontrent l’incapacité de ce plan à prévenir un quelconque risque:
♦ le 29 septembre, droit d’alerte sur l’ambiance de travail à la DSTSSI et au département des Achats. Le CHSCT a des suspicions après 2 suicides à la DSTSSI, une tentative de suicide et maintenant un accident le 15 septembre.
♦ le 8 octobre : droit d’alerte dénonçant l’aggravation des risques psychosociaux pour le personnel de la Bibliothèque causée par une désorganisation du travail depuis plus d’un an.
♦ le 9 octobre, droit d’alerte pour protéger les salariés du bâtiment Nadar, après les intoxications de septembre. De grandes souffrances tant physiques que psychologiques les affectent, conséquences directes de l’insalubrité et la non-conformité du bâtiment aux prescriptions du code du travail pour un usage de bureaux.

Depuis le droit d’alerte du 8 octobre à la BSI la direction nie la souffrance dessalariés alors qu’un climat de désorganisation les abandonne dans un « entre deux » sans projet et sans moyens… les salariés sont à bout ! Quant à Nadar, pas de solution avant 5 mois !

Le 29 septembre, le CHSCT a demandé au cabinet Technologia l’étude de la pertinence du plan de prévention des risques psychosociaux élaboré par la Direction.

Le projet de fusion entre la Cité et le Palais de la découverte prévu,au 1er janvier 2010 n’arrangera rien bien au contraire : désorganisation totale, flou sur les missions, travail supplémentaire occasionné par le projet, l'absence d’instances représentatives du personnel le 1er janvier, pas de garantie sérieuse sur l’avenir des personnels, 1 départ à la retraite sur deux non remplacé, etc.) (cf la nomination récente de M. Cluzel au Palais des arts et des sciences)

C'est depuis quatre ou cinq ans un système pour saboter les services publics et préparer l'opinion publique aux privatisations : mise en valeur des fonctionnaires godillots et cassage systématique des gens de bonne volonté. C'est très fatigant pour tout le monde, pour le public, pour les employés élevés à des postes dépassant leur seuil de capacité, pour les employés zélés qui n'arrivent pas à se résoudre à jouer la carte du je m'en foutisme...
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Entre le mercredi 21 et le jeudi 29 octobre, j'ai tenté de joindre à au moins six reprises, par téléphone, Jean-Marc Plantade, chef du service de presse de Christine Lagarde et ancien journaliste au Parisien, pour savoir quelles suites la ministre entendait donner à ce courrier. M. Plantade n'a jamais retourné mon appel.

 

Le questionnaire (cliquer pour le télécharger) a été envoyé le 21 octobre aux services de presse des plus grandes entreprises détenues par l'Etat à savoir : Air France-KLM, Aéroports de Paris, Areva, CNP, Dexia, EADS, EDF, GDF Suez, Nexter, La Poste, Safran, SNCF, Thalès.... J'ai donné comme date limite d'envoi des réponses le 26 octobre au soir, délai en fait prolongé de quelques jours. Durant ce délai, j'ai relancé ces entreprises à plusieurs reprises par courrier électronique. Les réponses sont à lire dans leur intégralité sous l'onglet Prolonger.

 

La plupart des entreprises ont répondu par courrier électronique. Safran, alliance des activités aéronautiques de Snecma et du spécialiste des systèmes de navigation Sagem, a fait répondre son numéro deux, Dominique-Jean Chertier, par téléphone. GDF Suez a fait parvenir, après expiration du délai, un simple document Powerpoint...

 

Ce questionnaire permet d'évaluer la transparence des entreprises et de comparer les dispositifs qu'elles ont adoptés contre le mal-être au travail. Il ne s'agit pas d'une évaluation des dispositifs en eux-mêmes – des enquêtes sont en préparation sur des entreprises citées dans l'article.

 

Chaque réponse est évaluée selon deux critères :
> le degré de transparence de la réponse (évalué selon un système de + et de –),
> le degré de prise de conscience (idem).

 

La notation (de + à + + + et de – à – – –) est simplement indicative. Il n'a pas été établi de "palmarès", la démarche me semblait un peu vaine...