Longtemps cantonné aux franges utopiques du débat public, le revenu de base est devenu un objet politique à part entière, qui emporte ou divise les candidats à la présidentielle française. Intellectuellement, médiatiquement, la bataille s’est emballée avec, en quelques mois, l’entrée dans la danse de l’économiste Thomas Piketty (il s’est prononcé contre le revenu de base au nom du « salaire juste » sur son blog), un rapport sénatorial tombé fin 2016, qui recommande l’octroi de 500 euros mensuellement à 20 000 personnes à titre d’expérimentation, ou encore cette note de l’OFCE, publiée le 15 décembre dernier et qui juge carrément « irréaliste en pratique » une telle idée.