Constitution: Valls rappelle les députés à «l'union sacrée»

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Au premier jour de l’examen de la réforme constitutionnelle, le premier ministre a mis la pression sur sa majorité rétive, appelée à respecter le « serment » de François Hollande. Il appelle la droite à l’« union sacrée ».

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La réforme constitutionnelle souhaitée par François Hollande est en danger. Le gouvernement le sait. Mais il ne sera pas dit qu’il n’aura pas tout tenté pour la faire voter, comme il l’envisage, lors d’un futur congrès à Versailles. Ce vendredi 5 février, au premier jour de l’examen de la loi constitutionnelle de « protection de la nation » à l’Assemblée nationale, Manuel Valls a mis la pression tous azimuts. Sur sa propre majorité, en grande partie opposée à l’idée de voter la déchéance de nationalité pour les binationaux ou de créer des apatrides. Sur la droite, appelée à l’« union sacrée », alors qu’elle oscille désormais entre soutien résigné au texte qui lui fait plein de cadeaux et volonté de s’opposer frontalement à une réforme « inutile » voire « dangereuse ».

Prenant le premier la parole, Manuel Valls, fidèle à lui-même, a brandi dès le début de son discours « la menace terroriste ». Elle « est là et elle va durer ». « La menace – potentielle celle-là – ce sont aussi ces jeunes, filles et garçons, qui n’ont pas encore franchi le pas, mais qui se radicalisent, fascinés par cette idéologie de mort, magnifiant la violence, niant les consciences, et se nourrissant d’un antisémitisme virulent (…). La lutte contre cette radicalisation sera l’affaire d’une génération. » Puis vint l’appel à « l’unité sans faille ». Sous-entendu : sur tous les bancs de l’Assemblée, au nom du « respect » du « serment » fait par François Hollande devant le Congrès réuni à Versailles le 16 novembre, trois jours après les attentats les plus meurtriers depuis 1945. « Ce moment exceptionnel nous met tous face aux plus importantes responsabilités. Il exige de nous de la hauteur de vue. »