Nantes : autopsie d’une manif étudiante qui tourne mal

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  • 05/07/2008 18:09
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blow out, de de palma, blow up, de antonioni....
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  • 05/07/2008 23:01
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J'ai peur que si le même manque de formation se retrouve avec le Taser, on va aussi avoir des vidéos de taserages abusifs "made in France" dans le futur proche. Le côté non létal encourage la paresse et la banalisation du geste. Viser et tirer sans tuer, c'est s'économiser le dialogue avec le citoyen, rarement courtois et apaisé. Le Taser tue très peu c'est un fait, mais est loin d'être anodin, et en aucun cas une panacée. Imaginez une flèche de Taser dans l'œil... Aïe.
Merci pour la référence Rocapel !!
Bravo au comité de défense qui a su dépassionner l'affaire et donc la rendre -peut-être- audible par certains secteurs ou personnes de la justice voire de la police. Maintenant, qu'en sera-t-il des suites? Judiciaires et réglementaires.
Pour les suites... nous les suivrons, soyez en sûr(e) ,-)
comme promis http://www.mediapart.fr/journal/france/110708/bavure-a-la-manif-de-nantes-le-parquet-demande-l-ouverture-d-une-information
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  • 06/07/2008 14:33
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Il faudrait mettre fin à cette attitude de cowboy qu'ont certains militaires et membre des forces de l'ordre. Ce sentiment de toute puissance qu' une minorité, c'est heureux, ne sait pas maitriser. Mais qui fait des dégats considérables en dans la respectabilité de l'institution qu'ils représentent mais surtout des victimes. Victimes qui si elles se trouvent impliquées dans des troubles de l'ordre public qui sont automatiquement soupconnées et les fauteurs automatiquement blanchis. L'infaillibilité du fonctionnaire est une illusion au service de la tyrannie.
Les canons à eau sont dissuasifs (font fuir), et sont tout de même une arme moins dangereuse entre les mains des forces de l'ordre que tout Flashball ou Taser, la violence appelant la violence... La sottise est bien d'amplifier les risques côté policier en ayant autorisé ces joujoux. Dérive courue d'avance ! Rien de tel pour exacerber la fougue juvénile ! On sait bien que la jeunesse s'échauffe, loin d'être des anges tous ces manifestants rassemblés, ils sont en colère aussi, ils ont leurs raisons et, collectivement, on dérape vite. Enfin, dans la mesure ou les jets de projectiles ont eu lieu, il faut une riposte, on ne peut pas les laisser déborder non plus au-delà d'un cap, pourquoi les policiers supporteraient-ils d'être blessés si c'est vraiment là l'origine du conflit ?... Pour ce jeune dont la vision est sérieusement compromise, je crains que le comité de défense se heurte au final à un non-lieu. Car pas touche à la Police maintenant, ou alors avec des preuves irréfutables et encore... Or, c'est loin d'être le cas. La tendance qui se précise (hélas !), face à toute atteinte d'autrui sur sa personne, plutôt que de voir la Justice impliquée tourner en rond, serait de contracter une bonne assurance, comme si l'argent seul avait droit de cité en toutes circonstances...
A Grenoble, le 16 mai 2007, lors d'une manifestation "anti-sarkozy", une jeune fille a subis une histoire très similaire à celle qu'allait vivre ce jeune lycéen quelques mois plus tard. Cette jeune femme observait la manifestation, sans même y prendre part, le 16 mai au soir dans les rues du centre ville de Grenoble lorsqu'elle fut atteinte par un éclat de grenade à desencerclement lancée par les forces de police. Touché à l'œil, la jeune femme n'a pas retrouvée tout ses sens depuis et continue à se battre. L'instruction suit son court et on retrouve des similitudes par rapport à l'affaire de Nantes : Une presse qui ne sait pas trop se positionner, des juges ou des policiers qui mettent en cause la responsabilité des manifestants, la police des polices qui est chargé de l'enquête au départ (avant que cela passe aux mains de la police judiciaire) des policiers qui disent que ce n'est pas eux les fautifs, des parents qui se mobilisent pour leur fille, des témoignages qui affluent, l'utilisation de documents photographiques etc etc. Je vous laisse ci dessous un lien de Grenews.com qui a fait un article récent sur cette affaire qui date de plus d'un an maintenant. http://www.grenews.com/actu/faits-divers/justice/-j-ai-perdu-un-oeil-le-gout-et-l-odorat.html En tant que photographe présent au moment de ce drame, j'ai écris un témoignage dans la foulée et ait aussi été entendu par le juge d'instruction en mars (9 mois après les faits). Si plus d'infos sur cette affaire vous intéresse je peux vous renvoyer des autres liens.
Bonjour merci pour ce témoignage. En effet, le groupe de travail du 27 novembre qui a travaillé à l'élaboration d'un dossier sur les violences policières à Nantes est preneur de toutes les infos sur des affaires similaires et donc les liens nous intéressent. A vous lire.
C'est drole cette histoire qui fait echo a cette autre histoire d'exercice de tir qui tourne mal, et aujoud'hui j'entendais un reportage qui disait que la question des armes faisait l'objet d'une enquête sérieuse quand à un "certain relachement".... relachement, le mot fait un peu fremir. Mais c'est un autre contexte que cette affaire là, que je trouve interessante de mettre à jour, surtout si elle a du mal a être médiatisée.
La il ne s'agit apparemment aps du tout de relachement, ces armes ont ete utilisées en connaissance de cause. Un test qui fait mal pour ceux qui l'ont recu en pleine tête....
Je ne sais pas si cela a quelque chose à voir, mais, lors de mon dernier séjour en Angleterre, a la Tate Modern (Exposition The world as a stage), j'ai vu une exposition sidérante sur la manière dont ont été réprimées les révoltes des ouvriers des mines sous Margaret Thatcher. Des images qui montraient l'entrainement des forces de police qui testaient la charge à cheval pour briser les rangs des manifestants, suivi des policiers à pied matraquant les manifestants. Ce qui était incroyable dans cette exposition, c'etait la vue en parallèle des images d'entrainement avec les images des affrontements réels. La juxtaposition de ces films était entre stressante et passionnante. Impossible de détacher le regard de ces entrainements sans manifestants et de ces combats avec manifestants, forcément perdants au vu de la technique savamment travaillée....
Et je me dis que forcément, ces armes là ont été testées... sur des mannequins. Comme les matraques de ces policiers anglais... mais le test n'est pas la réalité. Les victimes, elles, sont bien réelles. http://www.tate.org.uk/modern/exhibitions/theworldasastage/images.shtm http://www.tate.org.uk/modern/exhibitions/theworldasastage/jeremy_deller.shtm
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  • 07/07/2008 09:09
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Le discours officiel qui met en avant une réponse "appropriée "face aux violences des manifestants et qui pour se dédouanner du "dommage"collatéral sur la personne du jeune Pierre fait savoir que peut-être l'encadrement de l'usage de ces joujoux sera revu?Un manque de compétence des services de police,une façon pour le moins légère d'appréhender les choses,un cynisme qui laisse à penser qu'en matière de maintien de l'ordre loin de faire les tests pendant l'entraînement on les fait en direct lors d'une manifestation lycéenne,sans oublier la présence de l'homme à la cagoule ......tout ceci sent la provocation policière et malheureusement une singulière politique de maintien de l'ordre. Nul doute que les conséquences de réponses policières de ce type n'apaisera pas le climat social dans notre pays .
boite noire : "...de quel maintien de l’ordre l’Etat peut-il se doter ?" Je crois que la réponse est malheureusement très claire. il suffit d'observer comment Sarko fait évoluer la police. Une police qui se militarise et s’organise pour faire la guerre au peuple Fusion avec la gendarmerie, grades militaires, appel au drapeau, flashball, Taser , drônes, hélicoptères, maillage vidéo, fichage ADN et fichage renforcé jusque dans les écoles…. Tous les ingrédients pour préparer une police à appuyer une dictature. Ajoutez à ça une justice aux ordres et un parlement croupion.
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Au-delà de l’affaire elle-même – les conditions de la blessure du jeune lycéen – ,c’est évidemment la question du fait policier qui importe ici. De la distorsion qu’il y a, parfois, entre des usages très encadrés des armes et la réalité du terrain. Entre les manœuvres à l’entraînement et les tirs plus ou moins tendus dans la réalité. Du côté police, nous n’avons rencontré évidemment aucun problème pour recueillir des éléments sur les grands principes (déontologie, garde-fous mis en place, retour sur expérience, etc.) dont il faut reconnaître que, sur ce plan, des efforts certains sont fournis depuis quelques années. En revanche, sur le déroulé des événements eux-mêmes, silence total. La question n’est évidemment pas ici de juger les faits (la justice doit se prononcer sur ce plan) mais bien d’ouvrir le débat : de quel maintien de l’ordre l’Etat peut-il se doter ?