Carte scolaire: «J’ai dû choisir entre mon enfant et mes principes»

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Le phénomène d'évitement scolaire existe dès le plus jeune âge, afin d'éviter une école primaire de quartier qui a mauvaise réputation. Exemple à Belleville, dans un quartier encore relativement populaire de Paris, où nous avons interrogé des parents d'élèves et des directrices d'écoles.

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Ce week-end, des parents d’élèves voient leurs enfants quitter l’école, soulagés ou angoissés, selon qu'ils ont réussi ou non à les inscrire dans l’établissement de leur choix. À Paris, le phénomène de la ségrégation scolaire est connu et démontré au collège et au lycée. Mais Mediapart a voulu savoir si des choix s’opéraient encore plus précocement. Nous avons interrogé des habitants du quartier de Belleville, où subsiste une certaine mixité sociale, ainsi que des directrices d’école. Résultat : dès la sortie de la maternelle, et même chez les parents aux revenus confortables et se classant à gauche, la question de l’établissement se pose. Depuis six mois, parfois un an, ils réfléchissent : renoncer à l’école du quartier constitue-t-il une entorse à leurs principes ? Comment faire pour éviter cette école réputée mal famée ? Faut-il mentir sur sa domiciliation ? Prétexter des faux motifs pour obtenir une dérogation ? Se tourner vers le privé ?