En Bretagne, le non-sens paysan

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Crise avicole, porcine, légumière, environnementale, crise du lait. Le modèle agricole breton perd les bras et la tête. L’occasion de changer de direction ? Surtout pas ! répondent les principaux acteurs. Enquête sur un modèle agricole épuisé.

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Finistère, de notre envoyé spécial.-  « On est dans le mur et on accélère. Là, c’est le bloc moteur qui est touché, mais quand ce sera l’habitacle, eh bien…, ce sera la révolution. » Gildas Leost, producteur de lait à Plabennec, près de Brest, n’a rien d’un excessif. À 52 ans, il fait partie des bons élèves de la production agricole bretonne. 85 vaches sur 75 hectares, une production de lait multipliée par trois depuis son installation. Et pourtant, il gagne moins. La Bretagne agricole va mal, ce n’est un secret pour personne. Les dossiers emblématiques de Gad, Doux, Tilly-Sabco (ces entreprises phares de l’agroalimentaire régional qui ont fait parler d’elles pour leurs plans sociaux), les coups de colère sporadiques, comme à Morlaix fin septembre, ne sont cependant que la partie émergée de l’iceberg.