Notre dossier : Florange, le conflit avec Mittal

Florange: les syndicats furieux, Ayrault en difficulté

Après deux heures d’explication de texte autour du compromis signé vendredi 30 novembre entre le gouvernement et le numéro un mondial de l’acier, l’intersyndicale des Arcelor-Mittal de Florange est ressortie « avec les mêmes grandes interrogations sans réponse ». Le gouvernement n'a pas fini d'entendre parler des métallos de Florange.

Rachida El Azzouzi

5 décembre 2012 à 22h13

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Après deux heures d’explication de texte autour du compromis signé vendredi 30 novembre entre le gouvernement et le numéro un mondial de l’acier, l’intersyndicale des Arcelor-Mittal de Florange est ressortie furieuse de Matignon mercredi 5 décembre, « avec les mêmes grandes interrogations sans réponse ». Son entretien avec le premier ministre Jean-Marc Ayrault, entouré des ministres Arnaud Montebourg, Michel Sapin, Pierre Moscovici et Geneviève Fioraso, n’a guère été fructueux.
« Madame Parisot a gagné. La tente du village gaulois reste plantée en Lorraine. La résistance continue, le combat continue, c'est pas terminé », a déclaré Édouard Martin, assailli par les caméras. Parti plus tôt pour rejoindre le plateau du grand journal de Canal Plus, Walter Broccoli, le délégué de Force ouvrière, a redit tout le mal qu’il pensait de cet accord, « un torchon, un foutage de gueule, une coquille vide ». « Le gouvernement a cédé au chantage de Mittal », a martelé la CGT en exigeant de revenir sur cet accord qui est loin de lever les interrogations sur le site lorrain.
Mardi, le journal Le Monde révélait que sur les 180 millions d'euros annoncés pour Florange, seulement 53 millions concerneraient des investissements stratégiques. Le reste étant « le flux d'investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle ». Quant aux hauts-fourneaux et autres activités de la phase liquide, en partie en sommeil depuis l'été 2011, ils seront arrêtés « à l'issue de la procédure légale », soit au printemps 2013.
Pour les syndicats, qui avaient comme tous les salariés fini par croire aux promesses de nationalisation temporaire d’Arnaud Montebourg, la chute est vertigineuse. D’autant qu’ils ont appris que des repreneurs sérieux, deux poids lourds de la sidérurgie, avaient fait une solide offre de reprise : Bernard Serin, patron de CMI (Seraing, Belgique, 3 400 employés dans le monde), et Alexei Mordachov, le milliardaire à la tête du géant russe de l’acier Severstal, comme le raconte Le Républicain lorrain. Le montant engagé aurait avoisiné les 500 millions d'euros, d'après le quotidien régional.

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