Le CNRS sous pressions politiques

Par
La coordination nationale des laboratoires en lutte se réunit à nouveau mardi 7 avril, étendant aux organismes de recherche le mouvement contre les réformes Pécresse. Parmi les sujets d'inquiétude: le poids des politiques sur les organismes publics. Accusé d'«archaïsme» et de «rigidité» par le président de la République, le CNRS n'attire pas moins l'attention de son entourage. Nominations contestées, rendez-vous discrets à l'Elysée, promotions écartées: la crise de la recherche s'aggrave sur fond de pressions politiques.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Ambiance de fin d'un monde ces jours-ci au CNRS: le sociologue Michel Wieviorka dépose une plainte à la Halde pour discrimination après avoir été écarté de la direction du nouvel institut de sciences humaines et sociales – et avoir appris de la bouche d'une membre du comité de sélection que c'était en raison de son âge. La promotion de Pierre-André Taguieff et de Lucien Jaume est entachée de soupçons de copinage. Catherine Bréchignac, la présidente de l'organisme, a failli se faire séquestrer lors de l'occupation du CNRS du 26 mars dernier. Et le 31 mars, la direction des sciences humaines et sociales (SHS) a réuni ses directeurs d'unité au très peu académique club Med. «C'est un climat de crise, de décomposition terrible», soupire Michel Wieviorka.