Affaire Lagarde : petites manœuvres et grosses ficelles

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Depuis quelques jours, de nombreux avocats ont pris position dans la presse pour défendre Christine Lagarde, mise en cause dans l'affaire Tapie, et critiquer les magistrats à l'origine des griefs qui la visent. Mais ces nombreuses «tribunes» ne sont pas toutes désintéressées. La plupart prennent de formidables libertés avec les faits révélés par la Cour des comptes. Parti pris.

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Christine Lagarde est entrée en campagne. Depuis qu'elle a fait acte de candidature pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), elle multiplie voyages et initiatives pour convaincre les grands de ce monde de l'appuyer. Mais elle n'est pas seule à être entrée en campagne. Comme par un coup de baguette magique, tribunes et libres opinions se sont aussi le plus spontanément du monde multipliées dans la presse pour professer que le scandale Tapie n'en était pas un ; qu'il ne constitue en tout état de cause aucunement un handicap pour la ministre des finances sur sa route vers Washington ; que l'abus d'autorité dont on la soupçonne n'est pas le moins du monde constitué. Pour convaincre, en résumé, les trois magistrats qui composent la Commission des requêtes de la Cour de justice de la République qu'ils n'ont aucune bonne raison d'accéder à la demande du procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, et de décider dans le courant du mois de juin ou plus vraisemblablement au début du mois de juillet une enquête pour abus d'autorité contre la ministre.