«A Noël, on sera toujours là!», promettent les gilets jaunes de Lorient

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Malgré les reculs de l’exécutif sur la taxe carbone, les militants de la ville bretonne n’ont pas l’intention d’arrêter leur action. Après avoir bloqué le dépôt de carburant pendant une semaine, ils se préparent pour durer. Certains seront à Paris samedi, en dépit de la violence annoncée.

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Lorient (Morbihan), envoyé spécial.– Pour eux, le décor n’a pas changé, et le discours non plus. Une fois préparé un gobelet de café dans le coin cuisine bien équipé, ils se retrouvent ce matin du jeudi 6 décembre sous leur abri de fortune, autour de la petite table basse bricolée, assis sur des chaises de jardin ou des tourets, ces gros enrouleurs de câble en bois. Les gilets jaunes toujours sur le dos, les mêmes mots à la bouche.

Virginie, Cédric, Claude ou Jérémy font partie des dizaines et des dizaines de « gilets jaunes » mobilisés depuis le 17 novembre à Lorient, ville portuaire et ouvrière du Morbihan. La veille au soir, tous ont bien entendu les chaînes d’info en continu annoncer en boucle que le fameux « moratoire » de la hausse des taxes sur le carburant se transformait en suppression pure et simple de cette hausse pour l’année 2019. Certains ont regardé, ou vu passer des bribes sur les réseaux sociaux, du débat télévisé qui a opposé quatre gilets jaunes aux ministres François de Rugy et Marlène Schiappa. Et sous les bâches montées sur des châssis en bois, aucun n’en démord : le recul de l’Élysée et de Matignon ne les satisfait pas.

Devant l'abri des gilets jaunes lorientais. © D.I. Devant l'abri des gilets jaunes lorientais. © D.I.

« On a demandé beaucoup de choses, dont le retour de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune – ndlr], et ça, Emmanuel Macron a bien dit que c’était impossible, qu’il ne détricoterait pas ce qu’il a fait pendant des mois. Alors pour nous, ça ne change rien, lance Cyril, magasinier-cariste en recherche d’emploi. On est toujours des Français qui n’ont pas les moyens de vivre décemment. S’il avait fait ce geste il y a trois semaines, ça aurait montré qu’il n’ignore pas le peuple français. Maintenant c’est trop tard, on a bien compris qu’on ne comptait pas pour lui. »

À ses côtés, Jérémy, en formation pour être secouriste, approuve. « J’ai déjà commandé quatre dindes pour Noël, puisqu’on sera toujours là », blague-t-il. Dans l’abri, installé à quelques mètres du dépôt de carburant sur le port de Lorient, un sapin de Noël décoré et une grosse face de père Noël enluminée d’une guirlande ont été disposées pour faire passer le message. Les gilets jaunes de Lorient sont bien décidés à passer l’hiver.

« Cette annonce, le président aurait dû la faire très rapidement dès le début du mouvement. Il était assis sur une poudrière et il ne s’en rendait pas compte. Aujourd’hui, les gens qui continuent le mouvement veulent faire entendre qu’ils sont malheureux, qu’ils ne vivent plus », dit André. Ce gérant d’une entreprise de services à la personne, qui fut routier pendant vingt ans, ne se déplace plus aux regroupements des gilets jaunes. Mais il a été celui qui a organisé localement les premiers jours du mouvement, des opérations escargots du 17 novembre au déplacement en car à Paris pour la manifestation du 24.

« Lundi 29 novembre, je suis allé rencontrer le sous-préfet, raconte-t-il. J’avais donné une heure aux internautes de notre groupe Facebook pour me faire remonter leurs doléances. Je suis arrivé à la sous-préfecture avec trois pages de plaintes… » De ce point de vue, rien n’a changé depuis la volte-face gouvernementale.

Bien sûr, en transformant une pause de six mois en suppression pérenne de la hausse des taxes sur le carburant, l’exécutif a privé les gilets jaunes d’une partie de leur argumentation. Toute la journée de mercredi, autour de l’abri, les discours étaient virulents contre le « moratoire », unanimement analysé comme un recul tactique du pouvoir, destiné à essouffler les mobilisations. « C’est de l’enfumage », « leur truc, ça rime avec suppositoire », « un petit coup de vaseline, pour tout faire passer », a-t-on entendu selon les interlocuteurs.

Mais recul du gouvernement ou non, au fond, le noyau dur des gilets jaunes du coin, qui se répartit entre le dépôt de carburant et un rond-point de Lanester, la commune au nord de Lorient, n’a plus envie d’écouter les responsables politiques. « Même si demain, on nous donne 15 % d’augmentation du Smic, ça ne changera pas le fait que nous voulons que le mouvement dure », confie Pascal, désigné par ses camarades comme leur référent auprès des médias.

Pour pouvoir rendre des comptes aux yeux de tous, il est filmé par d’autres membres du mouvement dès qu’il s’adresse à un journaliste. Et c’est sous les regards approbateurs qu’il glisse que « tous les politiques, on les paye pour rien » et qu’il signale que « pas un député n’est venu nous voir ». Les gens ont « la rage », insiste celui qui, dans le « civil », est militant syndical dans une grande entreprise de distribution de prospectus. « Mais toutes nos étiquettes, on les laisse au vestiaire, ici c’est le citoyen qui parle », explique-t-il.

Au soir du 4 décembre, devant le dépôt de carburant. © Léonie Pondevie Au soir du 4 décembre, devant le dépôt de carburant. © Léonie Pondevie

Alors, puisqu’il faut durer, il faut se montrer. « Avant toute chose, il faut rester visibles, être toujours dans le paysage », martèle un gilet jaune aux cheveux gris. Pendant toute une semaine, les militant lorientais ont pu bénéficier du spectaculaire soutien logistique de plusieurs petits entrepreneurs des travaux publics.

Ces derniers protestaient contre la suppression de l’avantage fiscal réservé au « gazole non routier » (GNR). Réservé aux secteurs des travaux publics, agricoles, forestiers et fluviaux, le prix du « rouge » (pour sa coloration spécifique) est toujours resté sous la barre d’un euro le litre. Un avantage qui devait prendre fin le 1er janvier, induisant un bond de 30 à 40 % du prix.

Chaleur humaine et intelligence collective

Comme à Brest, les chefs d’entreprise et leurs camions ont bloqué le dépôt de carburant à partir du mardi 27 novembre. Les images des engins de chantier et autres tractopelles, alignées comme à la parade pour empêcher les camions-citernes de manœuvrer, ont fait merveille dans les médias. Mais le 4 décembre, le premier ministre a annoncé que la hausse du prix du GNR n’aurait pas lieu.

Le 4 décembre, une file de camions attendaient encore de pouvoir accéder au dépôt de carburant de Lorient. © Léonie Pondevie Le 4 décembre, une file de camions attendaient encore de pouvoir accéder au dépôt de carburant de Lorient. © Léonie Pondevie

Le même jour, les deux entrepreneurs indépendants les plus actifs sur le blocage à Lorient ont été convoqués au commissariat, et sont passés au tribunal de commerce, assignés par le directeur du dépôt. Le verdict sera connu lundi 11 décembre. Lorsqu’un huissier s’est présenté pour constater le nombre de camions bloquant le dépôt, ils ont préféré, comme à Brest, lever le camp dans l’après-midi.

Privés de ce précieux soutien, les gilets jaunes ont bien tenté de maintenir une barricade, mais dans la nuit du 4 au 5 décembre, vers 4 heures du matin, la trentaine d’irréductibles a cédé aux injonctions des quarante policiers les priant de libérer le passage. Depuis, la valse des camions-citernes a repris sur le port.

« L’idée, c’était bien sûr d’attirer l’attention, mais aussi de bloquer l’économie, rappelle Jean-Luc, pompier professionnel retraité, un bouton “Breton en colère” sur son bonnet de laine bleu. Maintenant, le but, c’est de les faire courir. Ici, on est au maximum 40 ou 50 en même temps, on ne va bien sûr pas empêcher les CRS de nous dégager. Mais si ça arrive, on ira s’installer ailleurs, sur un rond-point, une place, ou devant la préfecture. Les politiques ne l’ont peut-être pas encore compris, mais on est là pour rester. »

Désormais, comme partout en France, le temps est à l’organisation. Une première assemblée générale a eu lieu lundi 3 décembre dans un garage prêté par un sympathisant, parce que la mairie voulait faire payer l’utilisation d’une salle communale. Un comité officiel de coordination a été désigné, et ses actions sont relayées sur une page Facebook dédiée. Jeudi soir, une seconde réunion a lieu, pour dresser la liste précise des revendications portées par les militants locaux.

La première ébauche listant les demandes ressemble beaucoup aux textes qui circulent déjà ailleurs dans l’Hexagone. On y note le fort accent mis sur les demandes de réformes – de révolutions, plutôt – institutionnelles : démission d’Emmanuel Macron, dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale, « refondation de notre république par les Assemblées représentatives du peuple », fin des privilèges liés à la retraite des élus, « transparence totale » de l’utilisation de l’argent public, etc.

Les exigences liées au niveau de vie et à une plus juste répartition des efforts sont également très présentes, avec l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux, la « baisse des prix des produits de première nécessité (carburants, eau, gaz, électricité, logement, etc.) », la mise en place de taxes sur le kérosène des avions et sur le fuel lourd des navires, « la remise en cause du CICE et de la flat tax » sur les revenus des capitaux…

Les gilets s'abritent de la pluie, mangent, discutent... © D.I. Les gilets s'abritent de la pluie, mangent, discutent... © D.I.

C’est justement cette diversité de demandes qui enthousiasme Sabrina, aide-soignante très présente dans le mouvement alors qu’elle doit accoucher dans les dix jours de son deuxième enfant. Elle profite des journées où sa première fille de deux ans est gardée en crèche, les lundis, mardis et mercredis, pour passer de longues heures dans l’abri.

« Au départ, je suis plutôt une militante pour le droit animal », rigole celle qui n’était guère attirée il y a trois semaines par un mouvement qu’elle pensait principalement anti-taxes. « Ça fait trop longtemps qu’on a laissé traîner, on aurait dû se réveiller avant. On nous laisse des miettes, c’est tout, lance-t-elle. Bien sûr que certains vont quitter le mouvement maintenant, mais ceux qui vont rester, ils sont là pour longtemps. Macron, il ne va pas tenir trois ans et demi comme ça. »

Comme Sabrina et bien d’autres, Virginie, qui passe quelques heures tous les jours, insiste de son côté sur la chaleur humaine et sur l’intelligence collective qu’elle a trouvées dans le mouvement. Employée dans le commerce, en cours de licenciement pour inaptitude physique, elle va se reconvertir dans « les métiers de la solidarité » et postule pour une formation de neuf mois. « Le tissu social qu’on a créé est super fort, ici comme à Paris. On côtoie des gens de tous bords, de toutes conditions. Parmi nous, les Français moyens, il y a des gens très intelligents, avec un esprit d’analyse, qui partagent leurs points de vue. Je n’ai jamais autant réfléchi au monde qui nous entoure, jamais autant suivi l’actualité », explique-t-elle.

Virginie a deux enfants de 18 et 21 ans, a pris avec son mari un prêt pour financer les études de la première. « Avant, on avait déjà dépensé pour isoler la maison et acheter une nouvelle chaudière, justement pour l’écologie, détaille-t-elle. Et j’aurais besoin d’un deuxième véhicule pour ma formation, mais on ne peut pas se le payer. Et M. Macron nous demande encore de dépenser ? Mais on est pris à la gorge ! Le 15 du mois, ça devient dur pour nous, et même, aujourd’hui, je suis déjà à découvert. »

Parmi les habitués, ou ceux qui passent pour saluer, on trouve des chômeurs, de nombreux intérimaires, un marin retraité, un autre ancien des chantiers navals, un poissonnier, une cariste. « Cela me fait penser aux députés du tiers état quand ils se déclarent en assemblée constituante », assure Pierre, intérimaire et ancien étudiant d’histoire qui s’est arrêté au seuil de l’agrégation.

Lui cite l’économiste Frédéric Lordon et regarde les Live de Mediapart, quand d’autres ne jurent que par TV Libertés, la web-télé d’extrême droite. Beaucoup ne votaient pas, d’autres ont mis un bulletin Marine Le Pen dans l’urne, mais cela ne compte guère sur le petit campement.

«Il peut y avoir des scories, mais le vrai mouvement, il est là !»

Parmi les échanges enfiévrés, difficile de ne pas entendre des discours aux accents nettement complotistes, à l’image de ceux qui circulent facilement dans les groupes Facebook du mouvement. L’un cite avec admiration Coluche et Daniel Balavoine, « des gens qui n’avaient pas peur de dire tout haut ce que nous pensons tout bas, et qui sont bizarrement morts tous les deux dans ce qu’on présente comme un accident… »

D’autres évoquent avec force le « pacte de Marrakech », qui s’invite très régulièrement dans les conversations. Comme l’explique l’AFP, ce document préparé sous l’égide de l’ONU et soumis à la signature des États est non contraignant et avance une série de grands principes pour mieux protéger les migrants, partout dans le monde. Mais de très nombreux posts Facebook circulant parmi les gilets jaunes affirment que ce « pacte migratoire » va contraindre la France à abandonner sa souveraineté migratoire, voire sa souveraineté tout court.

« C’est grave, c’est très grave », répète une gilet jaune à sa voisine, qui fait la moue et lui conseille de « faire le tri dans tout ce qu’on voit passer ». Un peu plus loin, on affirme que « l’ONU demande l’application de l’état d’urgence pour pouvoir faire appliquer l’accord de Marrakech », voire qu’Emmanuel Macron n’a pas répondu aux gilets jaunes parce qu’il attendait que l’organisation internationale prenne les commandes en France, le 10 décembre.

« Ici, c’est le peuple qui remue, il y a une ambiance d’enfer, ça discute tout le temps entre gens qui ne sont pas forcément d’accord, se réjouit Claude, 63 ans, ancien prof d’histoire et vieux routier des mouvements de gauche. Il peut y avoir des scories, mais le vrai mouvement, il est là ! » Le militant, qui a presque 50 ans de manifestations au compteur, est ravi de rencontrer des Lorientais qu’il n’a « jamais vus dans les mobilisations classiques ».

En effet, « Dédé », par exemple, n’est pas vraiment le client habituel des défilés syndicaux ou associatifs. Électricien en intérim, se définissant comme « un enfant de la Terre », il tourne entre « le 29 » (Finistère) et « le 56 » (Morbihan) dans son camion aménagé. Avec un petit groupe d’amis, il met à disposition des gilets jaunes un peu partout en Bretagne son savoir-faire pour construire des habitats légers, ses groupes électrogènes et sa sono. « On se déplace là où il y a de l’action, on a été à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on a fait des grosses manifs à Paris… Ici, on aide les gens à bricoler, à organiser », indique-t-il.

Avec ses conseils de bricolage, le groupe offre aussi une grille de lecture politique. « Après Macron, on veut qui ? Ce n’est pas la bonne question, assure Dédé. Il faut plutôt se demander : après Macron, on fait quoi ? C’est l’État qui fait en sorte qu’on n’arrive pas à avancer ensemble dans la vie. Sans État, on s’en sort très bien. » « Nous, on est des moutons rebelles, et on essaye de rendre lucides les autres moutons », résume-t-il.

Devant l'abri des militants de Lorient. © D.I. Devant l'abri des militants de Lorient. © D.I.

Qu’ils soient « lucides » ou non, certains membres du mouvement ne se satisfont pas de l’horizon proposé par les campements de Lorient. Ils visent, tout comme certaines figures les plus connues des gilets jaunes, l’Élysée et la capitale. Ils se donneront rendez-vous sur les Champs-Élysées samedi 8 décembre, pour la quatrième fois.

Jean-Philippe est l’un d’eux. À 27 ans, cet intérimaire dans la rénovation de bateaux s’est déjà rendu deux fois à Paris dans les cars partant spécialement de Lorient. Le premier a été affrété par André, l’organisateur des premiers jours, et le second par Jean-Philippe lui-même, lorsque André s’est retiré de l’organisation. « Je condamne fermement la violence des manifestations à Paris, surtout celle du 1er décembre. On ne peut pas cautionner ça, estime ce dernier. Je me suis donc éloigné, et ce sont des plus jeunes, plus radicaux, qui prennent le relais. C’est ça, la démocratie. »

Jean-Philippe témoigne toute son amitié à son aîné, et son respect pour « le courage des gilets jaunes qui restent près du dépôt sous la pluie », mais il est effet irrémédiablement attiré par la capitale et ses affrontements. « Pour moi, c’est Paris. C’est là qu’on se fera entendre, qu’on nous verra », affirme-t-il. Au point de faire passer ses 1 600 à 1 800 euros de salaire mensuel dans « la nourriture, le gazole, et les voyages à Paris ».

Jean-Philippe ne vote pas, refuse de se positionner sur un axe gauche-droite, mais rêve de référendums et d’« assemblée réellement populaire ». Il se dit proche des idées de Maxime Nicolle, alias « Fly rider », l’une des principales figures des gilets jaunes sur internet. Ce dernier n’a jamais caché son intention de marcher sur l’Élysée, et parle même ouvertement de guerre civile, comme l’a récemment souligné le journaliste Vincent Glad.

« Tout mouvement qui commence est forcément chaotique, surtout quand il vient du peuple », plaide Jean-Philippe. Le 24 novembre, puis le 1er décembre, il a été marqué par « la violence, venant des deux camps », mais est tout de même « resté en première ligne, au front », protégé par ses habits de travail coqués et par un masque à gaz efficace. « J’ai été la cible de je ne sais pas combien de gazeuses à main, de grenades lacrymogènes, de jets de canon à eau, mais je suis toujours resté calme. J’essaye autant que possible de parler aux policiers, de leur dire qu’ils devraient être de notre côté, avec nous… »

Il a aussi vu « la scène où une voiture de police a été fracassée, et où un fusil d’assaut y a été volé », « les vitrines brisées, les pillages ». Et il y retournera samedi. « Je ne dis pas que je vais jeter des pavés, mais je ne vais pas me laisser frapper non plus », glisse-t-il. Il constate que chez les manifestants, « l’état d’esprit se durcit, il y a même de la haine : des gens ont pris très cher samedi dernier, et ils sont de plus en plus déterminés ».

En attendant de savoir comment tournera la journée du 8 décembre, Jean-Philippe témoigne, comme presque tous les gilets jaunes de Lorient, que le mouvement a en partie changé sa vie. « Moi qui avais du mal à me lever le matin pour repartir dans une journée semblable à la précédente, maintenant, je file prendre des nouvelles et discuter sur internet dès que le réveil sonne, décrit-il. Je ne me suis jamais senti aussi impliqué. Aussi vivant, même. » C’est cet enthousiasme, cette joie, qu’Emmanuel Macron et son gouvernement ont sans doute déjà appris à redouter.

Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
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Je me suis rendu à Lorient les 5 et 6 décembre. J’ai rencontré sur place toutes les personnes citées dans cet article, sauf André, que j’ai interrogé par téléphone.

Deux des photos qui complètent ce reportage sont l’œuvre de Léonie Pondevie, une jeune photographe qui suit le mouvement et a mis ses clichés à disposition des lecteurs de Mediapart. Nous la remercions vivement. Une partie de son travail est visible sur cette page web.